La percée de l'open source dans les applications d'entreprise
La part du libre concerne surtout les postes clients et les solutions d'infrastructure mais pourrait croître fortement dans d'autre familles de progiciels métier. L'offre fonctionnelle devient mature sur les applications décisionnelles et de gestion de contenu. La demande en PGI et en GRC reste encore marginale.
01 Informatique
le 30/01/2008 à 14h23
Près de 450 millions d'euros ! Voilà, selon le cabinet d'études Pierre Audoin Consultants (PAC), ce que pesait le marché du logiciel libre en 2007 dans l'Hexagone. Soit 2,25 % du marché du logiciel français (licences et services), estimé à 20 milliards d'euros par Syntec informatique. Et, toujours selon PAC, le marché du logiciel libre dépassera 2 milliards d'euros en 2011, soit une hausse de 400 % en quatre ans.
On note une forte hétérogénéité de la demande selon les grandes familles logicielles. Pour l'instant, la demande se focalise surtout pour les postes clients et les solutions d'infrastructures, comme les serveurs d'applications, les systèmes d'exploitation, les bases de données… Mais elle porte beaucoup moins sur les quatre types d'applications d'entreprise évoquées dans ce dossier : les applications décisionnelles, celles de gestion de contenu, les progiciels de gestion intégrés (PGI) et, finalement, les applications de gestion de la relation client (GRC). Apparemment du moins, car il n'y a pas de chiffres donnant le poids de l'open source pour chacune de ces familles logicielles.
Les PGI open source pèsent moins de 1 % du marché
Quel est le ressenti des sociétés actives sur le terrain ? Selon Patrick Bénichou, le PDG d'Open Wide, depuis quatre ans “ c'est la gestion de contenu qui remporte le plus de succès ”. C'est particulièrement vrai pour la partie web, où des noms prestigieux ont opté pour la solution open source eZPublish. Patrick Bénichou prédit également un fort dynamisme de la branche décisionnelle open source pour 2008. Jaspersoft a ainsi déjà séduit 70 000 clients payants dans près de 100 pays. Concernant le PGI, Mathieu Poujol, analyste au cabinet PAC, note n'avoir “ quasiment rien, en termes de statistiques, sur les PGI open source ”, alors qu'il prépare une étude sur le logiciel libre en France. De l'avis même de plusieurs sociétés de services en logiciel libre (SSLL), l'open source pèse moins de 1 % du marché du PGI en France, voire beaucoup moins. Il en va de même pour la GRC. En tout cas, les intégrateurs perçoivent un intérêt certain des entreprises. “ Il ne se passe pas une semaine sans que nous ne recevions un appel téléphonique concernant le PGI Open bravo ”, rapporte Alexandre Zapolsky, directeur de l'intégrateur Linagora, alors que l'offre n'est plus proposée.
De même, chez Audaxis, spécialiste du PGI Compiere, on revendique plus de cinq demandes spontanées par semaine. Le logiciel libre n'étant plus réservé à ses seuls partisans, il intéresse potentiellement tout le monde et est désormais connu des non-informaticiens. D'ailleurs, dans de nombreux cas, les utilisateurs mêlent sans vergogne des applications libres et propriétaires, piochant ce qu'ils considèrent être le meilleur pour eux. Un PGI libre qui fonctionne sur Windows ou s'interface avec une base Oracle, cela se voit.
Reste que le logiciel libre conserve quelques modes de fonctionnement qui déroutent parfois les utilisateurs. Comme le principe du “ fork ” (fourchette en français). Ce phénomène a lieu lorsqu'un groupe de contributeurs décide de donner une orientation différente à celle impulsée par le groupe dominant la communauté. Les dissidents créent alors une nouvelle branche et poursuivent le développent du logiciel avec leur vision. Cela s'est récemment vu dans les secteurs du PGI ou de la GRC.
Des prévisions au beau fixe en France
A l'instar des autres pays européens, la France se voit prédire une forte croissance pour le marché du logiciel libre. Ce marché pourrait atteindre 10 % du marché total du logiciel (licences + intégration) en 2010.