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“ Après l'infrastructure, l'open source gagne les couches métier ”

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Comment évolue l'image du logiciel libre au sein des directions informatiques ?
Il y a cinq ans, le logiciel libre était encore perçu comme dogmatique. A présent, lorsque le contrôle de gestion ou la direction générale d'une entreprise suggère l'alternative open source, le DSI doit être en mesure d'apprécier ses avantages et de l'inclure éventuellement dans son appel d'offres. Si ce type de logiciel a gagné ses galons chez les “ hypertechniciens ”, il n'en est plus l'apanage, y compris dans les PME.
Patrick Bénichou : Les DSI sont moins méfiants qu'auparavant envers l'open source. Il leur permet souvent de répondre à un besoin précis ou de mener une démarche itérative. Un avantage précieux pour adopter un progiciel métier dans des domaines aussi stratégiques que la gestion de documents ou le décisionnel, mais considérés comme secondaires pour l'exploitation de l'entreprise. Or il est parfois difficile de faire valider un budget important pour ce type de projets.

Les couches métier constituent-elles la nouvelle frontière du libre ?
JD : L'adoption en masse de solutions d'infrastructure open source – sur les serveurs d'applications, les systèmes d'exploitation, les bases de données, les applications de poste de travail… – a montré la voie aux progiciels métier. Même si l'enjeu économique est moins important pour ces applications, leur sélection diminue l'emprise des grands éditeurs ou au moins de renégocier avec eux. En cas de rapprochement avec une autre entreprise, l'open source présente aussi l'avantage de s'appuyer sur des modèles ouverts et d'offrir des solutions plus modulaires.

PB : Certains domaines du libre sont plus porteurs que d'autres. Depuis quatre ans, la gestion de contenu remporte le plus de succès. Elle a été rejointe, il y a deux ans, par la gestion électronique de documents. Plus récemment, les progiciels décisionnels ont gagné en maturité. Ce marché devrait se montrer particulièrement dynamique en 2008. Quant aux PGI et aux progiciels de gestion de la relation client (GRC), le phénomène demeure marginal. En résumé, nous sommes loin de l'époque où les logiciels libres occupaient le devant de la scène des seuls serveurs internet. Mais cette percée du logiciel libre vers les couches métier ou les postes clients n'en est qu'à ses balbutiements au regard des taux de pénétration actuels de l'open source sur la totalité du système d'information.

PB : Certains domaines du libre sont plus porteurs que d'autres. Depuis quatre ans, la gestion de contenu remporte le plus de succès. Elle a été rejointe, il y a deux ans, par la gestion électronique de documents. Plus récemment, les progiciels décisionnels ont gagné en maturité. Ce marché devrait se montrer particulièrement dynamique en 2008. Quant aux PGI et aux progiciels de gestion de la relation client (GRC), le phénomène demeure marginal. En résumé, nous sommes loin de l'époque où les logiciels libres occupaient le devant de la scène des seuls serveurs internet. Mais cette percée du logiciel libre vers les couches métier ou les postes clients n'en est qu'à ses balbutiements au regard des taux de pénétration actuels de l'open source sur la totalité du système d'information.

Lacunes fonctionnelles, montée en charge, manque d'interlocuteurs… Le libre ne compte-t-il pas encore bon nombre de freins ?
JD : Il faut reconnaître que les progiciels métier open source, souvent récents, couvrent rarement l'ensemble de la palette fonctionnelle. Toutefois, ils présentent parfois des fonctions de niche très pointues. Et puis le client n'a pas à payer pour les 90 % inutilisés des solutions propriétaires. Les inquiétudes concernant la capacité de montée en charge sont généralement dues au manque de références parmi les grandes entreprises. D'ailleurs, le logiciel libre a prouvé qu'il pouvait égaler, et dépasser, la qualité des solutions propriétaires dans le domaine des logiciels d'infrastructure. Les premières références des progiciels métier open source comptant plusieurs milliers d'utilisateurs montrent qu'ils prennent le même chemin. En revanche, la difficulté à identifier un interlocuteur juridique en cas de crise constitue le problème le plus épineux. En effet, la société de services en logiciel libre (SSLL) qui assure la maintenance du logiciel garantit un service, mais elle n'a pas la responsabilité d'un éditeur de progiciels propriétaires.

PB : Les entreprises ont longtemps mis en doute le modèle économique du logiciel libre. Pouvait-on leur garantir une maintenance et un support à long terme, ou proposer une planification du développement de nouvelles fonctionnalités ? Depuis, Red Hat et d'autres acteurs ont démontré la pérennité du modèle d'éditeur open source. Et, déjà, les services représentent une part croissante des logiciels, désormais de plus en plus libres.

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