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La fonction publique rassemble 3,5 millions d'agents dont 1,8 million dans les collectivités territoriales. Ce chiffre devrait inciter les formateurs à utiliser plus souvent l'option de l'e-learning dans les modes de formation du secteur public. La société de conseil et d’études Secteur public a mené en avril dernier une enquête auprès de 70 collectivités territoriales. Pour 31 % des responsables de formation interrogés, l’e-formation serait une priorité à court terme, un chiffre qui monte à 72 % quand on pose la même question à cinq ans.
Mais seulement 23 % des répondants déclarent qu’ils ont déjà organisé un dispositif d’e-formation. L’informatique arrive d’ailleurs très en tête des thématiques couvertes par ce mode d’apprentissage, avec presque 49 % de l’ensemble, talonnée par les langues (plus de 31 %). Les avantages de la formule n’échappent pas en théorie aux responsables de formation : individualisation du parcours de formation, autonomie, démultiplication à grande échelle et économie potentielle. Mais, comme dans le privé, le public se heurte à des freins principalement culturels, par méconnaissance du sujet le plus souvent.
Car, explique Pascal David, le directeur général de Secteur public : “ 70 % des responsables de formation n’ont jamais eux même suivi d’e-formation ! Pour faire évoluer les mentalités, il faudrait tout d’abord qu’ils découvrent l’e-formation et qu’ils l’expérimentent. ”
Ce spécialiste note aussi un manque d’adaptation de l’offre en e-formation auprès du secteur public. Il espère par ailleurs que les organismes chargés de la formation des personnels de la fonction publique montreront la voie. C’est le cas du CNFPT par exemple, le Centre national de la fonction publique territoriale, chargé de la formation des personnels des collectivités locales, qui développe une plate-forme nationale d’e-formation.
“ Nous utilisons l’e-formation dans nos programmes depuis déjà cinq ans. Mais nous n’avons jamais utilisé un dispositif composé uniquement d’e-formation. Si vous faites trop d’e-learning, l’apprenant s’essouffle ; trois ou quatre dispositifs dans l’année, c’est suffisant ”, explique Eric André, ingénieur de formation au sein de L’Université grand public La Poste. Cette entité de La Poste dédiée à la formation emploie 400 personnes, dont 250 formateurs maison.
Actuellement, le groupe mène un très gros chantier : le changement de système d’information au sein des bureaux de poste et des points de contact clients. La bascule se fait progressivement, par type de fonctions. Et s’accompagne bien sûr de programmes de formation et d’accompagnement.
Eric André suit le dispositif dédié à la gestion des stocks. “ 50 000 personnes sont concernées. Comment former autant de monde sur un temps court ? L’e-learning s’impose comme une solution intéressante ”, note t-il. Le choix s’est porté sur une formation mixte : une première partie en présentiel – c'est-à-dire en face à face – et une seconde avec 3 heures d’e-learning. Avec 32 formateurs internes intervenant sur le dispositif et 5 vagues de formation étalées sur 18 mois.
“ Le besoin de médiation est indispensable. Entendre, voir quelqu’un c’est très important !, rappelle Eric André. De plus, l’e-learning doit s'intégrer dans la gestion quotidienne du travail. Ce n’est pas si facile dans le cas d’emplois demandant de recevoir du public. ”
















