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Dynamiser son site avec les outils du web 2.0

Des blogs aux univers Netvibes, en passant par les clients riches internet Flex et Ajax, les entreprises n'ont que l'embarras du choix pour réorganiser leur site en fonction des besoins des internautes.

Alors que le web 1.0 était organisé autour des émetteurs de l'information entreprises, marchands, fournisseurs de services, etc., le web 2.0 réorganise progressivement les contenus autour des individus. Ce recentrage s'appuie sur de nouvelles technologies telles que les systèmes de création d'applications composites comme Netvibes, les flux RSS, les blogs, les interfaces DHTML-Ajax... Selon le cabinet d'analyse américain Changewave, 24 % des entreprises utilisent déjà l'une de ces technologies, et 39 % s'apprêtent à le faire. Tour d'horizon des techniques disponibles pour faire évoluer son site vers le web 2.0... sans tout casser !

L'enjeu : faciliter l'accès l'information

Pour fidéliser ses lecteurs, ' il faut leur offrir plus de services en ligne plus agréables à utiliser ', estime Bertrand Gié, directeur délégué des nouveaux médias au groupe Figaro. Le journal a donc créé, Monfigaro, un service web reposant sur la technologie Netvibes. Chaque internaute peut y personnaliser le quotidien en ligne en rassemblant sur une seule page tous les contenus de son choix : articles, blogs, comptes e-mail et de messagerie instantanée, etc. Par défaut, Monfigaro propose des contenus liés à l'actualité. ' En ce moment on peut, par exemple, suivre les élections américaines ', poursuit Bertrand Gié.
' Pour augmenter le trafic d'un site, rien de tel que de dupliquer une partie de ses contenus et services sur des plates-formes comme Netvibes et Facebook, mais aussi via des flux RSS ', conseille Jérémy Chatard, directeur technique de Breek.fr, une SSII spécialiste du web 2.0. La ville de Grenoble, Le Monde, AlloCiné.com, La Fnac, Les Echos et bien d'autres entreprises ont, elles aussi, créé un univers ou des widgets dans Netvibes. La SNCF propose, par exemple, un widget qui concentre toutes les fonctionnalités de réservation d'un train ; la Fnac l'agenda des spectacles vendus par sa billetterie. Quant aux flux RSS, ils permettent de fidéliser l'audience et de doper les ventes. ' C'est un nouveau canal d'information qui permet aux internautes de se tenir informés en temps réel sans avoir à se connecter sur notre site. Dans notre cas, il s'agit des promotions et des offres de dernière minute pour les voyages ', explique Florence Godino, chargée de projet chez Expedia.fr. La SNCF a, elle aussi, retenu RSS pour la capacité à pousser ses promotions à la fois vers des lecteurs RSS traditionnels, mais également vers la page d'accueil personnalisée de l'internaute : Netvibes, iGoogle...
Avec le haut débit, les internautes recherchent également plus de contenus multimédias. Plutôt que de publier simplement des vidéos sur son site, France 5 a donc épousé très tôt le modèle participatif du web 2.0. La chaîne publique permet effectivement aux enseignants de partager leurs bonnes pratiques pédagogiques au travers d'un rendez-vous audiovisuel hebdomadaire. ' Les professeurs peuvent créer ou mettre à jour leur blog en utilisant l'ensemble des vidéos mises à disposition sur le site Education.france5.fr ', décrit Franck Metcheliakoff, responsable du pôle des développements internet de la chaîne. Prenant une part active dans la vie du site, les internautes en deviennent les promoteurs. Pour augmenter le taux de participation des enseignants, France 5 a refondu l'interface utilisateur de ses sites avec Flex, la technologie de client riche internet (RIA) d'Adobe. ' Flex permet de présenter plus facilement différents médias texte, photo et vidéo sur un seul écran. La navigation est désormais plus simple, plus fluide et plus intuitive ', explique Bertrand Alaime, responsable RIA chez Unilog, la SSII qui a accompagné France 5.
Convaincu par le modèle participatif du web 2.0, la SNCF a ouvert le blog l'Ecocomparateur.typepad.fr pour recueillir les idées et les suggestions des utilisateurs de son évaluateur écologique. Elle a également retenu l'architecture d'échange de données Ajax pour améliorer l'ergonomie de son système de réservation. ' La saisie de son identifiant Grand Voyageur et le choix de sa place ne nécessitent plus de rafraîchir l'intégralité de la page ', détaille Corinne Brunel, directrice de l'édition logicielle de VSC Technologies, filiale du groupe Voyages-sncf.com.

