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01net. : Le Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens a décidé de créer un syndicat de branche en marge du Munci. Pourquoi ?
Régis Granarolo : Samedi dernier [29 mars, NDLR], lors de notre dernière assemblée générale, le Munci a opté à la majorité des voix pour la résolution suivante : le Munci en tant qu'association loi 1901 est maintenu pour l'ensemble des informaticiens et pour ceux qui veulent le devenir, mais une structure syndicale distincte – loi 1884 – est créée pour l'ensemble des salariés et des indépendants des entreprises de prestations intellectuelles – études, conseil, ingénierie, informatique… – relevant de la convention du Syntec.
Quel est l'objectif de cette nouvelle structure ?
Sur le long terme, nous souhaiterions être le pendant du Syntec informatique, pour les salariés et les indépendants. Le but serait de fédérer les salariés et les indépendants des entreprises de prestations intellectuelles et, notamment, de défendre les intérêts collectifs chez les prestataires de services informatiques et de tous “ les métiers du savoir ”.
Pourquoi créer un nouveau syndicat de branche ?
Au bout de quatre ans, nous subissons certains blocages dans notre évolution – communication institutionnelle, aides financières, entre autres – à cause de notre statut associatif. Nous voulons rechercher, d’une part, une meilleure cohérence entre nos objectifs, notre communication et notre statut juridique, avec notamment la possibilité d’agir en justice.
D'autre part, nous voulons participer aux négociations collectives et aux accords d’entreprises (à terme, du moins). Pour ce faire, il nous fallait tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, un statut de syndicat professionnel. Celui-ci nous permettra de mieux défendre les intérêts collectifs de nos professions.
Comment va-t-il fonctionner ?
Nous avons voulu, au départ, avoir deux entités distinctes, l'association et le syndicat. Mais c'est une expérimentation. Dans un an ou deux, nous ferons le point. Peut-être déciderons-nous alors de fusionner le tout. Par ailleurs, nous réfléchissons d'ores et déjà à l'opportunité de nous rapprocher d'autres syndicats professionnels. Nous avons, par exemple, établi des contacts avec l'un des membres de l'Unsa, l'Union nationale des syndicats autonomes.
Quels seraient les missions de cette nouvelle structure syndicale ?
Dans l'esprit de ce que fait le Munci, elle travaillerait à défendre les intérêts collectifs de la profession sur le plan économique et social, par exemple en travaillant sur un meilleur encadrement de la prestation de services, et de l'externalisation notamment. Elle pourrait aussi intervenir dans l'assistance juridique pour aider ses membres à devenir des délégués syndicaux ou du personnel, etc.
Les informaticiens n'ont donc pas, à vos yeux, le sens du collectif ?
Le taux de syndicalisation dans la branche Syntec plafonne à moins de 0,5 % selon notre estimation, contre 5 % sur l’ensemble du privé… Il s’agit peut-être de la branche professionnelle la moins syndicalisée de tous les secteurs d’activité ! Les raisons principales sont la jeunesse du secteur, la jeunesse et l'isolement des collaborateurs, la très faible culture syndicale des cadres, davantage portés sur l’individualisme professionnel, etc.
A l'inverse, du côté des associations et des syndicats patronaux, il n’y a jamais eu autant de mobilisation ! Le Syntec a enregistré 345 nouvelles recrues en 2007. Le rapport de force, le lobbying, est ainsi de plus en plus inégal entre les salariés et nos dirigeants… mais les salariés n’en ont pas suffisamment conscience ! A terme, les conséquences peuvent être réellement dramatiques pour le monde du travail, pour les droits des salariés, pour les rapports sociaux…
L’enjeu est donc de démontrer aux informaticiens et aux prestataires de services, d’une part, que leur individualisme professionnel est une grave erreur – nos dirigeants l’ont bien compris eux – et, d'autre part, que leur carrière sur le plan individuel passe aussi par la défense collective des intérêts de nos professions, avec leur participation sur le terrain.


















