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Oracle annonce ce mercredi 16 janvier 2008 le rachat pour 8,5 milliards de dollars de l’éditeur BEA Systems. Cette acquisition est la plus importante depuis celle de Siebel en 2006. Elle permettra à la firme de Larry Ellison de glisser de la troisième à la deuxième place sur le marché de l’infrastructure logicielle, ou middleware, derrière IBM.
Oracle essaye de s’approprier BEA depuis de nombreux mois. Les négociations ont été houleuses et officiellement gelées à la fin du mois d'octobre dernier. Le premier avait fait une offre à 17 dollars l’action BEA, alors que le second en réclamait 21. Finalement, les deux fournisseurs ont coupé la poire en deux, avec un rachat qui valorise l’action à 19,375 dollars. La transaction devrait être finalisée d’ici à la mi-2008. Jusqu'à cette date, les deux entreprises resteront séparées.
“ Les négociations ont continué en coulisses. La motivation d’Oracle dans cette affaire est simple : il s’agit de supprimer un compétiteur et d’empêcher qu’il soit racheté par quelqu’un d’autre ”, estime Massimo Pezzini, analyste et vice-président au sein de Gartner.
Grâce à cette opération, Oracle va mettre la main sur plus de 18 000 clients et une part de 10,5 % sur le marché du middleware (source Gartner). Associée aux 8,6 % qu’il avait déjà, la part d'Oracle se rapproche de celle du puissant IBM qui couvre 31,8 % de ce domaine. En même temps, l'éditeur creuse l’écart avec Microsoft (4,2 %) et Tibco (3,5 %).
Selon Gartner, Oracle était d’ailleurs plus intéressé par les parts de marché de BEA que par sa technologie, les deux fournisseurs ayant des offres qui se recoupent largement. “ L’avenir des produits dépendra de leur importance stratégique pour Oracle. Certains disparaîtront, d’autres seront maintenus sans investissement particulier, d’autres enfin seront intégré aux logiciels d’Oracle ”, poursuit Massimo Pezzini.
Ainsi, selon le cabinet d’analyse, le système transactionnel Tuxedo et le serveur d’application WebLogic seront très certainement maintenus, car ils disposent d’une importante base de clients. La machine virtuelle JRockit et certains composants de la plate-forme SOA AquaLogic (BPM, PEP, Enterprise Repository) pourraient rejoindre Fusion Middleware, l’offre SOA d’Oracle.
De son côté, le repreneur se veut rassurant quant au support et la maintenance. Il vise même “ 100 % de satisfaction client ”. Néanmoins, les entreprises ont intérêt à évaluer dès à présent l’impact de cette consolidation sur leur système d’information, pour éviter les mauvaises surprises.
















