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Difficile de dénicher des profils à double compétence

Les diplômés des grandes écoles restent la cible privilégiée des grands cabinets de conseils et entreprises du CAC 40. Les SSII et PME s'arrachent les diplômés issus des écoles d'ingénieurs généralistes et spécialisées malgré leur manque de connaissance métier.
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Les jeunes diplômés sortis d'une grande école dont le nom résonne comme un sésame – Centrale, Polytechnique, Supelec ou Ecole des mines de Paris – rejoignent les grands noms de la finance, de l'industrie ou un cabinet de conseil international. Accenture, McKinsey, Capgemini, HSBC, Alcatel, Bouygues, ou Axa, ces entreprises du CAC 40, font le plein de leurs jeunes recrues au sein de ces établissements. Les candidats apprécient les perspectives d'évolution, l'opportunité de s'expatrier dans l'une des filiales du groupe et, bien sûr, les conditions salariales réputées très alléchantes offertes par ces multinationales. Les jeunes diplômés issus de l'Insa (Institut national des sciences appliquées), l'Ensam (Ecole nationale supérieure des arts et métiers), l'Ecole d'ingénieurs généraliste EPF, ou l'Esiee (Ecole supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et électronique) sont, eux, fortement sollicités par les grandes sociétés, y compris celles du CAC 40 lorsque elles n'ont pas rempli leurs quotas de jeunes ingénieurs, mais aussi par les PME et les SSII.

Quant aux ingénieurs frais émoulus d'établissements plus spécialisés tels que Supinfo, l'Epita, les Ensi (Ecoles nationales supérieures d'ingénieurs), l'Epitech (Ecole pour l'informatique et les nouvelles technologies), l'Insia (Institut supérieur d'informatique appliquée), ils sont essentiellement sollicités par des SSII et des éditeurs de logiciels aux besoins très importants en ressources immédiatement opérationnelles.

Les acquis techniques et fonctionnels indissociables

Les entreprises recherchent des ingénieurs aux doubles compétences : techniques et fonctionnelles. Mais au dire de plusieurs DRH, les jeunes diplômés présentent souvent un déficit de connaissances métier. “ Ce qui est regrettable, insiste Nathalie Choux, DRH de la société de service Micropole-Univers, car nos clients attendent de nos ingénieurs qu'ils soient capables de comprendre leurs domaines fonctionnels et de dialoguer avec les différentes directions opérationnelles de l'entreprise. ” Ainsi les problématiques du système d'information ne peuvent dissocier les parties techniques et fonctionnelles. Un informaticien qui ne maîtrise pas le contrôle de gestion aura des difficultés à appréhender un projet de mise en place d'un outil de reporting financier. D'où l'intervention de plus en plus précoce des entreprises et des SSII dans le cursus des écoles d'ingénieurs afin de les sensibiliser à ces aspects fonctionnels ainsi qu'à la dimension managériale, aptitude que les employeurs recherchent de plus en plus.

Les compétences techniques sont toujours fortement demandées. Les entreprises s'arrachent, à grand renfort d'opérations de séduction, les développeurs spécialistes des technologies Java ou JavaEE, .Net, les spécialistes réseaux ou sécurité. Conscientes qu'un stagiaire peut devenir un candidat au recrutement, les sociétés n'hésitent plus à cueillir les étudiants dès leur deuxième année d'école, chose qu'elles ne faisaient pas auparavant, estimant trop peu rentables de telles opérations. “ Encore faut-il veiller à la qualité des missions qui leur sont proposées et prévoir un réel accompagnement tout au long de cette période ”, prévient Brigitte Eglem, DRH chez EDS.

Les grandes entreprises sont les plus accueillantes

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Sans surprise, les moyennes et grandes entreprises (plus de 500 salariés) emploient majoritairement les diplômés de grandes écoles d'ingénieurs et de management.

2 questions à… : Philippe Kron, cofondateur de Iquesta.com, site de recrutement des jeunes diplômés

La culture propre à chaque école peut-elle freiner l'intégration dans certaines structures ?

“ Les écoles se distinguent par leurs programmes de formation (dominantes, rythme, associations, localisation, etc.). Il arrive parfois que les établissements formatent leurs élèves en les préparant à intégrer un type de structure plutôt qu'un autre. ”

Les entreprises sont-elles adaptées aux aspirations des jeunes diplômés ?

“ Les attentes des candidats sont différentes. Certains souhaitent travailler dans un environnement très organisé, sur des projets pointus, d'autres préféreront des structures plus petites et plus souples, aux missions variées. Nous sommes très attentifs à la diversité des propositions sur notre site, tant à leur contenu qu'à la taille des structures qui proposent ces emplois. ”

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