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Côté technologie, les PGI open source se répartissent en deux catégories : ceux qui recourent au langage Java, tels Compiere ou Neogia, et ceux qui lui préfèrent Python, comme ERP et Tiny ERP. Ces divergences d'approche s'expriment parfois au sein d'une même communauté open source. Car, selon quelques membres de la communauté du logiciel libre, “ il y a toujours un dictateur dans le libre ”. Cela amène certains à vouloir faire sécession. Des Espagnols, anciens salariés d'Accenture, ont créé Openbravo en ajoutant à Compiere une interface web (dont Compiere dispose depuis la version 3.0). De même, Adempiere est une initiative issue de Compiere. De son côté, Neogia consiste en une couche logicielle installée au-dessus d'une base OFBiz PGI open source. Côté ASP, le progiciel open source suit, lui aussi, la tendance : les offres Tiny ERP, ERP 5 et Neogia sont disponibles en mode hébergé. Des clients y recourent déjà. En revanche, la SSLL Audaxis ne constate pas une telle demande pour le progiciel Compiere.
Lorsqu'une entreprise souhaite s'équiper d'un PGI ou en changer, elle s'attarde souvent sur les premières références clients des éditeurs. Or, aux débuts des PGI open source, il y a un peu plus de cinq ans, les clients susceptibles d'être présentés aux prospects en quête de telles solutions n'étaient pas légion. La donne a changé. Certaines entreprises clientes renommées ont adopté des PGI open source, comme Yves Rocher, qui a choisi Compiere, ou encore Transrail B&V, qui est passé de Baan 4 à Neogia, ce qui représente respectivement une cinquantaine et une dizaine d'utilisateurs. Le secteur public s'y met aussi : l'Agence de l'eau Artois Picardie est en effet utilisatrice d'ERP 5 depuis 2007.
Les SSLL Nexedi et Audaxis revendiquent respectivement 25 et 40 sites utilisateurs en France. Les intégrateurs du PGI Neogia, Nereide en tête, annoncent une trentaine de contrats signés. Ces chiffres ne tiennent pas compte des téléchargements de logiciels faits depuis internet. En France, Compiere aurait été téléchargé 200 fois entre le 1er novembre et la mi-décembre 2007. Il est néanmoins peu probable que ces versions soient utilisées en production par les entreprises. “ Ce serait plutôt à des fins d'évaluation ”, pense Jenny de Montaigne, analyste au sein du cabinet CXP. Ou alors pour tester certaines fonctionnalités restreintes.
Ces adeptes ne sont d'ailleurs pas forcément des chantres de l'open source. “ Les trois quarts de notre base font fonctionner Compiere sur Windows ”, note Pierre Spilleboudt, d'Audaxis. Et l'Agence de l'eau Artois Picardie a interfacé son application ERP 5 avec une base de données Oracle.
Selon Alexandre Zapolsky, directeur de Linagora, ces clients chercheraient à échapper au “ hold-up ” auquel se livrent des acteurs du monde du PGI. En l'absence de prix de licences (cas des PGI open source), les coûts restant à la charge de l'entreprise concernent ceux de l'intégration et des développements spécifiques. Mais gare, tout le logiciel n'est pas forcément gratuit dans l'open source ! La SSLL Axelor propose ainsi, pour le PGI Tiny ERP, des interfaces payantes dédiées à l'intégration avec Microsoft Outlook, Word ou Excel.
Gestion de la production
Gestion des stocks
Comptabilité
Gestion de la chaîne logistique
Gestion documentaire
Gestion de projets
Gestion de la relation client
Vous utilisez Java et Python, les langages utiles aux PGI open source. Comment les différenciez-vous ?
“ Java implique un typage fort ; plus structuré, il a moult bibliothèques et est plus facile à maintenir. Python est un langage de script, plus concis. Son typage faible est un avantage pour le prototypage rapide et autorise, au début, une grande vitesse de développement, même si cela rend les grosses applications plus difficiles à analyser. ”
Du point de vue de l'utilisateur final, quelle différence cela fait-il ?
“ Si l'on veut réaliser du codéveloppement, il convient de choisir le langage selon sa culture. Concernant la montée en charge, un code écrit de manière non réfléchie en Java comme en Python risque de provoquer l'effondrement de l'application. Enfin, la dynamique communautaire open source commence à être plus forte en Java. ”
















