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“ Les entreprises françaises gagnent collectivement grâce au numérique. ” Cette formule, un peu pompeuse, a visiblement captivé l'attention des nombreux professionnels venus assister, ce matin, au siège parisien du Medef, à une conférence organisée par le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi.
Jean-Pierre Corniou, président de l'instance de coordination TIC-PME 2010 au Medef a tout de suite planté le décor. “ Aujourd'hui, une entreprise qui n'investit pas dans les technologies du numérique n'existera plus dans cinq ans. L'économie numérique reste encore à inventer, martèle-t-il. Elle concerne tout le monde et chacun d'entre nous. Elle doit notamment permettre à une société de petite taille d'exister sur le marché mondial. ”
En une vingtaine d'années, l'écart s'est creusé entre les économies européenne et américaine, principalement à cause d'un retard d'investissement en Europe dans le domaine des nouvelles technologies. Il existe aussi de fortes disparités entre les grandes entreprises et les petites, plus frileuses pour investir. Elles hésitent à se lancer dans la dématérialisation, notamment en raison du manque de standards et de formats d'échange adaptés.
Pour encourager ces petites structures à opérer leur “ révolution numérique ”, ou à l'accélérer, le ministère a lancé fin 2005, l'opération TIC-PME 2010. Elle est le fruit d'un travail de coordination entre de nombreux acteurs : pouvoirs publics (ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi), organismes économiques (Medef, fédérations professionnelles, chambres de commerce et d'industrie). A noter également, l'intervention de la Direction générale des entreprises (DGE) et de l'AFNet (association francophone des utilisateurs du Net).
Cette initiative soutient la mise en place d’outils communs dans les entreprises d’une même filière, à l'image de ce qui se passe dans les secteurs précurseurs – aéronautique ou automobile. Elle veut aussi garantir l’interopérabilité entre les outils développés, en favorisant la standardisation des formats d’échange de données entre les entreprises. D'ores et déjà, une vingtaine de filières (aéronautique, mécanique, cosmétiques, etc.) se sont mobilisées après deux appels à projets, lancés entre 2005 et 2007. Elles bénéficient d'un soutien financier, de plus de 10 millions d'euros de la part du ministère.
Si elles n'ont pas encore été aussi loin que Taiwan, où les douanes ont complètement dématérialisé leurs procédures administratives, les Douanes françaises ont fourni des efforts considérables. Depuis 2003, elles se sont équipées d'un nouveau système de déclaration électronique transmise automatiquement (Delta). Aujourd'hui, 45 % des déclarations sont automatisées grâce au système et, l'an prochain, c'est 100 % qui devraient l'être.
Les Douanes françaises travaillent maintenant – c'est l'un de leurs gros chantiers – à dématérialiser les documents annexes (certificats d'origine, certificats vétérinaires, factures) qui accompagnent ces déclarations. Il y en a souvent quatre par déclaration. Et, c'est là que ça se corse. Il faut parvenir à dématérialiser ces documents qui s'appuient sur des réglementaires différents et qui varient, selon le type de produit importé ou exporté. Dans de tels projets, la difficulté est aussi d'accompagner le changement auprès des gens et de les aider à secouer, voire à bouleverser en profondeur, leurs méthodes de travail. Un autre grand défi.
















