ne vous laissez pas manipuler ...
par openeyes, le 16/04/2008 11:32:38
je suis toujours sidéré de la facilité avec laquelle les gens peuvent se laisser manipuler, à commencer par le rédacteur de l'article, qui en oublie la réserve et l'objectivité du journalisme: déjà, "fichage" a une conotation fortement négative. Mais parle-t-on de "fichage" par la sécurité sociale, qui a elle aussi des données informatiques sur toutes les personnes, y compris les enfants - et ce, depuis la naissance -, avec des informations Ô combien plus sensibles ? Et dire que "LES" parents sont inquiets est aussi fortement abusif: même en ayant utilisé "DES" (parents), j'aurais demandé tout naturellement dans quelles proportions ... car ce qui est certain, c'est que les parents dans leur grande majorité sont avant tout demandeurs de produits numériques ( les ENT -"environnements numériques de travail"-) et les plébiscitent, afin de pouvoir dialoguer plus facilement avec l'équipe pédagogique et scolaire de l'école de leur enfant. Comment mettre en place un ENT s'il n'y a pas une informatisation de la population des élèves ?
N'en déplaise aux moutons et aux paranos qui voient des big brother partout, la base élèves n'a pas été mise en place pour "fliquer" les enfants ou leurs parents, mais bien pour aider les directeurs d'écoles dans leur travail quotidien. Demandez-leur, dans leur grande majorité, ils sont tout à fait favorable à ce logiciel ! Il y a évidemment cela dit une minorité que cela gêne, car cela nuit à la grêve administrative qu'ils font depuis plusieurs années afin de réclamer notamment des augmentations de salaire. Non pas que je sois contre le principe de cette augmentation (le travail d'un directeur d'école est lourd), mais il est regrettable de constater qu'une minorité (syndicale), voyant qu'elle ne pourrait pas protester contre cet outil officiellement parce qu'elle nuit à leur grêve, a choisi le terrain de la désinformation en détournant l'attention sur une hypothétique atteinte aux droits de l'homme ... et visiblement, ça marche: tout le monde suit de bon coeur, la chasse aux sorcières est ouverte ...
Aucun de ces prétendus arguments ne tient quand on examine sérieusement le sujet: l'article cite que "(l'EN) ne nous a pas démontré qu'il y avait besoin d'un fichier national" ... mais regardez la fiche de la CNIL, et vous verrez clairement qu'il n'y a pas de fichier national !!! Il n'y a pas une base nationale, mais *des* bases académiques: elles sont hébergées dans les rectorats, mais les données nominatives s'arrêtent à l'échelon départemental (inspecteur d'académie): au-delà (académie, ministère), seules des données statistiques anonymes sont disponibles. Les maires, quant à eux, ne disposent que des données dont ils disposent déjà, à savoir les informations d'inscriptions et d'admissions. Rien de plus. Tout ce que la base élèves leur fait gagner, c'est du temps, car ils n'ont pas besoin de faire une double-saisie.
Quant à la sécurité de la base, elle a effectivement été assez faible (juste un couple identifiant + mot de passe - mais cela dit rien de moins que ce dont on dispose par exemple pour se connecter à son compte bancaire sur internet ! -) pendant la phase d'expérimentation mais, dans les mois qui viennent, il va être déployé dans toute la France un système ultra fiable basé sur des clés OTP (one time password), distribuées à chaque directeur. Il y en a 60000 en France, c'est normal que ça ait pris un peu de temps ...
Bref, tout ça pour dire que cette base ne peut être utilisée ni à un échelon local, ni à un échelon national, pour faire la chasse aux sans-papiers. C'est simplement un outil qui cherche à moderniser et à faciliter le travail des directeurs. En 2008, on aurait pu s'étonner qu'il n'y ait pas un outil informatique pour cela.
Pour finir, et pour éviter tout troll à venir, non, je ne suis pas à la solde d'un quelconque gouvernement facho, mes préférences politiques ne vont certainement pas vers le gouvernement en place. De toutes façons, la base élèves a été un projet de longue haleine, il a débuté un peu avant 2002, si vous voyez ce que je veux dire ...
