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Un coût parfois élevé pour un label à durée souvent limitée

En France, les informaticiens restent circonspects vis-à-vis des certifications fournisseurs, moins cotées que les diplômes. Le coût reste l'obstacle majeur, d'où l'intérêt, pour les salariés, de faire participer l'entreprise. D'autant que la pérennité de la certification n'est pas garantie.

C'est un fait : les informaticiens français ont un goût moins prononcé pour les certifications que leurs collègues anglo-saxons. Une exception culturelle en partie due à la différence de niveau de formation initiale, plus élevée dans l'Hexagone, comme l'explique Laurent Garnier, du cabinet de recrutement Elan IT. ' En France, 70 % des informaticiens affichent un niveau bac+4 ou bac+5. Aux Etats-Unis et au Canada, la majorité d'entre eux est de niveau bac+2 ou bac+3, d'où l'importance de ces labels. '
Les Français rechignent à mettre le pied dans ces systèmes de tests à 150 euros l'unité en moyenne. ' Cela demande de la motivation et de l'argent ', confirme Louis-Guillaume Morand, informaticien en SSII, qui s'est débrouillé tout seul pour obtenir plusieurs certifications Microsoft et Cisco. ' Au coût de l'examen, il faut ajouter celui de l'ouvrage d'autoformation (de 40 à 60 euros). Sans compter le temps passé à réviser. ' Un investissement conséquent, surtout lorsqu'on vise les niveaux supérieurs de certification, qui nécessitent le cumul de plusieurs examens.

Une remise en cause des tests

A l'Afpa, peu d'étudiants passent les tests, malgré les remises consenties dans le cadre des programmes académiques des fournisseurs dont l'association est partenaire. ' Quel est l'intérêt pour quelqu'un qui vient d'obtenir un titre professionnel de payer une certification Cisco, puisqu'il peut déjà prouver qu'il a bien acquis les compétences ad hoc ', s'interroge Paul Perez, de la direction de l'ingénierie de l'Afpa. D'autant que ' les examens Cisco sont réputés difficiles, avec un taux de réussite inférieur à 70 %... même à l'issue d'une préparation. ' Il faut dire que les principaux fournisseurs ont, ces dernières années, été sensibles aux critiques émises par la communauté informatique à l'égard des tests sous forme de QCM (questionnaire à choix multiple), accusés de favoriser le bachotage. Du coup, ils ont mieux structuré leurs filières et musclé les contenus en intégrant des mises en situation. En cas d'échec, les candidats peuvent retenter rapidement leur chance. Mais au même prix que la première fois.

Certifié pour trois ans

Même si elle est sensible, l'amélioration de la qualité des tests n'a pourtant pas gagné tout le marché. ' En France, le fait d'être certifié Microsoft ou Oracle a un sens, mais ce n'est pas forcément le cas sur d'autres technologies de niche comme le décisionnel, remarque Gaël Desbiens-Le Chevoir, responsable du pôle décisionnel de la société de conseil et d'intégration Keyrus. En outre, tous les éditeurs n'ont pas traduit leur programme de certifications ', déplore-t-il. Un écueil de taille pour les informaticiens qui maîtrisent mal l'anglais.
Egalement mise en cause : la durée de validité des certifications, liée, par nature, aux évolutions des produits et technologies. Chez Cisco, on est certifié uniquement pour trois ans. D'autres ont adopté la certification associée à une version de produit qui reste valable tant que cette dernière n'est pas complètement obsolète (des parcours de mise à niveau sont généralement proposés pour les nouvelles versions). ' Un informaticien pourra toujours se prévaloir de la technologie Windows 2000, même après le retrait des certifications au 31 mars ', soutient Laurent Pénisson, responsable formation et certification de Microsoft France. Mais tant qu'à se prévaloir d'un label fournisseur, mieux vaut évidemment ne pas trop tarder à l'actualiser, estiment les intéressés.
' Le processus de certification procède d'une double démarche personnelle et professionnelle, et devient récurrent sur le parcours global des informaticiens concernés ', observe, pour sa part, Marie Saradin, responsable RH du groupe onePoint. Avantage non négligeable pour les prestataires : les SSII étudient généralement leurs demandes de financement avec bienveillance. A condition qu'elles correspondent à un projet professionnel. Et aux besoins de l'entreprise. Une bonne occasion d'utiliser les jours acquis dans le cadre du DIF (droit individuel à la formation).

2 questions à Régis Granarolo, président du Munci

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