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La supervision des parcs informatiques de grands comptes est sans doute un des derniers domaines - avec les ERP - où les solutions open source l’emportent très rarement dans les appels d’offres face aux logiciels propriétaires.
Les choses pourraient bientôt changer avec l’arrivée de Vigilo, un logiciel prometteur qui sera dévoilé au salon Solutions Linux du 29 au 31 janvier à Paris.
Le groupe de services informatiques Communication et Systèmes (CS, ex-Compagnie des signaux) a investi 1 million d'euros dont l'équivalent de 6 hommes par année de développement pour mettre au point cet outil open source d’abord destiné à une grande banque d’affaires.
“ Cette banque possède 5 000 agences et 10 000 équipements à superviser. Elle a lancé il y a un an et demi un appel d’offres que nous avons remporté en proposant la mise en place d’un outil 100 % libre ”, explique Gilles Lehmann, responsable de l’offre open source de CS. Pour honorer cet appel d’offres, CS a été contraint de développer sa propre solution. “ Nous nous sommes rapidement rendus compte que les logiciels de supervision libres existants ne remplissaient pas le cahier des charges d’un grand compte ”, explique Gilles Lehmann.
Pour concevoir Vigilo, CS s’est tout de même appuyé au maximum sur les logiciels existants. Une des briques majeures de Vigilo est ainsi Nagios qui faisait jusqu’ici figure d’outil open source le plus abouti en matière de supervision.
“ Sa principale lacune est son architecture non répartie [il ne peut s’installer que sur un seul serveur Linux, NDLR] qui le limite de fait à la supervision d’une centaine de serveurs au maximum. Nous l’avons intégré dans une architecture modulaire qui autorise maintenant la supervision de plus de 100 000 serveurs depuis une console unique ”, explique Gilles Lehmann.
CS a également intégré à Vigilo des fonctions de cartographie et de métrologie. “ Nagios donne l’alerte en cas de dysfonctionnement mais ne sait pas faire remonter en continu de l’information dans une base de données afin d’évaluer les performances des équipements ”, justifie Gilles Lehmann.
Le bac à événements (dashboard) du logiciel n’est autre que celui que CS avait développé pour ses propres besoins en interne. Vigilo inclut aussi des fonctions de corrélation qui permettent de ne pas déclencher d’alertes inutiles. “ Si un routeur tombe et que derrière un serveur de messagerie n’est plus accessible, Vigilo émet une alerte sur le routeur et non sur les deux matériels ”, explique Gilles Lehmann.
Au final, selon CS, Vigilo couvrirait aujourd’hui 80 % des fonctions offertes par les grandes solutions propriétaires (HP Open View, Tivoli d’IBM, CA NMS, etc.) à un coût largement inférieur.
“ Nous sommes en contact avec une autre banque intéressée par Vigilo qui estime que le coût de sa mise en œuvre (5 millions d’euros) serait amorti en un an par la disparition des coûts de maintenance associés aux différentes solutions propriétaires qu’elle utilise aujourd’hui ”, assure Gilles Lehmann.
S'il tient ses promesses, Vigilo a une belle carte à jouer sur le créneau très lucratif des outils de supervision pour grands comptes et CS entend bien en profiter pour proposer ses services d’intégrateur. Pour favoriser l’enrichissement fonctionnel de son logiciel notamment en matière de supervision de la sécurité, CS l’a placé sous la licence GPL version 2 qui est très appréciée de la communauté open source.
Il vient d’ouvrir un site dédié et publiera progressivement les codes sources des composants de Vigilo à partir du 28 février prochain.
















