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Comment l'informatique bancaire s'industrialise

Cherchant à réaliser des économies d'échelle, les banques françaises généralisent la mise en place de centres de services mutualisés pour gérer leurs activités de back office. Côté réseau d'agences, elles veulent mettre le client au centre de leur front office pour mieux personnaliser leurs offres et assister leurs forces commerciales.
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Les banques ont crucialement besoin de se différencier sur un marché arrivé à maturité. Avec une croissance se rapprochant de celle du PIB, le secteur bancaire français n'a pas attendu la crise du “ subprime ” pour s'essouffler. Rappelons que le taux de bancarisation avoisine les 100 %, et que le taux d'équipement bancaire dépasse sept produits par client.

Saturé, le marché français est aussi devenu fortement concurrentiel avec l'arrivée de nouveaux opérateurs (La Banque Postale, “ assurbanquiers ”, banques low cost et distributeurs) et de nouveaux services (sites de comparaison…). Et c'est sans compter sur la pression réglementaire liée aux directives européennes sur les moyens de paiements (Sepa, Single Euro Payments Area), les marchés d'instruments financiers (Mifid), le crédit à la consommation, la lutte contre le blanchiment d'argent…

S'adapter aux modes de consommation

Dans ce contexte difficile, les banques françaises continuent à investir dans leur informatique. Selon Pierre Audoin Consultants, la dépense du secteur en personnel, matériels, progiciels et sous-traitance devrait progresser cette année de 3,2 %, à 13 milliards d'euros, contre 2,7 % dans l'ensemble de l'économie. En 2007, la dépense informatique des banques (12,8 milliards d'euros) avait déjà été tirée par la sous-traitance – 4,8 milliards d'euros, dont 2 milliards de contrats d'externalisation. En 2008, ce sera encore le cas avec une progression de 5,7 % des contrats de sous-traitance et de 7,7 % des contrats d'externalisation.

Reste qu'aujourd'hui, sous la pression des analystes et de la Bourse, elles n'ont plus qu'un mot d'ordre : industrialisation. Entamée au cours des dernières années, cette industrialisation est perçue comme un levier essentiel dans l'amélioration du coefficient d'exploitation et, plus généralement, dans la maîtrise des coûts. Sa mise en œuvre revient, notamment, aux responsables informatiques et à leurs prestataires. L'industrialisation se traduit par le découplage entre les métiers de la production et ceux de la distribution, avec un alignement du système d'information vers des processus métier fluidifiés et homogénéisés. Elle aboutit à la rationalisation et la mutualisation des back office avec la mise en place “ d'usines ” spécialisées (titres, paiements, crédits) pour générer des économies d'échelle et “ variabiliser ” les coûts au sein d'un groupe ou d'une alliance entre concurrents. Une étude réalisée par Accenture montre que la réduction du coût des back office peut encore fournir cinq points de coefficient d'exploitation.

A l'autre bout de la chaîne de valeur, les banques conçoivent des modèles de distribution à la fois industrielle et flexible, adaptant leurs offres aux modes de consommation et aux besoins des clients. Ce type de distribution implique souvent un développement du self-service multicanal, la déclinaison de produits en offres ciblées et une tarification personnalisée.

Car l'industrialisation dépasse l'enjeu de maîtrise des coûts en améliorant aussi le service rendu et en diminuant le “ time to market ”. Elle concilie la logique de personnalisation du distributeur avec celle de standardisation de masse du producteur. “ Dans un premier temps, on a vu la mise en place de bus d'échange entre les usines et la distribution pour gérer la complexité des grands systèmes, estime Gérard Naoury, responsable de l'intégration de systèmes dans la finance chez Accenture. Apparaîtront ensuite des “ usines d'assemblage ” apportant la flexibilité recherchée dans la liaison entre production spécialisée et distribution. ”

L'investissement informatique résiste

Comme en 2007, la croissance de la dépense informatique devrait être plus soutenue dans le secteur bancaire (+3,2 %) que dans l'ensemble de l'économie (+2,7 %).

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