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Richard Piacentini : ' Ruby on Rails 2.0 augmente les performances applicatives '

A l'occasion de la conférence Paris on Rails, son organisateur fait le point sur l'adoption de Ruby on Rails en France.

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01net. : La version 2.0 du framework Ruby on Rails (RoR) vient de sortir. Qu'apporte-t-elle ?
Richard Piacentini : Disponible depuis le 7 décembre dernier, cette deuxième version conforte la maturité de la plate-forme. Il n'y a pas de modifications spectaculaires. Au contraire, les choix technologiques des premières versions sont confirmés et approfondis.
Ainsi, elle améliore l'implémentation de l'architecture de services Web REST (REpresentational State Transfer). Elle simplifie la création de bases de données et les tests fonctionnels. La gestion des sessions se fait désormais avec des cookies et non plus au travers d'appels de base de données, ce qui est plus rapide et plus efficace.
Par ailleurs, la version 2 intègre un mécanisme qui permet de gérer plus de deux connexions simultanées sur un même domaine, alors que les navigateurs se limitent traditionnellement à deux. Ce qui permet d'augmenter les performances applicatives.
Vous organisez la conférence Paris on Rails pour la deuxième année consécutive. Comment a évolué l'adoption de ce framework en France depuis un an ?
Le but de cette conférence est de proposer un événement sur RoR qui soit francophone et relativement accessible, avec un tarif de 70 euros par participant. La fréquentation est similaire à l'année dernière, soit 240 personnes.
L'année dernière, cette technologie était encore très nouvelle, provoquant un battage médiatique important. Aujourd'hui, elle est connue et reconnue. Les entreprises savent ce que c'est. Nous assistons maintenant aux premiers retours d'expérience, y compris chez des sociétés de référence comme la banque RBC Dexia IS, qui a déployé une vingtaine d'applications sur ce framework.
Toutefois, la France reste encore à la traîne par rapport à des pays comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, où le nombre de développeurs RoR est beaucoup plus important.
Comment expliquez-vous ce faible intérêt de la part des développeurs français ?
Le langage PHP a eu un très grand succès en France. Notre pays est pratiquement le pays du PHP. Du coup, il est plus dur pour des technologies alternatives comme RoR de trouver leur place.
Comment voyez-vous l'année 2008 ?
De plus en plus d'entreprises devraient adopter RoR, entre autres parce qu'il est de plus en plus simple d'intégrer ce langage avec l'existant. Sun par exemple a traduit l'interpréteur Ruby de C vers Java, ce qui a donnée JRuby. C'est une passerelle formidable pour les nombreuses applications d'entreprises écrites en Java, car elle permet d'appeler directement des classes Java à partir de RoR. Des projets analogues existent dans le monde .NET [NDLR : par exemple IronRuby chez Microsoft].
Jusqu'alors, RoR avait plutôt une image de technologie de rupture. Grâce à ces nouveaux développements, cette plate-forme est de plus en plus perçue comme une technologie d'intégration.
Pour quels types d'applications peut-on choisir RoR ?
Ce framework est destiné à tous types d'applications Web, comme les portails ou les interfaces pour bases de données. Il est particulièrement intéressant pour les nouvelles applications. Dans ce cas, en effet, on tire pleinement avantage des conventions de codage qui sont spécifiques à RoR et qui permettent d'accélérer considérablement le développement. Mais on peut également appliquer RoR à des applications Web existantes.
RoR n'est-il pas trop lent pour une montée en charge en entreprise ?
RoR est largement suffisant pour des déploiements en entreprises. Quand il y a un goulot d'étranglement dans une application, c'est rarement lié au langage, mais plutôt à l'infrastructure technique sous-jacente, comme les serveurs ou les bases de données.
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