Les gains : une valorisation en termes d'image

Tous ces projets étant récents, il est encore difficile d'évaluer les gains générés. Dans le cadre d'une refonte ergonomique et d'un recours à la vidéo en ligne ' les bénéfices sont surtout pour l'utilisateur qui se trouve face à des services plus faciles d'utilisation, plus riches et plus intuitifs ', estime Franck Metcheliakoff. Mais ' il y a également un bénéfice d'image quand on est précurseur. Nous avons lancé notre service Monfigaro en même temps que celui du NewYork Times, à un moment où nos lecteur sont été agréablement surpris par notre capacité à innover ', explique Bertrand Gié.

La mise en ?"uvre : bien penser l'architecture

Paradoxalement, le développement de ces nouveaux services ne demande pas toujours un effort conséquent. ' Nous avons développé notre service Monfigaro avec Netvibes en quelques semaines ' indique Bertrand Gié. Florence Godino d'Expedia.fr fait le même constat : ' Nous avons créé nos trois widgets Netvibes, en interne, en moins d'une semaine '.Leur conception pour Netvibes est rapide car elle s'appuie sur du code XHTML standard. Et comme les widgets de Netvibes sont portables grâce à la norme Universal Widget API (UWA), il n'est pas nécessaire de maintenir une version spécifique pour chaque plate-forme. Ils fonctionnent par défaut sur iPhone et Mac OS X, iGoogle, Windows Vista, Opera, etc. La plupart des widgets de ' flux ' sont alimentés par un simple fil RSS. Il faut donc sur tout faire attention à bien architecturer ses flux de contenu set à bien dissocier les données de leur mise en forme. ' Une même actualité sera, par exemple, affichée sur notre site Le Figaro.fr, reprise au sein d'un flux RSS consommé dans le lecteur RSS, mais aussi au sein de la page personnalisée Monfigaro ', explique Bertrand Gié. La création d'un flux RSS est désormais intégrée par défaut par les principaux frameworks de développement .Net, JavaEE, PHP, Rails, etc. et de gestion de contenus : Drupal, eZPublish, etc.
La création de services plus interactifs repose souvent sur une architecture Rest qui se limite à l'appel d'une URL sur le serveur de l'entreprise. L'appel s'effectue lui-même au sein d'un conteneur (UWA par exemple) qui prend en charge une partie de l'habillage graphique et des comportements du composant (réduction en icône, paramétrage du flux de données, etc.). ' Lors de la phase de conception, des compétences d'architecture sont nécessaires. Le prestataire ou l'équipe interne doit bien maîtriser les concepts du web 2.0 ', conseille Corinne Brunel. Lors de la mise en?"uvre technique, une véritable expertise de la programmation Javascript et des contraintes liées aux navigateurs est incontournable. Il faut également une bonne connaissance des techniques de modélisation et de programmation orientées objet pour le back office. ' Cela permet de choisir judicieusement son framework DHTML-Ajax, notamment en fonction des performances et des fonctionnalités attendues ', poursuit Corinne Brunel. D'autre part, le principe du web 2.0 étant de recentrer le service autour de l'utilisateur, il est indispensable d'avoir de fortes compétences en ergonomie.
La vidéo à la demande nécessite, quant à elle, que peu d'investissement pour démarrer. Le Figaro utilise, par exemple, les services de diffusion de la plate-forme grand public Dailymotion. ' Cela accélère la mise en ?"uvre en attendant de devoir recourir à un hébergement spécifique ', estime Bertrand Gié. Le quotidien s'est cependant équipé d'un véritable studio vidéo pour améliorer la qualité de ses contenus.

