Le gouvernement veut faire appel aux informaticiens étrangers
“ Libération ” publie une liste de professions élaborée par le gouvernement pour la mise en place d'une “ immigration choisie ”.
01net.
le 29/10/2007 à 17h45
“ Immigration choisie plutôt que subie ”, la formule du candidat Sarkozy commence à prendre forme et à devenir réalité. Et celle-ci n'épargnera pas les informaticiens, une profession que le ministère de l'Immigration désigne comme “ en tension ”.
Le journal Libération s'est en effet procuré deux listes élaborées par le gouvernement, répertoriant un certain nombre de secteurs dans lesquels il y aurait des pénuries en France et où l'on pourrait faire appel à de la main-d'oeuvre étrangère. En particulier, l'une des deux répertorie avec exactitude une trentaine de professions dont celle d'“ informaticien expert ”, susceptible d'être proposée dans certaines régions de France aux ressortissant de pays non membres de l'Union européenne. Selon cette liste, le Nord-Pas-de-Calais manquerait par exemple de “ 503 informaticiens experts ” et l'Île-de-France de “ 5 150 informaticiens experts ”.
Main-d'oeuvre bon marché ?
L'existence de cette liste n'a pas été confirmée par le ministère de l'Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement. Elle serait issue d'une rencontre au mois de juin dernier entre le ministre Brice Hortefeux, et les principaux responsables de fédérations professionnelles.
Le Syntec n'a pas pu, à l'heure où nous écrivons ces lignes, nous donner d'éléments sur ce sujet. Pour les associations professionnelles d'informaticiens telles que le Munci (Mouvement pour une union nationale et collegiale des informaticiens), ce n'est pas une réelle surprise. “ Nous considérons de notre côté, qu'avec environ 23 000 demandeurs d'emploi, le marché français n'est pas dans une situation de pénurie mais d'équilibre. Nous ne sommes pas opposés à ce type d'immigration mais il faut qu'elle soit bien maîtrisée. Ce qui nous inquiète, c'est la mise à jour de ces quotas, prévue pour être effectuée tous les trois ans, quand le marché du travail évolue tous les 6 mois ”, explique un représentant du Munci.
Petit garde fou : les salariés étrangers obtenant une carte de séjour ne pourront pas être embauchés en-dessous des minimas salariaux prévus par la convention collective du Syntec (légèrement supérieurs au Smic). Mais selon le Munci, “ il faut rester vigilant sur les quotas, car cela peut quand même créer une concurrence déloyale entre les informaticiens français et étrangers. Selon nous, on ne devrait pas proposer plus de 5 000 postes pour 2008 sur toute la France ”.