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Les travailleurs immigrés hautement qualifiés sont les bienvenus en Europe. En créant le 23 octobre dernier, la Carte bleue européenne, Bruxelles envoie un message clair. Cette carte – qui fait référence au bleu du drapeau européen et rappelle la Green Card américaine – a pour but d'inciter ces migrants à opter plus volontiers pour l'Europe que pour l'Amérique. Les informaticiens sont directement concernés.
Concrètement, pour obtenir la carte, le candidat devra disposer d'un diplôme reconnu, avoir au moins trois ans d'expérience professionnelle, ainsi qu'une offre d'emploi. Sa future rémunération devra être supérieure à trois fois le salaire minimal en vigueur dans l'Etat membre. Même s'il faudra, à coup sûr, surveiller de près leur mise en musique, ces nouvelles dispositions semblent plutôt bien accueillies. Du côté du Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens – le Munci –, par exemple.
Premier bon point : “ Un salaire supérieur à trois fois le salaire minimal en vigueur dans l'Etat membre ”. “ C'est un bon rempart contre le dumping social, explique Regis Granorolo, le porte-parole du Munci. Car, en France, il est encore assez fréquent de voir dans certaines sociétés de services informatiques des travailleurs immigrés payés au salaire minimal de la convention collective du Syntec Informatique, soit un salaire nettement inférieur au prix du marché. ”
Deuxième élément positif : “ Le travailleur immigré devra justifier d'une offre d'emploi qui n'a pu être pourvue par un travailleur communautaire ”. Toute la difficulté sera d'éviter la mise en concurrence des nouveaux venus avec la main-d'œuvre locale. Car n'oublions pas que, si certains profils connaissent de vraies tensions (ingénieurs J2EE, .Net…), il existe encore 35 550 chômeurs dans la profession, selon les derniers chiffres de la Dares.
Pour Regis Granorolo, le danger serait de recruter un nombre trop important d'informaticiens étrangers sans anticiper un éventuel revirement du marché de l'emploi. “ Entre 1998 et 2004, de 12 000 à 14 000 informaticiens étrangers ont reçu leur carte de séjour permanente. Dans la même période, le nombre d'informaticiens demandeurs d'emploi a triplé. Il est évident qu'à elle seule cette immigration ne peut être tenue pour responsable. Elle y a néanmoins contribué ”, affirme-t-il.
Enfin, dernier point crucial : est-ce qu'une Europe qui attire des personnes qualifiées de l'étranger ne favorise pas la fuite des cerveaux de pays qui ont besoin de leurs élites ? A l'heure où l'offshore devient une pratique de plus en plus répandue dans l'informatique, la question devra être prise particulièrement au sérieux.
Le 8 novembre dernier, lors d'une conférence de presse, Brice Hortefeux, le ministre français de l’Immigration, a en effet officialisé l'existence de deux listes de métiers “ en tension ”, exigeant pour la plupart, des diplômes de l'enseignement supérieur et rencontrant des difficultés de recrutement. Elle répertorie notamment les métiers d'informaticien expert ou d'informaticien étude.
















