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“ On a encore à apprendre de la virtualisation sur grands systèmes ”

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Jusqu'à présent, la virtualisation a surtout servi à consolider les serveurs. Que peut-on en attendre de plus ?
Philip Dawson : Les projets mettent généralement l'accent sur l'amélioration de l'administration et l'optimisation de l'utilisation des ressources. Il est rare de rencontrer une virtualisation tournée vers le futur (Philip Dawson utilise le terme future virtualization - NDLR) dans laquelle chaque nouveau serveur est virtualisé dès sa création afin d'assurer une meilleure disponibilité, une gestion fine des charges et des possibilités de refacturation selon les capacités consommées… en fait tous les bénéfices traditionnels de la virtualisation sur grands systèmes. Ce modèle d'utilisation de cette technologie va prendre consistance.

Comment caractériser le marché actuel ?
PD : La majorité de celui-ci, tenue par VMware, porte sur la virtualisation de machines x86 avec Windows et très peu avec Linux. Selon nos chiffres, 6 ou 7 % des serveurs ont été virtualisés jusqu'ici, et cela devrait passer à 14 % en 2010. Bien que cette croissance paraisse forte - avec un doublement attendu entre 2008 et 2010 après cinq ans nécessaires pour atteindre ces 6 ou 7 premiers pour-cent -, nous considérons que, aujourd'hui, environ 50 % des serveurs sont éligibles à la virtualisation. Il existe donc un vaste marché inexploité. Et, même si nous atteignons 14 ou 15 % de taux de virtualisation en 2010, ce seront alors 60 ou 70 % des serveurs qui constitueront de bons candidats à la virtualisation du fait des évolutions techniques. Donc 55 % des serveurs qui pourraient être virtualisés en 2010 ne le seront pas. Il faut s'attendre à voir se multiplier les acteurs dans ce domaine en raison de son potentiel.

VMware restera-t-il dominant ?
PD : Quand Microsoft inondera le marché, probablement à la fin de l'année 2008, avec Hyper-V et Windows Server 2008, VMware aura véritablement un adversaire à sa taille. Même si les capacités de l'hyperviseur Microsoft seront probablement moins avancées, l'avantage sera de pouvoir administrer la virtualisation depuis System Center sans avoir à former les administrateurs à l'environnement VMware comme c'est le cas aujourd'hui. Microsoft fera de la virtualisation une partie de son programme de certification Windows, donc les fournisseurs Windows posséderont aussi des compétences Hyper-V, un gros avantage pour toucher les PME. Donc, peu importe quel hyperviseur dominera car demain Microsoft contrôlera le système et ses interfaces au travers de ses outils d'administration.

S'il n'y a plus de valeur technologique dans les hyperviseurs, n'est-ce pas un problème pour VMware ?
PD : Les hyperviseurs se banalisent. Lorsqu'ils seront directement embarqués dans le matériel, leur importance se réduira davantage. Aujourd'hui, on les achète encore sous forme de logiciels, demain ils viendront par défaut avec les machines, comme les connecteurs USB ou le 64 bits sur les processeurs. VMware devra déplacer sa stratégie vers l'administration et se différencier, ce qu'il fait déjà d'ailleurs avec Virtual Infrastructure et VMotion. VMware et Microsoft seront les deux acteurs majeurs du secteur.

Et Citrix ? L'hyperviseur Xen n'a-t-il pas sa place dans cette histoire ?
PD : Xen a un problème : chaque OEM qui l'adopte contribue à le fragmenter un peu plus. Suse-Novell, Oracle, Virtual Iron, Red Hat, Sun… tous proposent leur propre implémentation de Xen, développent leurs propres outils d'administration, incompatibles entre eux, avec une offre de support à l'avenant. Citrix a acheté Xensource mais ne fait rien pour rassembler la communauté Xen et trouver une solution à cette désintégration de l'administration qui profite à VMware et Microsoft.

Côté poste de travail, assistons-nous à une énième incarnation du client léger, un modèle qui n'a jamais vraiment pris ?
PD : Je suis assez d'accord… Je n'ai pas connu l'époque de SNA, mais je me souviens de l'arrivée de X11. Tout ce qui se produit aujourd'hui dans le domaine de la virtualisation des postes clients ressemble à une réinvention de ces protocoles et de ces archétypes. Si on virtualise des postes de travail selon les modèles d'aujourd'hui, en centralisant les applications clientes, il faudra investir dans les serveurs, dans les réseaux, voire dans des VPN, et dans des opérations de tests et de développement pour provisionner proprement ces postes de travail virtualisés. Je ne crois pas que ce soit à l'ordre du jour pour le moment.

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