Microsoft balise le terrain autour de SOA

D'ici à deux ans, Microsoft disposera de la plupart des composants d'une architecture orientée services. En attendant, il dévoile sa première brique Biztalk Services, actuellement en préversion. Elle introduit le concept de bus internet, une extension de l'ESB.
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Les faits

La cinquième édition de la conférence SOA et Business Process, qui s'est tenue du 29 octobre au 2 novembre sur le campus Microsoft de Redmond, a été l'occasion pour l'éditeur de dévoiler sa stratégie SOA au-delà de 2009.

L'analyse

Microsoft veut devenir un acteur majeur sur le marché des plates-formes SOA, et s'en donne les moyens. Sous le nom de code Oslo, sa nouvelle architecture orientée services ne s'appuiera pas sur le lancement d'une nouvelle gamme de produits, mais influera sur bon nombre de ses solutions. A commencer par le framework .Net dans sa future version 4.0, Visual Studio 10, System Center 5, et bien évidemment Biztalk Server 6, qui sera le fer de lance de la stratégie de l'éditeur pour ces nouvelles architectures. Des lancements à conjuguer pour l'instant au futur. Faute d'être en mesure de concurrencer point par point les plates-formes d'IBM, d'Oracle et de BEA, Microsoft préfère dévoiler au plus vite sa stratégie et geler le marché jusqu'en 2009. Le temps de mettre à jour ses lignes de produit.

Si, effectivement, plusieurs années seront nécessaires pour que Microsoft se dote d'une offre SOA complète, une première brique est d'ores et déjà disponible, sous forme d'une préversion (CTP) : Biztalk Services. Une première implémentation du concept “ Software + Service ” désormais prôné par le marketing du numéro un mondial du logiciel. Biztalk Services introduit en effet le concept d'Internet Service Bus, un bus de messages bâti pour assurer les échanges entre applications internes et services externes. Ces derniers pourront éventuellement être proposés en mode on-demand. “ Le but d'Internet Service Bus est de combiner des services de partenaires ou commerciaux. Il s'agit clairement d'une extension de l'ESB, explique Eric Ortiz, chef de produit Biztalk Server chez Microsoft France. L'idée étant de bâtir une solution simple pour les développeurs qui traverse facilement les pare-feu. ” Biztalk Service implémente ainsi un bus de messagerie interapplicative, où les applications vont communiquer sur un mode publication/souscription, avec une gestion de droits sur les services exploitant Cardspace, une fonction du framework .Net.

Un moteur .Net pour Biztalk

Dans le cadre d'Oslo, Biztalk devrait connaître une évolution très significative. La plate-forme d'intégration de Microsoft va exploiter de manière bien plus étroite le framework .Net, et plus particulièrement Windows Workflow Foundation (WF), l'un des quatre piliers de .Net 3.0 – avec WPF pour la couche présentation, WCF pour les communications, et Cardspace, pour la gestion d'identités. “ Dorénavant, le moteur de workflow utilisé par Office et Sharepoint constitue le cœur de l'ensemble de la plate-forme Biztalk ”, précise Eric Ortiz. Jusqu'à présent, le recours à WF ne s'avérait possible à partir de Biztalk Server 2006 que par le biais d'une extension. Or c'est ce moteur qui assurera désormais l'orchestration des processus Biztalk, à la place de l'ancien moteur d'orchestration, lequel s'appuyait sur XLang, un ancêtre de BPEL. Toutefois, à la différence des moteurs d'Oracle, de BEA et d'IBM, WF ne constitue pas nativement un moteur BPEL.

De nouveaux outils pour les architectes

Visual Studio va s'enrichir de nouveaux outils de modélisation. Les architectes disposeront de deux nouveaux éditeurs pour bâtir les processus et les applications composites. Des outils à l'image des éditeurs graphiques d'infrastructure et de déploiement qui existent dans Team System pour Architectes. En outre, alors que les données de l'éditeur de déploiement sont actuellement exploitées par System Center, la suite d'outils d'administration de système de Microsoft, grâce à SML (Service Modeling Langage), l'utilisation de ce standard devrait se voir nettement plus poussée dans l'architecture Oslo.

Reste que des zones d'ombre pèsent encore sur le portefeuille SOA de Microsoft. Rien de nouveau en termes de supervision des processus métier (BAM). Et le manque d'un référentiel de services unifié devient criant, sans qu'aucune information n'ait filtré à ce sujet lors de l'annonce du lancement d'Oslo. L'éditeur dispose d'un annuaire UDDI 2.0 embarqué dans Windows 2003 Server, mais pour proposer un vrai référentiel de services, il s'appuie toujours sur un partenariat avec Systinet, repris depuis par Mercury Interactive, puis HP. Une brique qui s'avère de plus en plus nécessaire à la bonne gouvernance d'une architecture SOA.

L'impact d'Oslo sur la roadmap produits

Dans les deux prochaines années, la stratégie Oslo aura des conséquences sur de nombreux produits de Microsoft : la plate-forme d'intégration Biztalk, les outils et plates-formes de développement .Net et Visual Studio, ainsi que les solutions d'administration système System Center. Un référentiel de services, non encore dévoilé, devrait venir s'ajouter à ce portefeuille de solutions.

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