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Les entreprises françaises aiment de plus en plus les logiciels libres. Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), le marché des logiciels et des services autour de ces solutions a généré un chiffre d’affaires total de 730 millions d’euros en 2007, en augmentation de 66 % par rapport à l’année dernière. Ce qui en fait l’un des domaines les plus dynamiques du marché des logiciels et services (L&S).
Cette croissance n’est d’ailleurs pas prête de s’arrêter, toujours selon le cabinet de consultants. Le marché devrait atteindre 1,1 milliard d’euros en 2008 et dépasser 1,5 milliard en 2009 et 2 milliards en 2010. Cet essor s’explique en premier lieu par les programmes de modernisation de l’Etat qui font la part belle aux logiciels libres. “ Les investissements publics ont favorisé l’émergence d’un environnement national dynamique autour des logiciels libres. Ces investissements ont servi d’amorce au marché et ont eu un fort effet d’entraînement ”, explique le cabinet dans un communiqué.
Dans le domaine public, en effet, les projets ne manquent pas : les gendarmes ont équipés 70 000 postes de travail en Open Office en 2005, la DGA a opté pour une messagerie open source en 2006 et l'Assemblée nationale se dote de postes clients Ubuntu en 2007. Les analystes de PAC constatent aussi que les services publics ne sont plus les seuls à recourir aux logiciels libres : le secteur privé devient à son tour une moteur de la demande, en particulier autour de l’infrastructure et du poste client. Ce qui amène le cabinet à faire de la France le pays européen le plus “ intensif ” en logiciel libre, par l’importance de ses contributions, de l’expérience acquise et par la taille des projets.
Mais pour la Fédération nationale de l’industrie du logiciel libre (Fnill), tout n’est pas si rose, en particulier au niveau de la représentation professionnelle. Ainsi, l’organisation regrette que les logiciels libres ne soient pas davantage pris en compte dans le dernier rapport sur l’économie numérique, réalisé par le Syntec informatique et le Medef. “ Les logiciels libres sont une chance pour redistribuer les cartes dans l’économie numérique. Avec leurs positions conservatrices, le Syntec et le Medef se rendent responsables d’un statu quo qui profite aux sociétés américaines ”, explique Alexandre Zapolsky, président de la Fnill.
La Fnill conteste également les chiffres avancés par PAC. Pour elle, le marché français des logiciels libres aurait déjà dépassé le milliard d’euros et serait, de ce fait, le principal contributeur à la croissance du marché total des L&S. “ Sur les 6,5 % de croissance des L&S, un tiers provient de l’inflation, un tiers des logiciels libres et un autre du reste de l’industrie ”, souligne Alexandre Zapolsky.
L’autre frein dans le marché des logiciels libres serait d’ordre juridique. “ Les brevets logiciels et les systèmes de protection de droits [Digital Right Management ou DRM, NDLR] constituent aujourd’hui les principaux obstacles à l’épanouissement de notre secteur ”, estime Christophe Le Bars, vice-président de l’April, qui fait la promotion du logiciel libre. Une chose, en tous les cas, est certaine : les logiciels libres feront encore couler beaucoup d’encre en 2008.
















