Tapis rouge pour les jeunes diplômés
La tension sur le marché de l'emploi profite aux jeunes diplômés. Ultrasollicités, les bac +5 ne comblent pas toutes les offres. Ce qui profite aux bac +2. Le diplôme reste déterminant par rapport aux compétences, mais les choses commencent à changer.
01 Informatique
le 21/05/2008 à 07h00
Selon une étude de l'ESC Pau réalisée auprès de 72 entreprises nationales et internationales de divers secteurs – énergie, industrie, services, commerce, transports et armée –, tous les dirigeants, DRH et responsables recrutement interrogés reconnaissent que ce qu'ils recherchent avant tout chez un jeune candidat, c'est sa capacité d'adaptabilité, son ouverture d'esprit et sa bonne connaissance d'autres cultures. Il semble cependant que sur le terrain, au-delà de ces traits de caractère, le niveau d'études et le type de diplôme du candidat à un premier poste sont encore, en France, des critères de sélection déterminants. Ainsi, pour un jeune diplômé bac +2, prétendre à certains postes, pourtant envisageables sur le papier, reste très difficile. Carcan culturel, méconnaissance et image trop peu valorisante de ces cursus sont autant de raisons à l'origine de la frilosité de certaines grandes entreprises. Toutefois, d'autres sociétés comme les SSII, ou plus globalement les PME, ont franchi le cap et n'hésitent plus à se tourner vers les BTS, DUT ou licences professionnelles pour satisfaire leur besoin massif d'ingénieurs. Et si dans un premier temps elles admettent que c'est sous la contrainte liée à la pénurie qu'elles ont revu leurs critères à la baisse, elles se disent finalement très satisfaites de leurs choix, les bac +2 ayant des qualités opérationnelles spécifiques adaptées à leurs besoins.
Des bac +5 peu enclins à compléter leurs études
Ce regain d'intérêt pour les diplômés de DUT, BTS ou de licence professionnelle provient aussi de la tension qui règne sur le marché du recrutement des diplômés bac +5 issus d'écoles d'ingénieurs ou de commerce. Selon l'enquête 2007 sur l'insertion des jeunes diplômés des écoles membres de la Conférence des grandes écoles, le taux net d'emploi a atteint, en 2006, plus de 85 %. Les jeunes diplômés n'éprouvent donc, au regard de ce taux, aucune difficulté à trouver leur premier emploi. Selon l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), les offres réservées aux jeunes diplômés ont enregistré une croissance de 150 % entre 2003 et 2006. En corollaire, le nombre moyen de candidatures par offre est passé de 114 à 35.
Ces tensions sur le marché de l'emploi, qui leur sont favorables, n'incitent guère les diplômés à compléter leur cursus initial. L'intérêt de poursuivre une année supplémentaire pour un jeune diplômé bac +5 tient plutôt de son désir d'acquérir une double compétence pour élargir son spectre de recherche d'emploi. Mais, selon l'enquête menée auprès des membres de la Conférence des grandes écoles, le désintérêt pour une formation complémentaire se confirme par une baisse constante, depuis trois ans, de la proportion de diplômés en poursuite d'études. De 15,56 % en 2005, elle est passée à 11,6 % en 2007. Un paradoxe au regard de l'explosion des mastères spécialisés, environ au nombre de 400 aujourd'hui, censés séduire tout particulièrement les jeunes ingénieurs.
Certaines entreprises, enfin, optent pour des profils de diplômés bac +5 à plus faible employabilité. Il s'agit de jeunes scientifiques universitaires spécialisés en biologie, physique, chimie, ou biochimie, et passionnés d'informatique. Ainsi, des SSII comme Osiatis font le choix de ce type de diplômés à qui elles proposent, dès leur embauche, des formations techniques ou fonctionnelles définies selon leurs aspirations et les besoins de l'entreprise.
L'insertion des diplômés de grandes écoles
Dans le cadre de l'enquête 2007 sur l'insertion des jeunes diplômés des écoles membres de la Conférence des grandes écoles sortis en 2006, le délai de recherche d'emploi était, pour 82 % d'entre eux, inférieur à deux mois. Les salaires d'embauche étaient à peu près les mêmes que ceux en 2005 : 32 230 euros pour les ingénieurs et 35 600 euros pour les ingénieurs en management.