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Comment industrialiser son back office pour réduire l'impact de la directive européenne Sepa (Single Euro Payments Area) ?
Jean-Baptiste Dezard : Pour une approche a minima, on se contente de faire un état des lieux et de rechercher les régressions techniques ou fonctionnelles occasionnées par la directive Sepa. Cependant, les chantiers vont souvent plus loin en consolidant des plates-formes techniques et des applications afin de gérer l'ensemble des instruments de paiement Sepa et non-Sepa. De grands acteurs européens choisissent même de déployer des “ payment factories ” basées sur les technologies les plus récentes pour gérer des centaines de millions de transactions européennes par an. Cette approche “ orientée flux ” met en œuvre des architectures orientées services (SOA), des systèmes de gestion de processus et de règles, du suivi d'activité (BAM) et de l'intelligence économique. Elle permet d'adapter rapidement “ l'usine ” à des exigences et des offres nouvelles autour des fameux AOS (services optionnels additionnels). Grâce à l'utilisation native du format XML ISO 20022 (ou Unifi), on entrevoit une fluidité plus grande et une amélioration importante des taux de traitement automatique des paiements.
Après l'harmonisation européenne des flux de paiement, quels vont être les prochains processus fluidifiés ?
JBD : Etape majeure, cette harmonisation aboutira à une banalisation des prestations de paiements en 2010-2012 ainsi qu'à l'émergence d'une concurrence intense dans les services financiers offerts aux entreprises. On peut donc s'attendre à une nouvelle tarification, et au développement de services à forte valeur ajoutée destinés à optimiser les flux de paiements et les besoins en fonds de roulement des entreprises. Ces services automatiseront le processus commande-facturation-comptabilisation. A terme, les banques pourront totalement sous-traiter les processus de facturation et de recouvrement, ainsi que des outils de financement de la chaîne d'approvisionnement de leurs clients.
Quelle parenté entre cette chaîne d'approvisionnement émergente et l'industrielle ?
JBD : Dans la chaîne d'approvisionnement traditionnelle, des systèmes gèrent les flux de matières et les processus de transformation pour optimiser l'emploi des ressources par rapport à la valeur créée. Dans le domaine financier, des systèmes comparables pourraient donner une connaissance précise des délais, des termes et conditions régissant les relations entre fournisseurs et donneurs d'ordre, fluidifiant le processus financier sous-jacent. Avec la mise en place d'une chaîne d'approvisionnement financière (Financial Supply Chain), les parties prenantes bénéficieront d'une meilleure planification et optimiseront leur cashflow. Les institutions financières pourront gérer les encours de la chaîne d'approvisionnement, les regrouper et, pourquoi pas, les titriser en fonction de leur profil de risque.
Sur quels outils la chaîne d'approvisionnement financière pourra-t-elle s'appuyer ?
JBD : Les plates-formes de gestion financière de la chaîne logistique devront offrir une grande sécurité et une grande transparence aux acteurs. Effectivement, les décisions de financement, les tarifications et les provisions pour risques doivent tenir compte d'une évolution rapide de l'environnement. Par exemple, la plate-forme sera capable de paramétrer rapidement l'entrée en jeu d'un nouveau fournisseur ou de refléter l'évolution d'un processus. Dès lors, il semble nécessaire de mettre en œuvre des technologies de gestion de processus (BPM) et/ou de documents (ECM) en basant les décisions sur des jeux de règles métier (BRMS). Naturellement, les plates-formes s'intégreront avec les grands PGI et logiciels de gestion de la chaîne d'approvisionnement du marché. Il leur faudra aussi disposer de fonctions de scénarisation et d'optimisation pour évaluer et optimiser l'impact de nouvelles politiques sur les délais, la fiabilité et la trésorerie. Enfin, grâce à des tableaux de bord, les parties prenantes connaîtront précisément l'état de leurs flux.
Quelles seront les premières briques de cette chaîne d'approvisionnement financière ?
JBD : Avant de construire une “ usine ”, on peut assembler une solution à partir de plates-formes de paiement, de dématérialisation et de présentation de factures, avec une gestion de processus dirigée par des services de décisions à base de règles. L'ensemble doit, bien entendu, être sécurisé. Cette approche minimale autorise une grande flexibilité, facteur clé de succès pour financer efficacement Financial.
















