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Serena Software croit dur comme fer au succès dans l’entreprise des mash-up, ces applications créées en combinant des services en ligne déjà existants. Spécialisé dans les outils de gestion du cycle de vie des applications (ALM), l'éditeur américain prépare le lancement en janvier prochain d’un outil utilisable par des responsables métiers non-développeurs.
Déjà disponible en version bêta et testable à distance sur Internet (on peut l’essayer pendant des sessions d’une durée limitée de 2 heures), Mashup Composer permet d’assembler des services Web par glisser-déposer sur un plan de travail (voir capture ci-dessous). Il fonctionne uniquement sur des PC équipés de Windows.
Son interface imite celle des logiciels d’Office 2007 pour une prise en main plus rapide. Reste que les concepts d’assemblage des services demandent un minimum d’apprentissage. “ Les utilisateurs visés n’ont pas besoin de savoir programmer du code mais doivent posséder des connaissances de base pour concevoir un projet informatique ”, reconnaît Michaël Lindner, le vice-président Europe de Serena.
L’éditeur a montré hier à Paris la possibilité de modéliser la réalisation d’une proposition commerciale en combinant des services Web fournis par SAP, Salesforces et Dun and Bradstreet. Le mash-up ainsi créé met en relation un commercial et son directeur financier afin de valider une proposition commerciale faite à un client. Il fournit par exemple des informations financières sur le client en faisant appel aux services Web de Dun and Bradstreet.
On le voit la création d’un mash-up nécessite par définition de pouvoir s’appuyer sur des services de base. Ces derniers sont fournis par des applicatifs serveurs gérés en interne par l’entreprise - qui possède alors une architecture orientée services (SOA) - ou sont délivrés par un tiers via Internet. Quelle que soit leur origine, ils doivent être coordonnés pour fonctionner ensemble. C’est ici que Serena vend son logiciel serveur, Business Mashup qui inclut un serveur et un gestionnaire de mash-up, et assure les fonctions de véritable chef d'orchestre de l'architecture.
“ Notre offre s’appuie sur un framework Java qui se charge d’orchestrer les processus, d’authentifier les services Web et de générer des événements pour combiner les services de manière sécurisée ”, explique Sylvain Caillaux, directeur technique de Serena en France.
Tandis que Serena privilégie Windows sur le poste client, ses logiciels serveurs peuvent tourner sur Windows Server, Linux ou Solaris. “ Les entreprises peuvent choisir d’installer notre plate-forme en interne mais elles auront aussi bientôt la possibilité de la louer en ligne selon le modèle Saas (Software as a service) en nous contactant directement ”, insiste Michaël Lindner.
Selon Michaël Lindner, outre une plus grande facilité de mise en œuvre et d’administration, le modèle hébergé devrait être plus intéressant financièrement que l’achat de licence. Pour l’heure, les tarifs de l’offre hébergée (prix par mois et par utilisateur) ne sont pas encore arrêtés, mais Serena indique qu’il proposera la vente de licences serveurs de Business Mashup (pour un déploiement du site) à partir de 950 euros par utilisateur simultané.
Créée en 1980, la société revendique aujourd’hui quelque 15 000 clients dans le monde – essentiellement des grands comptes - et a une solide expérience en matière d’outils de développement. Elle s’attaque toutefois à des concurrents redoutables sur le marché des mash-up. Plusieurs poids lourds de l’informatique comme IBM, Microsoft ou BEA qui proposent déjà leurs propres architectures SOA n’entendent pas laisser passer ce nouveau débouché.
Pour donner un maximum de valeur ajoutée à son offre, Serena travaille aux développements d’une place de marché en ligne baptisée Mashup Exchange où les éditeurs et les entreprises pourront vendre et acheter des mashups prêts à l’emploi capables de répondre à des besoins très variés (demande de devis, réservation de billets, publication d’informations sur un produit catalogue, etc.).
En cours de construction, Mashup Exchange contient déjà une quarantaine de mash-up d’origine anglo-saxonne. “ Nous sommes en train de rassembler des partenaires intégrateurs en France pour proposer des mashups verticaux en français dès janvier prochain ”, assure Frédéric Richer, directeur Marketing de Serena pour l’Europe de l'Ouest.
















