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Depuis un mois, l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) teste en grandeur nature l’usage de noms de domaine entièrement composés de caractères non latins. Onze langues sont concernées : l’arabe, le chinois simplifié, le chinois traditionnel, le coréen, le grec, l’hindi, le japonais, le perse, le russe, le tamoul et le yiddish.
La reconnaissance officielle de l’ensemble des alphabets du monde dans les noms de domaine est un débat qui anime la communauté mondiale depuis de nombreuses années. Depuis longtemps, certains pays permettent d'utiliser des caractères accentués (dits “ IDN ” : International Domain Name) dans les noms de domaine. Une cinquantaine d’extensions sont concernées : celles rattachées à un territoire (.de allemand, .es espagnol, .pe péruvien, .se suédois… ) mais aussi les génériques .com, .net et consœurs. Bébé.com ou café.com existent ! Cet usage est plus que limité en France et la connaissance de cette possibilité méconnue.
Et ce d'autant plus qu'il n'y a pas d'IDN pour les .fr, donc qu'il est impossible de déposer bébé.fr. Pourquoi changer quelque chose qui marche ? Cependant, l’Icann n’avait pas encore autorisé la traduction de l’extension elle-même en IDN.
Cette évolution équivaut à introduire onze nouvelles extensions IDN directement au niveau de la racine Internet. L’Icann n’a pas toujours été à l’écoute du reste du monde (“ Je suis trop occupée, apprenez l'anglais ”), semblant parfois dédaigneuse.
On le voit, le sujet est politique et dépasse largement le petit monde des noms de domaine. L’Icann est une organisation internationale qui gère le système de noms de domaine de premier niveau pour les extensions génériques (gTLD) ou nationales (ccTLD). Ses liens avec l'administration américaine la discréditent souvent aux yeux du “ reste du monde ”. L'institution a été créée à la suite d’une directive du département du Commerce états-unien et elle fonctionne toujours en lien étroit avec ce ministère.
Agacée par cette vision du nommage Internet et/ou les lenteurs “ icanniennes ” pour avancer sur des extensions IDN, la Chine a depuis 2004 créé ses propres TLD : les .chine, .com et .net locaux disposent tous de leurs propres idéogrammes. A noter que les noms de domaine les utilisant ne sont accessibles que depuis la Chine.
Un “ empressement ” qui a obligé la Chine et l’Icann à formaliser en 2006 le statut de ces extensions. Finalement intégrées au réseau DNS mondial, elles sont encore gérées en Chine par un organisme indépendant de l'ICANN… Quant aux deux nouvelles extensions chinoises IDN actuellement testées, elles sont différentes des trois ancêtres qui fonctionnent à ce jour.
Chronique publiée en partenariat avec le MailClub.
















