Le chiffre d'affaires des éditeurs de logiciels français en baisse en 2007
La société Truffle vient de dévoiler son Top 100 hexagonal. Le CA total de ce secteur a diminué, à cause du jeu des rachats.
01net.
le 28/04/08 à 15h35
En 2007, les éditeurs de logiciels français n'ont pas échappé à la vague de fusions et d'acquisitions partie des États-Unis. Pas moins de sept des principaux d'entre eux ont été rachetés par des acteurs étrangers plus grands
qu'eux ?" à commencer par le poids lourd du secteur, Business Objects, avalé par le géant allemand SAP en octobre dernier.
Ces sept éditeurs représentaient un chiffre d'affaires total de 1,1 milliard d'euros selon la société européenne de capital-risque Truffle, qui vient de publier, avec le cabinet d'études CXP et Syntec Informatique, le
palmarès des éditeurs de logiciels français, dominé par Dassault Système (1,25 milliard d'euros), suivi de Sopra Group (environ
1 milliard d'euros).
' Du jamais-vu. L'industrie du logiciel a connu, en 2007, la plus grosse année de consolidation, souligne Bernard-Louis Roques, le directeur général et cofondateur de Truffle Capital. Du coup
le suspense était important avant de faire cette étude : cette industrie allait-elle s'effondrer ou disparaître ? '
Rien de cela. Bernard-Louis Roques se veut rassurant : ' Le chiffre d'affaires total du classement a certes connu une baisse de 13,5 %, passant de 4,2 milliards d'euros en 2006 à seulement
3,7 milliards d'euros en 2007, mais il dépasse celui de l'année 2005. Les éditeurs de logiciels qui restent s'en sortent grâce à une croissance organique de 14 %. '
Handicaps
En matière de recherche et de développement, les éditeurs de logiciels jouent toujours un rôle moteur dans l'innovation française, avec près de 3,8 milliards d'euros investis en R&D en quatre ans.
' Les effectifs dans ce domaine (10 000 personnes environ) n'ont pas bougé par rapport à l'an dernier, alors que l'industrie du logiciel a perdu sept de ses fleurons. Cela prouve sa capacité à se
reformer ', assure Bernard-Louis Roques. Toutefois, le chemin à parcourir pour s'imposer sur le marché mondial est encore long.
L'étude révèle que, pour la moitié des éditeurs interrogés, l'enjeu principal est de s'implanter à l'étranger. Elle souligne plusieurs handicaps, comme le manque d'aide à l'exportation et l'absence d'un Small Business Act tel qu'il
existe aux États-Unis. ' En France, il favoriserait les éditeurs nationaux dans les appels d'offres publics, explique Bernard-Louis Roques. Aujourd'hui, le donneur d'ordre, en effet, favorise quasi
systématiquement les grands groupes. Ces derniers sous-traitent ensuite à des petits éditeurs, qui ne touchent qu'une faible part du chiffre d'affaires. '
Enfin, d'autres facteurs, comme le développement de l'open source, viennent secouer le modèle traditionnel ' licences-maintenance-services '. La concurrence accrue des pays émergents
pourrait aussi changer la donne : les éditeurs ne sont pas à l'abri de nouveaux concurrents situés en Inde ou en Chine.