











“ On s’engage en informatique comme on s’engage en médecine, par passion ou vocation ”. Il n’y a aucun doute, Régis Delayat n’est pas DSI par accident. D’ailleurs, si la chose informatique ne l’avait pas attiré, l’homme reste discret sur ce qu’il aurait pu faire. “ De l’astrophysique, peut-être… ”
Sorti de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) en 1978, Régis Delayat n’a pas hésité longtemps. Cela fait maintenant vingt ans qu’il évolue au sein de Scor, numéro un français de la réassurance, dont dix passés à la tête de la DSI. Après tout ce temps, Régis Delayat a une vision complète des métiers de l’entreprise, mais aussi une idée assez précise de ce que peut apporter la DSI à ces métiers. En commençant par le plus basique : “ Notre vocation première consiste à offrir un fonctionnement sans faille à nos utilisateurs ”. L’équipe doit donc être fiable, engagée, et consciente de sa mission de service. Car en cas d’échec, la DSI n’est plus crédible pour porter le changement. Heureusement, rien de tout cela au groupe Scor. “ Je crois que nous avons réussi à mettre en place une organisation qui fonctionne bien. Cela nous a aidés à établir notre crédibilité auprès des différents métiers ”, se félicite l’amateur de rugby.
C’est bien en demi de mêlée qu’il se voit, et il conçoit que l’on puisse comparer ses collaborateurs à une équipe de rugby. “ Nous avons besoin de tout le monde, de ceux qui organisent le jeu, poussent, courent ou sautent ”. Une équipe où les échanges sont directs. “ J’aime à croire que je suis à l’écoute de mes collaborateurs et que nous pouvons échanger. On peut ne pas être d’accord, mais une fois que la décision est prise, il faut que l’ensemble du groupe s’y mette, sans rechigner ”. Là, c’est bien le capitaine qui parle.
Et qu’en est-il des relations avec la direction générale ? Selon Régis Delayat, le groupe Scor s’apprête à prendre des décisions stratégiques, et il se félicite du soutien de sa direction. Il reconnaît, toutefois, que les DSI ne savent pas être suffisamment actifs dans leur lobbying auprès des directions générales, “ même si la place du SI dans l’entreprise se renforce depuis quelques années ”.
Et lorsqu’il éteint les lumières du bureau, Régis Delayat profite de son abonnement à l’Opéra pour aller écouter Les Troyens de Berlioz, une œuvre qui fait appel à ses émotions. Car c’est aussi cela qu’il aime : être ému.
Après des débuts dans des sociétés de services, Régis Delayat (53 ans) a rejoint le groupe Scor il y a une vingtaine d’années. De chef de projet, il est ensuite passé responsable d’étude, puis DSI. Ces deux dernières années, sa direction s’est attachée à organiser le rapprochement de deux sociétés, rachetées en 2006 et 2007.
Domestiquer l’information
“ Il faut absolument parvenir à une bonne gestion de l’information déstructurée. Nous sommes garant de son stockage et de son partage, mais nous devons absolument la domestiquer afin de pouvoir s’en servir. Pour cela, nous avons mis en place une solution d’intelligence économique. ”
Le Management
“ J’ai le sentiment d’être à l’écoute de mes équipes. Si tel n’était pas le cas, nous ne pourrions pas travailler en symbiose. ”
L’externalisation
“ Je ne suis pas forcément un adepte. Nous recourons parfois à la tierce maintenance applicative. L’externalisation doit être envisagée au cas par cas et, surtout, ne pas être généralisée. ”
