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Pour recruter, certaines sociétés de services informatiques sont prêtes à tout. Ainsi, Seriacom n'a pas hésité à embaucher trois couples ! Simple lubie de la DRH ? Non. Les salariés eux-mêmes ont coopté leur conjoint dans la société. Bien sûr, ce cas de figure ne court pas les rues. Il n'empêche, dans l'informatique, la cooptation revient en force, sur un marché de l'emploi tendu.
Le principe est simple : tout salarié qui permet le recrutement d'une connaissance perçoit, le plus souvent à la fin de la période d'essai de la nouvelle recrue, une prime. Si le bouche-à-oreille peut suffire, dans des SSII à “ taille humaine ”, la situation se corse à mesure que l'entreprise grandit. Fort de ce constat, certaines sociétés ont professionnalisé leurs pratiques et instauré de véritables dispositifs de cooptation.
Génigraph, par exemple, réalise 25 % de ses recrutements par cooptation. La SSII a construit son propre outil pour envoyer à ses collaborateurs les offres de postes à pourvoir. Ces derniers peuvent dès lors les transmettre très facilement à leurs contacts en rentrant leurs adresses e-mails. En cas de réussite, ils touchent une prime de 1 000 euros. Plus original encore, la société profite de ses soirées trimestrielles, destinées à présenter ses résultats, pour faire venir en deuxième partie de soirée, des candidats potentiels, invités par les collaborateurs de Génigraph – dégustation de vins à l'appui.
De son côté, le groupe Solucom (16 % des embauches par cooptation), a lancé une vaste campagne de communication interne baptisée “ Destination Cooptation ” au mois de juin 2007 pour inviter ses troupes à activer leur réseau et à dénicher des recrues potentielles. Résultat : en un an, la cooptation, réservée avant tout au recrutement de consultants, est passée de 10 % à 16 %. Les salariés “ coopteurs ” gagnent 1 500 euros pour financer le voyage de leur choix.
La méthode, plus économique, séduit à plusieurs égards, notamment les petites SSII qui peinent à attirer des candidats, faute de notoriété ; ou celles recherchant les perles rares du marché. Au bout du compte, les candidatures, issues de la cooptation, sont plus fiables car beaucoup mieux ciblées en général que celles provenant de sites d'emploi sur Internet. “ Nos collaborateurs connaissent bien les besoins de la société, positionnée sur une niche, et les compétences nécessaires pour occuper les différents postes. Du coup, ils font eux-mêmes une première sélection de candidats ”, explique Fatiha Bahraoui, la DRH de Génigraph.
Et surtout, ces nouvelles recrues ont une chance unique : avant d'intégrer la société, elles ont déjà mis un pied dans ses coulisses. Elles disposent d'informations précieuses sur leur employeur et viennent en connaissance de cause. Pour le service des ressources humaines, la cooptation est un bon moyen de prendre la température auprès de ses équipes. Personne ne recommanderait une entreprise dans laquelle il ne se sent pas bien, sauf à son pire ennemi.
















