La virtualisation entre aussi au cœur des téléphones
C'est la technologie à la mode sur les serveurs et les PC. Mais la virtualisation pourrait aussi réaliser une percée dans les mobiles.
01net.
le 13/02/2008 à 13h15
A l’occasion du Mobile World Congress 2008, Mark Milligan, vice-président marketing de Virtuallogix, éditeur d’hyperviseurs pour mobiles, nous explique tout l’intérêt de la virtualisation dans les téléphones portables.
01net. : La virtualisation sur les téléphones portables est-elle la même que celle de type VMWare que l’on trouve dans les serveurs ou dans les postes clients ?
Mark Milligan : Si les concepts sont très proches – émuler plusieurs systèmes d’exploitation [OS] dans un même équipement –, les technologies sont complètement différentes. Les terminaux mobiles posent en effet des contraintes spécifiques de mémoire, de performances et de réponses en temps réel. Ainsi, par exemple, notre hyperviseur Virtuallogix n’occupe que 200 ko, alors que pour VMWare, on parle en Mo.
A quoi sert la virtualisation dans un mobile ?
Dans un smartphone classique, les fonctions de téléphonie sont gérées la majeure partie du temps par un OS en temps réel, qui tourne sur un processeur spécifique. Les autres fonctions, comme la prise de photo, la rédaction de SMS, la navigation Internet, etc. sont gérées par un autre système, Windows, Symbian, Linux ou un OS propriétaire. Cet autre OS va utiliser un autre processeur.
Les deux processeurs ne fonctionnent pas en parallèle, mais alternativement. Avec la virtualisation, on va pouvoir faire tourner ces deux systèmes sur un même processeur. Toutes les fonctions sont alors accessibles en même temps, et c’est beaucoup moins cher. On peut réaliser des smartphones à moins de 100 dollars. Qui sont également plus fins et consomment moins d’énergie.
Et au-delà de la baisse des coûts, quelles applications sur mobiles pourront bénéficier de cette technologie ?
On peut par exemple isoler toutes les fonctions de commerce mobile, comme l’authentification sécurisée, sur une partie totalement isolée des autres fonctions du téléphone. Si on vient “ hacker ” le téléphone, le pirate n’aura pas accès à la partie sécurisée et ne pourra donc pas récupérer les clés de sécurité. On peut aussi imaginer installer un pare-feu sécurisé sur une partition virtuelle spécifique. Si l’OS qui supporte les autres fonctions plante, le pare-feu lui reste toujours actif, sans besoin d’être réinitialisé.
La virtualisation va aussi permettre d’augmenter la qualité de service. On peut isoler les agents de communications VoIP sur une partie virtuelle spécifique à laquelle on va allouer une certaine partie de la puissance du processeur. Dernier exemple, on peut définir différentes piles – ou partitions virtualisées –, l’une dédiée à l’opérateur, l’autre au constructeur et la dernière à l’utilisateur. Ainsi, l’utilisateur pourra télécharger et installer ce qu’il veut dans sa partie, sans que cela nuise aux autres fonctions.
On peut même imaginer allouer une partie pour une utilisation professionnelle associée à un opérateur particulier et une autre à un usage privé avec un opérateur différent. On pourra alors “ switcher ” d’un opérateur à l’autre de manière transparente et ne plus avoir qu’un seul téléphone pour la maison et pour le bureau.
Quand verra-t-on les premiers téléphones virtualisés ?
Peut-être avant la fin de l’année. Philips, au travers de sa spin-off NXP vient de sortir un téléphone qui fonctionne avec un OS Linux qui tourne sur une plate-forme virtualisée, avec Virtuallogix. Il a été conçu en collaboration avec un designer français, Purple Labs. Et il coûte moins de 100 dollars.