La grogne sur les salaires gagne EDS France
Après Capgemini, c'est au tour des collaborateurs d'EDS France d'afficher haut et fort des revendications salariales. Certains d'entre eux ont débrayé pendant deux heures.
01net.
le 29/04/2008 à 16h20
Ce mardi 29 avril, pour faire pression sur la direction, des salariés d'EDS France ont entendu l'appel de l'intersyndicale (CFTC, CFE-CGC, CGT, SUD, FO, CFDT) qui leur proposait de débrayer, ce matin, de 10 heures à midi, pendant la réunion de négociation salariale. Ainsi, sur le site de Nanterre (300 personnes) un peu plus de 70 collaborateurs (source Syndicat Sud-EDS) se sont réunis dans le hall de l'entreprise, malgré la période de congés. Un moyen d'exprimer leur mécontentement face à la politique salariale pratiquée par la société de services informatique. EDS France emploie dans l'Hexagone plus de 2 150 experts et consultants et a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 355 millions d'euros.
Cette initiative intervient après la deuxième réunion de négociation annuelle obligatoire, organisé le 16 avril dernier, chez EDS France. Au cœur des revendications, le rattrapage des salaires pour compenser la perte du pouvoir d’achat de ces cinq dernières années. “ Depuis 2003, il y a eu très peu d'augmentations et beaucoup de gens sont restés sur le carreau. Plusieurs dizaines de personnes n'ont pas été augmentées depuis six ans, explique Jean-Paul Garagnon, délégué syndical central Sud-EDS. Leur profil ? Plutôt des gens âgés aux yeux de la direction (45 ans) ayant eu des responsabilités, avec des salaires corrects, et qu'on n'envoie plus chez le client, parce qu'ils coûtent trop chers ”, estime le syndicaliste.
Concrètement, l'intersyndicale réclame une augmentation générale de 3,8 % pour 2008, pour tenir compte de l'inflation (plus de 3 % en mars 2008), mais aussi un rattrapage de salaire de 105 euros mensuels pour tous. Enfin, elle veut réduire, au moins à 30 %, les écarts qui existent entre les rémunérations de salariés qui font le même travail.
Capgemini
Fin avril, EDS avait annoncé la fermeture de trois sites dans le nord et l'est de la France, entraînant le départ de 80 salariés et le transfert de 60 autres. De telles revendications rappellent celles des salariés de Capgemini, qui ont déjà effectué plusieurs journées de grève, fin mars et début avril, pour revendiquer un rattrapage des salaires et un accord permanent garantissant le maintien du pouvoir d’achat pour tous les salariés. A ce jour, la SSII n'a pas obtenu gain de cause et l'intersyndicale devrait bientôt annoncer une journée de grève, le 15 mai prochain.