Compléter un cursus court, un atout sur le long terme
Le niveau bac + 2, qui donne un titre de technicien, ne suffit pas pour intégrer une grande entreprise ou faire du management. Les possibilités d'évolution sont plus ouvertes chez les PME et les intégrateurs.
01 Informatique
le 21/05/2008 à 07h00
Actuellement, en entrant directement sur le marché du travail, un diplômé bac +2 en informatique trouve rapidement un poste. Les opportunités d'expériences et la possibilité de consolider son CV ne manquent pas. Par ailleurs, les niveaux de rémunération sont aujourd'hui assez confortables pour un tel niveau d'études, et se sont améliorées depuis cinq ans. Mais attention ! “ Ce n'est pas parce que le contexte est favorable pour trouver du travail qu'il faut arrêter ses études. Quoi qu'il arrive, un bac +2 se fera toujours doubler par un bac +5, à moins qu'il ne se présente que sur des postes de techniciens, prévient Axel Tannières, consultant en recrutement chez Antarès Informatique. Quand ils veulent évoluer, les bac +2 traînent leur faible niveau de diplôme toute leur vie. ” Cette affirmation est violente mais se vérifie tous les jours… Arrêter ses études à un niveau DUT ou BTS pour entrer immédiatement dans le monde du travail est tout à fait honorable. A l'origine d'ailleurs, ces diplômes sont faits pour cela : former des gens immédiatement opérationnels. Cependant, avant de prendre cette décision, mieux vaut être pleinement conscient des répercussions qu'aura ce choix sur son évolution de carrière.
En restant à un niveau BTS et DUT, le jeune diplômé prend le risque de rester un simple technicien. Par ailleurs, s'il veut travailler dans une grande entreprise, il doit savoir que le niveau d'études fait la différence. Bien souvent, un bac +2 sera au mieux technicien supérieur, et contrairement aux cadres, aucun programme RH ne se préoccupera de son évolution de carrière. Dans les grands groupes, ce niveau rentre également en ligne de compte pour le calcul des salaires. “ Un bac +2, s'il a bien valorisé ses trois premières années d'expérience, arrive à un salaire d'embauche d'un débutant bac +5. Ensuite, l'écart va se creuser. Et il devient très compliqué pour un bac +2 de dépasser le plafond de 40 000 euros par an ”, estime Eric Ménard, directeur de la division informatique de la société d'intérim Page Personnel. Il est également quasiment impossible d'aller vers le conseil avec un tel niveau.
La production plus ouverte que le développement
Quelques nuances, cependant. Les petites entreprises privilégient la polyvalence et la débrouillardise à la formation initiale. Les intégrateurs réseaux et informatique, eux, regardent les compétences techniques pour évaluer le candidat plus que son niveau de diplôme. Chez Telindus, par exemple, un certain nombre de techniciens deviennent ingénieurs “ maison ”. Par ailleurs, “ un bac +2 avec quatre à cinq ans d'expérience peut faire une validation des acquis l'expérience (VAE) pour devenir ingénieur ”, rappelle Fabienne Guillou, DRH de l'intégrateur. Alfredo Montero, responsable du bureau parisien d'Adecco Experts spécialisé IT, constate que “ le monde de la production semble plus ouvert aux évolutions de carrière des bac +2 que le monde des études du développement. Peut-être parce que la concurrence des ingénieurs y est moins importante ”.
Beaucoup de titulaires de BTS et de DUT poursuivent aujourd'hui leurs études. Certains évoquent le pourcentage de 50 à 60 % des promotions qui continueraient mais il n'existe pas de chiffres officiels. Christian Darantière, délégué à l'Afij (Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés), estime que rentrer à l'université est plus facile pour les DUT que pour les BTS. Selon lui, les licences professionnelles sont plus accessibles que les masters. Cependant, “ quitte à poursuivre des études, un bac +2 à tout intérêt à aller jusqu'au bac +5, qui équivaut à un niveau d'ingénieur. Un niveau bac +3 ne donnera qu'un titre de “ technicien + ”. Un statut intermédiaire, qui est souvent mal vécu ”, estime Fabienne Guillou. On en revient donc toujours à la même conclusion : bac +5, la voie royale…
Les techniciens sont plus sensibles à la conjoncture que les ingénieurs
Quelle que soit la période, les techniciens au chômage se voient toujours proposer moins d'offres d'emploi que les ingénieurs. Ainsi, à la fin 2007, un bac +5 bénéficiait de deux fois plus de possibilités qu'un bac +2, comme le montre la courbe du ratio offres/demandes d'emploi supérieur à 1 depuis 2006.