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Il y a quelques jours, les sociétés de services Logica et EDS ont annoncé des plans de restructuration avec pertes d'emplois à la clé. L'impact social est plus grand au sein de la première qu'au sein de la seconde.
Logica, qui vient d'abandonner officiellement le nom d'Unilog en France, prévoit de réduire ses effectifs de 1 300 postes, dont 250 en France. EDS, de son côté, compte fermer trois sites dans le nord et l'est de la France, impliquant le départ de 80 salariés et le transfert de 60 autres.
Faut-il voir dans ces deux annonces concomitantes le début d'une nouvelle vague de licenciements dans l'informatique ? Pas nécessairement. Les deux plans de restructuration ont des origines et des effets très différents. Pour Logica, la suppression devrait, selon la direction, concerner principalement les fonctions de support, donc non informatiques. Le but affiché par la société est d'unifier un groupe qui s'est construit par acquisitions.
Au sein d'EDS, au contraire, les suppressions de postes touchent surtout des informaticiens. La société souhaite, en effet, se concentrer sur des grands projets d'infogérance. “ Issus du rachat d'Answare en 2002, les trois sites géraient plutôt des projets applicatifs en mode régie. Mais il n'y avait pas de vraie démarche commerciale derrière ”, explique Luc Randon, représentant syndical CFDT au comité d'entreprise d'EDS.
Ces récents cas de restructuration sont donc très liés à l'histoire et à la spécificité des deux SSII. On ne peut pas y lire un quelconque retournement conjoncturel. En revanche, la manière dont ces réorganisations sont réalisées est plus discutable. “ Ces annonces risquent d'être très mal vécues sur le marché. Nous sortons d'une année confortable. Les entreprises avaient les moyens de gérer tranquillement leurs affaires ”, estime Yvan Beraud, secrétaire national CFDT.
Selon le syndicat, le cas d'EDS est particulièrement maladroit et risque de provoquer une grogne sociale. “ Il s'agit de salariés qu'on a laissés pendant des années sur des projets qui maintenant se terminent. La direction veut donc s'en séparer, d'autant plus qu'il s'agit de personnes relativement âgées ”, précise Yvan Beraud.
L'association Munci fustige aussi ce manque de mobilité professionnelle. “ D'un côté, les SSII licencient, de l'autre, elles réembauchent des profils plus adaptés. Les entreprises ne font pas beaucoup d'efforts pour former les salariés. C'est d'autant plus étonnant que l'on arrive à former, en quelques semaines, des scientifiques à des fonctions informatiques ”, explique Régis Granarolo, président du Munci.
