Les écueils : surtout d'ordre organisationnel

Lorsque l'entreprise ne dispose pas des bons profils en interne, le choix du prestataire est particulièrement critique dans un domaine aussi émergent. Et une vision d'ensemble ainsi que le respect scrupuleux des bonnes pratiques architecturales sont indispensables pour pouvoir faire évoluer l'existant. Mais les principaux écueils ne sont pas techniques. ' Ils sont surtout d'ordre organisationnel et conceptuel ', constate Bertrand Gié du Figaro. La technologie évolue en effet très vite et bouleverse le rôle de chacun dans l'équipe technique. ' Il faut aussi comprendre le potentiel de ces technologies pour créer les services adaptés aux besoins des internautes ', ajoute Corinne Brunel de VSC Technologies. Enfin, si elle n'est pas impossible, ' la mesure homogène et centralisée de l'audience des différents services et flux RSS éclatés sur différentes plates-formes partenaires nécessite elle aussi un effort lors de la conception ', indique Bertrand Gié.

Les 4 entreprises étudiées

Activité : agence de voyage en ligne.
Siège : Paris (75).
Effectif France : 350 personnes.
Volume d'affaires 2006 : 17,2 Md$ (Expedia, Inc).

Problème à résoudre : permettre aux voyageurs réguliers de se tenir facilement informés des promotions du voyagiste. Leur permettre de s'exprimer pour mesure plus finement leurs attentes.

Solution déployée : blog, interface DHTML Ajax, flux RSS, widget Netvibes. Coût du projet : confidentiel.

Activité : chaîne de télévision publique.
Siège : Issy-les-Moulineaux (92).
Effectif : 253 équivalents temps plein.
CA 2006 : 189,9 M d'euros.

Problème à résoudre : publier les contenus multimédias riches (vidéo, texte et image) produits par les utilisateurs du site.

Solution déployée : création d'un module d'affichage et d'un module de publication en Flex-Flash. Coût du projet : confidentiel.

Activité : groupe de presse.
Siège : Paris (75).
Effectif : 1 870 personnes.
CA 2006 : 630 M d'euros.

Problème à résoudre : fidéliser l'audience internet tout en améliorant l'image du groupe Figaro

Solution déployée : création d'un univers Netvibes (Monfigaro) intégré au site Le Figaro.fr, ajout de de flux RSS et de vidéos en ligne sur Le Figaro.fr. Coût du projet : quelques de charge.

Activité : entité en charge de la partie informatique du site Voyages-sncf.com.
Siège : Levallois-Perret (92).
Effectif : 110 personnes.
CA 2006 : 25 M d'euros.

Problème à résoudre : faciliter le processus de réservation et stimuler les ventes.

Solution déployée : amélioration de l'ergonomie du site (interface DHTML-Ajax et flux RSS.) mise en oeuvre d'un blog et création d'un widget Netvibes. Coût du projet : environ 200 jours/homme.

Des interfaces pour un accès sur mesure aux contenus

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En proposant un lieu d'échange moins formel que le site institutionnel de l'entreprise, le blog encourage les internautes à participer à la définition des services en ligne de l'entreprise. Cette proximité garantit un retour utilisateur optimum.

Un travail d'architecture est nécessaire pour pouvoir rendre un même contenu ou service accessible sur différentes plates-formes. Il faut notamment créer des services Rest et exposer le contenu au format RSS. Si les échanges Ajax commencent à entrer dans les m?"urs, la création d'applications composites complexes et l'exposition des données et traitements nécessitent une réflexion de fond qui est encore trop rarement menée par les prestataires.

L'usager peut choisir la façon de consommer les services et de consulter les contenus de l'entreprise : accès au site, lecture d'un flux RSS via Netvibes, ajout d'un gadget sur son bureau Vista, etc. Cette souplesse fidélise les utilisateurs. La norme Universal Widget API (UWA) s'impose peu à peu, garantissant la portabilité des widgets sur toutes les plates-formes de l'utilisateur : iPhone, iGoogle, Netvibes, Mac OS X, Vista...

Le recours à une interface DHTML-Ajax ou à une technologie telle que Flex améliore le confort de l'utilisateur. Plus ergonomique et plus réactive, l'interface peut également diffuser du multimédia : audio, vidéo, etc.

