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Changements en perspective dans les directions informatiques. L’organigramme de la DSI de demain devrait s’éloigner assez fortement de celui que l’on connaît classiquement. Deux mouvements centrifuges expliquent ce bouleversement à venir : l’externalisation progressive des fonctions techniques vers les prestataires, d’une part, et l’“ évaporation naturelle ” des informaticiens métier vers les maîtrises d’ouvrages (MOA), d’autre part. Ces tendances de fond remontent à plusieurs années, mais prennent aujourd’hui une vigueur nouvelle, selon une étude de KLC Solucom de février 2006.
L’externalisation, notamment, s’est généralisée. D’après Jean-Pierre Corniou, président d’EDS Consulting Services France et ex-DSI de Renault, il n’est plus nécessaire de gérer soi-même ses infrastructures pour obtenir un service fiable et de qualité. “ Réparer des PC ou maintenir des mainframes n’apporte aucune valeur ajoutée. Par ailleurs, il va devenir difficile de justifier les investissements internes lourds et les embauches de spécialistes pointus, dont la carrière interne sera de plus en plus complexe à gérer. ”
Les opérationnels de l’exploitation, du support, et du développement, voire de la maintenance applicative, sont donc appelés à rejoindre les SSII dans le cadre de l’article L 122.12 alinéa 2 du code de travail, qui régit les modalités de transfert de personnel. Charge aux prestataires de garantir leur employabilité. La mobilité interne vers les directions métier concerne, elle, des profils de type consultant SI métier ou responsable d’application. Rejoindre la DAF (direction administrative et financière) ou la direction marketing peut être perçu par certains informaticiens comme une promotion, une progression de carrière.
Ces départs conduisent à une réduction des effectifs. Toutefois, si la DSI se dépeuple sur certaines compétences, elle se renforce sur d’autres. Une cellule de suivi, composée de gestionnaires de contrats d’infogérance et de directeurs de domaines infogérances, s’assure de la qualité de la prestation. De son côté, la DSI a des engagements vis-à-vis des métiers, et Jean-Pierre Corniou évoque les gestionnaires de contrats, internes cette fois, responsables de la qualité du service rendu aux métiers. Des postes occupés par d’anciens chefs de projet ou exploitants.
Enfin, on demande au DSI d’avoir une vision à moyen et long termes du métier de l’entreprise et des ruptures technologiques qui s’annoncent, comme la RFID. “ Ce qui nécessite de disposer d’une structure mixte d’informaticiens de haute volée – des architectes visionnaires, des urbanistes – et d’opérationnels qui viennent du métier, du conseil. ”
Et pour aider tout ce monde, la DSI s’appuie sur des fonctions support telles que le contrôle de budget, le juridique, les achats, les ressources humaines, ou la communication interne. Cette équipe dédiée gérera les budgets ou les compétences de la DSI. Ce que Jean-Pierre Corniou appelle “ l’office du CIO ”. “ Loin d’être des fonctions secondaires, elles sont au cœur de la vie de la DSI et rythment son calendrier. ”
Plus original, Jean-Pierre Corniou propose aux DSI de s’adjoindre les services de professionnels du marketing afin d’analyser les comportements des utilisateurs et leurs besoins, mais aussi d’experts de la “ relation client ”, de façon à s’assurer que la qualité des services est bien au rendez-vous.
















