Les solutions intégrées sortent des limbes
De la virtualisation du poste de travail émergent des solutions modulaires qui exploitent différents mécanismes d'accès à distance. Objectif : répondre à des besoins variés de stockage et/ou d'exécution des OS et/ou des applications.
01 Informatique
le 20/02/2008 à 14h55
Le concept émergent de virtualisation des postes de travail trouve ses racines dans les plates-formes de services de présentation. Presentation Server de Citrix, Terminal Server de Microsoft, ou encore Secure Global Desktop de Sun servaient déjà à centraliser les bureaux des utilisateurs, de façon à simplifier le déploiement de clients légers en lieu et place de PC classiques. Mais aussi pour répondre aux besoins du personnel itinérant. Néanmoins, ces plates-formes péchaient par leurs capacités de répartition des charges et d'exploitation des ressources trop statiques. Il y avait donc matière à élaborer des solutions de centralisation capables de gérer de façon dynamique l'allocation des ressources aux postes de travail virtualisés. D'où l'émergence de solutions de centralisation d'un nouveau genre, de type VDI (Virtual Desktop Integration).
Cette approche doit beaucoup à l'arrivée, en 2006, de VMware sur le terrain du poste de travail, avec sa stratégie VDI (Virtual Desktop Infrastructure). Son objectif : tirer parti de son hyperviseur ESX pour exploiter de façon centralisée des images de poste de travail, images pouvant être stockées sur des fermes de PC en lames émanant de constructeurs tels que Clear-cube. Mais pour que ce type d'infrastructure soit aisément exploitable, encore fallait-il disposer de middlewares spécifiques, dédiés à la gestion des communications entre les terminaux distants et les serveurs de virtualisation. Bien entendu, VMware dispose de son propre “ intermédiateur ”, VDM (Virtual Desktop Manager), qu'il a fait évoluer en rachetant, en 2007, les sociétés Dunes et Propero. VDM ne fournissant que des services de connexion basiques, VMware s'appuie sur certains partenaires - Leostream, Provision Networks (récemment acquis par Quest Software) et, tout récemment, Sun - pour proposer des “ brokers ” VDI plus étoffés. Citrix, quant à lui, possédait déjà un “ intermédiateur ” léger (Desktop Broker), en complément de Presentation Server. Il vient toutefois de renforcer ses solutions de virtualisation grâce à l'acquisition, en 2007, d'Ardence puis de Xensource, dont l'hyperviseur est aujourd'hui à la base d'une nouvelle solution pour postes de travail, baptisée Xen Desktop Server. L'éditeur compte se renforcer sur le terrain de la virtualisation, en dopant les capacités de streaming de sa plate-forme de service.
Répit prévisible en 2008 sur le front des rachats
Le streaming applicatif (ou virtualisation d'applications) sert à répondre, par exemple, aux besoins d'utilisateurs itinérants travaillant en mode déconnecté. Il met en œuvre des mécanismes de téléchargement automatique ou à la demande de codes applicatifs, gérés et stockés de façon centralisée, mais que l'on souhaite pouvoir exécuter en local, sur des postes de travail distants tels que des portables, avec une certaine indépendance à l'égard de l'environnement sous-jacent. Citrix avait commencé à s'y intéresser en adjoignant un module de streaming d'applications à Presentation Server 4.5 ; aujourd'hui, l'éditeur souhaite étendre ces fonctions aux systèmes d'exploitation, grâce aux technologies de provisioning apportées par Ardence.
Deux start up, Softricity et Thinstall, avaient aussi commencé à se distinguer sur ce terrain. Le premier a été racheté en 2006 par Microsoft, le second en début 2008 par VMware. Cette frénésie d'acquisitions devrait connaître un répit en 2008, Citrix et VMware ayant désormais acquis les briques nécessaires à la virtualisation du poste de travail. Ces deux leaders ont des objectifs assez similaires : la mise sur pied de “ frameworks ” de services modulaires. Mais en 2008, il faudra veiller aux moyens d'exploiter de façon industrielle les infrastructures de type VDI, ce qui pourrait requérir certaines évolutions dans les domaines du provisioning, de l'orchestration des politiques de virtualisation et de streaming, mais aussi de l'optimisation et de la fiabilisation des réseaux et serveurs.
2 questions à… : Christian Honoré, directeur France et Benelux d'Expand Networks
Quelles contraintes la virtualisation des postes de travail fait-elle peser sur le réseau ?
“ Les protocoles tels que RDP et ICA n'ont pas été conçus pour les échanges transitant sur les réseaux étendus. Les dialogues avec les terminaux légers étant de type interactif, ils génèrent énormément d'allers-retours avec les sites centraux. D'où un fort accroissement des temps de latence. L'autre problème concerne les flux d'impression. Sur des liens WAN, les travaux d'éditions en environnement Citrix ou VDI nécessitent beaucoup de temps. ”
En quoi est-il intéressant d'accélérer les flux ICA et RDP ?
“ Au-delà de 10 à 15 postes par lien WAN, cela n'aurait aucun sens de mettre en place une solution VDI sur des accès Wan, sans solution d'accélération. Les temps de réponses seraient inacceptables. Avec nos boîtiers d'accélération, dotés de techniques de multiplexage de sessions ICA ou RDP, il est possible de multiplier par 10 et 15 le nombre de postes virtualisés gérés. ”