Florence Godino (Expedia.fr) : ' Netvibes rend les flux RSS plus attractifs '

' Nous proposons 3 widgets pour Netvibes depuis novembre 2006. Ils affichent le contenu de nos flux RSS qui diffusent nos promotions et bonnes affaires. Ce format est très pertinent dans notre cas car l'internaute n'a ainsi aucun effort à faire pour se tenir au courant des dernières offres. Il peut même personnaliser et filtrer le contenu des flux RSS. L'e-mailing est plus intrusif et fastidieux pour l'internaute. D'autre part, Netvibes simplifie la gestion des flux RSS pour le commun des mortels tout en les rendant plus attractifs grâce à son habillage. L'usage des widgets Netvibes et des flux RSS reste encore confidentiel, mais notre objectif n'est pas encore de faire du volume. Nous cherchons plutôt à nous différentier et à améliorer notre image de marque auprès d'un public particulier. '

Franck Metcheliakoff (France 5) : ' privilégier l'ergonomie avec les interfaces riches '

' Le contenu de plusieurs espaces de nos sites fiches d'activité, etc. est produit directement par les internautes. Pour que ce modèle participatif cher au web 2.0 fonctionne, nous avons porté un soin particulier à l'ergonomie. Les modules de saisie sont, par exemple, développés avec la technologie Flex d'Adobe. L'ajout d'une vidéo et des informations associées ne nécessite ainsi qu'un seul écran, rendant la saisie moins fastidieuse. En HTML, elle aurait nécessité plusieurs pages de code, donc plusieurs allers-retours sur le serveur. Flex facilite aussi l'affichage des vidéos. Pour un site fortement multimédia, c'est un choix cohérent car les flux de ce type sont gérés depuis longtemps avec la technologie Flash d'Adobe. Cela permet également de bien dissocier les rôles dans l'équipe projet. '

Bertrand Gié (Le figaro) : ' après Netvibes, nous envisageons Facebook '

' La création de Monfigaro nous permet de fidéliser nos lecteurs en leur apportant un service fortement personnalisé. Ils peuvent, en effet, ajouter nos widgets à leur page d'accueil personnalisée pour disposer de nos articles et vidéos en même temps que leurs e-mails, leur météo, etc. Un tel niveau de service valorise l'image du Figaro. Notre mission est de diffuser au maximum les contenus des rédactions. Après Netvibes, la publication de nos vidéos sur Dailymotion et l'ajout de flux RSS au site LeFigaro.fr, nous envisageons d'étendre encore notre diffusion à d'autres plates-formes telles que Facebook. L'important n'est pas de concentrer le trafic, mais au contraire de s'appuyer sur les technologies du web 2.0 pour rendre le contenu disponible là où l'internaute souhaite le trouver. '

Corinne Brunel (VSC Technologies (SNCF)) : ' nouer le dialogue grâce aux blogs '

' Nous utilisons les technologies du web 2.0 pour faciliter la vie des internautes. Outre l'amélioration de l'ergonomie du site Voyages-sncf.com grâce à DHTML-Ajax, nous avons créé un widget basé sur UWA. Il permet aux internautes de réserver un billet de train depuis leur bureau Mac ou Windows, ou depuis les pages d'accueil personnalisées de Google et de Netvibes. Pour nouer un véritable contact avec nos clients, nous avons aussi créé le blog l'Ecocomparateur.typepad.fr. Les internautes s'y expriment librement sur notre service de comparaison écologique entre le train, l'avion et la voiture. Depuis son lancement, en octobre 2006, les retours d'expérience sont très intéressants. Nous étudions donc la possibilité de déployer de nouveaux outils communautaires wiki ou blog. '

2 questions à l'intégrateur : Bertrand Alaime, responsable RIA chez Unilog Management)

Quelles sont les technologies web 2.0 les plus utilisées en entreprise ?

' Ce sont, sans aucun doute, les fonctionnalités communautaires : flux RSS, blog, plate-forme contributive wiki et web TV. Elles donnent à l'internaute le sentiment de participer et d'agir sur l'information. Et ont l'avantage d'ouvrir sa perception sur ce qu'amène désormais le client riche : des interfaces plus interactives, fonctionnellement plus évoluées où s'enrichissent des informations provenant de sources multiples. '

Le web 2.0 est-il l'interface utilisateur des SOA ?

' Oui. Nos clients qui réussissent le mieux ce type de projets sont ceux qui ont mis en place une architecture orientée service. C'est un prérequis si on veut permettre aux utilisateurs de réorchestrer les services de l'entreprise en fonction de leurs besoins, ce qui arrive qu'on le veuille ou non par le web 2.0. Il faut nécessairement ouvrir les services de lentreprise (API), en les ciblant, vers le web. '

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