Préjugés ou frilosité ?
par jmphi, le 04/02/2008 12:00:37
« Je reconnais bien volontiers l'amélioration des procédures d'installation Linux : ils vont finir par atteindre leur but et arriver à faire aussi bien que pour Windows ;-) »
Linux est plus simple et bien plus rapide à installer que Windows depuis un certain temps déjà. La grosse différence est qu'on n'a souvent pas à installer Windows puisqu'on nous oblige à l'acheter pré-installé sur nos machines, sinon ça ferait fuir les clients !
« Quant à la disponibilité des applications »
C'est l'éternel problème de l'œuf et de la poule. La virtualisation offre une solution de transition dans de nombreux cas. Les éditeurs sont aussi de plus en plus conscients que le vent tourne : en informatique, il ne faut surtout pas s'endormir !
« Comment un fournisseur d'applications gratuites arrivera à vivre dans ces conditions ? »
En faisant payer le support, tout simplement ! Ce n'est pas parce que l'installation, la diffusion, l'utilisation et la modification sont autorisées sans contrepartie financière qu'il n'y a aucun frais. Dans ce cas précis il faudrait trouver une SSLL qui garantit la conformité du logiciel avec la législation.
« Mais que se passe-t-il quand le premier devient payant ? »
Il y a un ‘fork’ qui se crée si la communauté est importante, ou alors il faut payer une SSLL pour maintenir l'application et la stimuler à fédérer d'autres utilisateurs afin de réduire les coûts. Évidemment ça paraît plus rassurant d'avoir une facture plus élevée d'un facteur 5 ou 10 chez un éditeur propriétaire, mais s'il met la clef sous la porte ou est racheté par le concurrent, c'est encore pire car on n'a même pas accès au code... Le choix d'un logiciel, libre ou non, comporte des risques liés à sa viabilité, laquelle n'est pas simplement liée au chiffre d'affaire de l'éditeur. Un logiciel libre a l'avantage de permettre une sortie honorable quoiqu'il arrive : l'utilisateur est entièrement propriétaire de son travail, ce qui n'est souvent pas le cas avec les éditeurs propriétaires.
« Mais je parle de systèmes propriétaires, souvent payants. C'est à mon avis le seul modèle économique viable. »
Non, l'actualité le démontre clairement. Le Libre évite que les développeurs codent 50 fois la même fonctionnalité dans leur coin avec chacun son lot de bogues, il ouvre le marché à la concurrence et optimise l'utilisation des ressources. Alors que certains rêvaient de rendre les logiciels modulaires avec les ActiveX (ce qui en fait n'intéresse pas les éditeurs qui préfèrent facturer le re-développement), les logiciels libres atteignent en pratique cet objectif généralement sur de nombreuses plate-formes. Par ailleurs chaque développement spécifique à un utilisateur profite à l'ensemble de la communauté et on ne paye que ce qui nous intéresse et non pour développer la fonction nécessaire pour envahir tel autre secteur d'activité. Bref il y a de nombreux avantages et on voit le marché migrer doucement en conséquence. Aussi il ne faut plus se poser la question d'installer du Libre ou non, mais de quand est-ce qu'on le déploie et quoi ;-) !
