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Impossible d’éviter l’actuel phénomène de battage autour des serveurs-lames. A en croire les fournisseurs, ranger ses machines comme des livres dans une bibliothèque serait la nouvelle panacée. Il est vrai que réduire le serveur à une carte de quelques centimètres d’épaisseur procure de nombreux avantages. En espace gagné, tout d’abord, puisque de nombreux composants sont soit supprimés, comme le lecteur de CD, soit partagés comme les alimentations. En coût de gestion, ensuite, puisqu’une réparation, ou encore une mise à jour, consiste simplement à remplacer une carte par une autre. Beaucoup y voient une technologie ultime permettant de construire un centre de calcul idéal, où les traitements sont répartis à la volée, d’un groupe de machines à l’autre, en fonction de la charge applicative.
L’actuel succès de ces machines est essentiellement dû aux améliorations techniques dont elles ont fait l’objet ces derniers temps. Il y encore un an, déplacer une ressource réseau ou de stockage en environnement lame obligeait à reconfigurer à la main les adresses IP et SAN dans le système d’exploitation. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer un centre de calcul dynamique avec répartition de charge automatique. De même, les premières générations de serveurs-lames faisaient surtout la joie des “ dotcoms ” pour leur capacité à entasser des centaines de machines dans un rack. Et pour cause, les serveurs web se parallélisent très bien. Plus on installe de machines, meilleurs seront les temps de réponse. Ce qui n’est pas le cas d’un SGBD ou d’un progiciel dont les performances dépendent davantage de la puissance brute du serveur. Or les premières générations étaient souvent monoprocesseurs avec de faibles capacités mémoire et d’extension. Résultat, ces machines sont longtemps restées cantonnées aux mondes dans lesquels la densité des serveurs est critique et où les applications sont déjà parallélisées (hébergeurs, calcul scientifique, etc.).
Aujourd’hui, la plupart de ces problèmes sont résolus. La virtualisation des entrées et des sorties simplifie l’administration et la réallocation de ressources au sein d’un rack. Les processeurs multicœurs se sont généralisés et les fonds de panier Infiniband et PCI Express décuplent les performances. De quoi étendre largement les champs d’application des serveurs-lames.
Il n’empêche. Malgré ces améliorations, les directions informatiques regardent toujours ces machines avec une certaine défiance. On leur reproche principalement l’absence de standard. Car, une lame d’un constructeur n’est, en aucun cas, compatible avec le châssis d’un concurrent. Même les commutateurs réseau et SAN, pourtant fabriqués par des tiers comme Brocade ou Cisco, sont proposés dans un format spécifique au châssis. Opter pour la technologie revient donc à s’enchaîner avec un seul fournisseur pour de nombreuses années. On leur reproche également d’être plus chères que leur équivalent au format tour ou tiroir, alors que ces lames offrent moins de choix en matière d’extension. Sans oublier les problèmes de compatibilité applicative qui obligent à d’abord valider son application auprès de son fabricant de châssis si l’on veut éviter les surprises.
Les lames ne sont donc pas prêtes de supplanter les serveurs au format tour ou tiroir. Rappelons que, malgré leur formidable croissance, les modèles lames représentent actuellement moins de 10 % des ventes mondiales de serveurs, selon Dataquest. Et, si ce ratio devrait monter à 22 % en 2011, il se stabilisera probablement autour de 25 % les années suivantes.
Cartes mezzanine
Cartes PCIe spécialement conçues pour les lames, qui présentent la particularité de ne pas avoir de connecteur. Elles s’installent en sandwich sur la carte mère d’un serveur. Les entrées-sorties prises en charge par un contrôleur PCIe sont ici véhiculées par un connecteur générique entre la lame et le fond de panier.
Disques SSD
Disques composés uniquement de mémoire Flash et dont IBM se sert pour équiper ses lames car ils consomment moins d’énergie que les unités à plateau magnétique traditionnelles. Les disques SSD sont rapides en lecture mais lents en écriture. Ce détail n’est pas gênant dans les lames, car les disques ne sont censés servir qu’à démarrer le système.
Fond de panier
Plaque transversale située au milieu du châssis et qui assure la connexion entre les lames et les commutateurs. Il s’agit juste d’un relais entre les prises réseau, SAN et d’alimentation, sauf dans le cas des châssis de Sun, où le fond de panier prend la fonction de bus PCIe pour assurer une meilleure répartition des charges et un débit d’échange plus important entre les serveurs.
Nombre de U
Le U est l’unité qui sert à mesurer la hauteur des serveurs sur une étagère rack. 1U vaut 4,5 cm, soit la hauteur conventionnelle d’un serveur rack doté de deux processeurs. Les châssis et les serveurs racks mesurent environ 48 cm de large et entre 80 et 100 cm de profondeur.
Refroidissement à eau
Dispositif similaire à celui d’un réfrigérateur et qui consiste à faire glisser l’air chaud sur un circuit fermé de tuyaux remplis d’eau. Le principe est celui de l’échange thermique : l’eau récupère la chaleur de son environnement et se déplace jusqu’à un endroit de l’étagère rack où elle est refroidie par un système de ventilation classique. Le but du refroidissement à eau est justement d’améliorer le rendement de ce système de ventilation.
















