Pas de pause dans les licenciements d'informaticiens
Le Munci s'est procuré auprès des Assedic les chiffres en France. Malgré une conjoncture favorable, le nombre de licenciements demeure élevé.
01net.
le 07/01/08 à 17h10
L'excellente santé du secteur informatique et ses nombreux recrutements font régulièrement les grands titres de nos colonnes. Pourtant, ce dynamisme cache une autre réalité, beaucoup moins glorieuse : celle du nombre de
licenciements dans la filière, qui reste élevé.
Depuis quelques années, le Munci (Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens) se procure
auprès des Assedic les chiffres des licenciements d'informaticiens en France, ayant donné lieu à une entrée en indemnisation.
En 2006, les Assedic ont ainsi répertorié 9 725 licenciements contre 10 523 en 2005, 11 591 en 2004 et 18 328 en 2003. ' Malgré les difficultés de recrutement dont on
nous parle tous azimuts, le taux de licenciements se stabilise autour de 3 % (2,93 exactement en 2006, contre 3,3 % en 2005). Il est supérieur au taux de licenciement tous secteurs confondus en France, qui est de
2,76 %. Et encore, nous considérons que ces chiffres sont des minima puisque ils ne prennent pas en compte la plupart des départs négociés qui sont souvent des licenciements déguisés et ne donnent pas
lieu à l'indemnisation chômage, ni les salariés licenciés qui ont retrouvé un poste avant d'être entrés en indemnisation chômage du fait des périodes de carence ', argumente Régis Granarolo, président du Munci.
Plus de 7 000 licenciements pour motif personnel
Plus inquiétant encore, sur les 9 725 licenciements recensés en 2006, près de 3/4 d'entre eux soit 7 095 sont des licenciements pour motif personnel (licenciement pour faute grave, pour inaptitude, pour cause réelle
et sérieuse, etc.) et seulement un quart d'entre eux soit 2 630 sont des licenciements économiques. Si ces derniers sont en baisse assez nette depuis 2004, les licenciements pour motif personnel sont stables, quant à eux, depuis
3 ans. ' Nous estimons qu'environ 2/3 des licenciements pour motif personnel sont des licenciements abusifs : refus de mission en cas de mission inadaptée ou inférieure à ses compétences, ou bien refus de mobilité en
cas de mission imaginaire à l'autre bout de la France ', indique Régis Granarolo.