Les places de marché de l'innovation fleurissent sur Internet
De plus en plus de sites de “ crowdsourcing ” voient le jour sur la Toile. Ce phénomène consiste à mettre en relation des entreprises en mal de créativité avec des porteurs de projets innovants.
01net.
le 22/10/2007 à 15h20
Selon Wikipédia, le terme crowdsourcing est un néologisme inventé par deux journalistes américains, calqué sur le mot outsourcing. Cette pratique consiste pour une organisation ou une entreprise à utiliser “ la créativité, l'intelligence et le savoir-faire d'un grand nombre d'internautes ” pour la réalisation d'un projet innovant, et donc en quelque sorte à externaliser sa recherche et développement.
La traduction littérale de ce nouveau phénomène est “ approvisionnement par la foule ”. Plus exactement, “ le crowdsourcing est une sorte de mélange entre l'open source dans le domaine du développement logiciel et l'externalisation dans le domaine de la fabrication industrielle ”, explique Lionel David, président et fondateur de CrowdSpirit. Cette start-up édite un site Web en anglais, qui s'est donné pour mission d'être une interface entre les entreprises de l'électronique grand public et les ingénieurs et inventeur du secteur. “ D'une part, notre site permet à des inventeurs potentiels d'exposer leurs idées de nouveaux produits électroniques et de créer des communautés autour de leurs projets. D'autre part, il permet aux entreprises de détecter de nouveaux types d'équipements pour développer leur catalogue produit, de poster des demandes de prestation de R&D, voire de recruter l'ensemble d'une équipe projet ”, exlique Lionel David.
Sur CrowdSpirit, on trouvera par exemple un projet de “ calendrier mural numérique ”. Cet équipement d'un genre nouveau vise à remplacer les sempiternels post-it que l'on trouve sur le réfrigérateur familial, en réunissant l'ensemble des agendas de la famille et en permettant l'enregistrement de notes.
Un concept venu du Web 2.0
“ Les développeurs de projets sont rémunérés, soit sous forme d'un versement financier unique avant la commercialisation du produit, soit sous forme de royalties. Il peuvent également intervenir comme consultant dans des missions de conseils ”, explique Lionel David. Bien entendu, cette pratique dans l'air du temps du Web 2.0 nous vient des Etats-Unis où de nombreuses places de marché en ligne basées sur ce concept voient le jour.
Créé en 2001, le site Innocentive, par exemple, représente une communauté de 125 000 scientifiques indépendants issus de 170 pays. Une fois inscrits, ces scientifiques peuvent accéder à une bourse d'échange sur Internet, où les problèmes de recherche des entreprises sont mis en ligne par thèmes (informatique, chimie, physique ...) avec le résumé de la demande, une date limite et le montant de la récompense. A titre d'exemple, Colgate Palmolive, a versé 25 000 dollars à un membre de ce réseau, qui avait découvert comment injecter de la poudre fluorée dans un tube de dentifrice.