collectivités locales : l’heure est à la consolidation
Les collectivités capitalisent sur leurs infrastructures réseaux pour mieux centraliser équipements et applications. Gestion de la performance et e-Administration les obligent à mettre en place des référentiels communs et à penser urbanisation du système d’information.
01 Informatique
le 05/03/2008 à 15h20
sommaire
Voir tout sommaire
L’importance donnée à l’informatique dans les collectivités locales varie selon leur taille et l’intérêt que portent les élus et la direction générale au sujet. D’après le cabinet Markess International, en 2007, ces collectivités ont consacré 2 % de leur budget (salaires de la DSI inclus) aux TIC, un chiffre beaucoup plus faible que dans le privé.
En général, elles perçoivent encore l’informatique comme un coût. Mais les plus en pointe commencent à se poser la question de son efficacité. Pour l’évaluer, il faut mettre en place des logiciels de gestions de parc et d’intervention, un système de help desk qui centralise les demandes… Le cabinet Ineum Consulting, fin 2007, a mené avec l’Afigese (Association finances gestion évaluation des collectivités territoriales) une étude sur l’efficience des DSI. Il en ressort, qu’en moyenne, un agent appartenant à la direction informatique d’une collectivité gère 40 postes, avec des écarts importants puisque ce ratio est de 25 pour les conseils régionaux et de 57 dans les communautés d’agglomération. Les délais d’intervention sur une panne bloquante sont de deux à trois heures dans les villes et jusqu’à dix heures dans les conseils régionaux. “ Si une DSI a des chiffres très éloignés de ces ratios, elle doit s’interroger sur le niveau de qualité de service délivré à ses utilisateurs ”, estime Alain Chagnaud, consultant en charge de l’enquête.
Les trois quarts des grandes collectivités ont des correspondants informatiques dans les directions métier, qui favorisent une meilleure définition des besoins des usagers. Cependant, beaucoup font de l’assistance bureautique plutôt que de l’assistance à maîtrise d’ouvrage…
“ Actuellement, près de 90 % des directions métier voient leur DSI comme un prestataire de service ”, note Bernard Méliet, directeur du pôle collectivités territoriales au sein du cabinet Mazars. Pourtant, moins d’un quart des DSI a signé un contrat de services avec les directions utilisatrices, comme l’a fait le Grand Lyon. Et peu de directions informatiques mènent régulièrement des enquêtes de satisfaction. Nantes Métropole fait figure de pionnière : sa DSI a systématisé l’envoi d’un questionnaire après chaque installation de poste ou dépannage et réfléchit à la façon de mesurer la satisfaction des utilisateurs sur les projets informatiques.
La mutualisation des services informatiques est un autre moyen d’accroître son efficience. Plusieurs mairies, par exemple, peuvent utiliser des serveurs communs pour héberger leurs applications. La DSI d’une intercommunalité ou d’une ville centre peut proposer l’intervention de son équipe aux collectivités plus petites. Mais souvent ces mutualisations, si elles sont facilement réalisables techniquement, n’aboutissent pas pour des raisons politiques : certains élus ont peur de perdre une partie de leur pouvoir. L’externalisation n’est pas non plus dans la culture des collectivités. Elle devrait cependant progresser car l’e-Administration introduit des enjeux de continuité de service que les collectivités ne peuvent assurer en interne. Par ailleurs, les développements sont de moins en moins effectués par la DSI, et “ de plus en plus de prestations sont externalisées de façon très progressive et sans licenciement : un agent qui part n’est pas toujours remplacé ”, note Alain Chagnaud. Les DSI doivent donc apprendre à gérer des prestataires et à les contrôler. Des compétences qui leur font encore souvent défaut.
Des projets d’externalisation qui avancent