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Réduire le temps de réponse des applications

L'optimisation de trafic n'est pas une solution miracle. Il faut d'abord inspecter le trafic réseau, identifier le problème, puis fixer des priorités. Le déploiement de la solution technique intervient éventuellement après.

Données métier, bureautique, messagerie, navigation internet, téléphonie sur IP : ces trafics empruntent désormais le même réseau IP. Or ils n'ont pas les mêmes contraintes. Les uns, comme le transfert de fichiers, ont besoin de beaucoup de bande passante mais ne sont pas sensibles aux temps de transfert ; d'autres, telle la voix sur IP, ont un faible débit, mais ne souffrent aucune latence ni gigue(*). Difficile de faire cohabiter ces flux en bonne intelligence. Sur le réseau local, on s'en tire grâce à la faible latence et à la large bande passante (100 Mbit/s, voire, maintenant, le Gigabit Ethernet). Mais ces conditions ne se retrouvent pas sur le réseau étendu.
D'où la nécessite d'optimiser le trafic en privilégiant certains flux, en freinant les appétits de bande passante d'autres, en réduisant la quantité de données à transmettre, en éliminant les doublons. Le but final étant de réduire le temps de réponse des applications. Car le seul juge est l'utilisateur. Pour le satisfaire, il n'y a pas de solution miracle. Chaque entreprise, chaque réseau est un cas particulier.

Les besoins : réduire les temps de réponse et la latence

Chez Eurosport, chaîne de télévision européenne et site internet sur le sport, les utilisateurs se plaignaient de temps de réponse trop long. ' Le problème est que nous ne savions pas ce qui se passait sur le réseau, avoue Pascal Delorme, responsable réseau, système et sécurité. Avant de prendre des mesures, il fallait faire le point. ' Univar, distributeur mondial de produits chimiques, connaissait aussi le même problème. ' Le partage de fichiers CIFS donnait des soucis, rappelle Jacques Hallereau, IT Infrastructure Manager. Les utilisateurs distants attendaient jusqu'à 90 secondes pour ouvrir un fichier Excel. La situation a empiré lorsque nous avons lancé un projet de PGI SAP. Les responsables du projet étaient à Bruxelles et leurs serveurs à Paris. ' Pour d'autres sociétés, c'est le souci de sécurité qui incite à l'optimisation de trafic. Il y a un an et demi, Cdiscount, le site de commerce en ligne implanté à Bordeaux, a élaboré un plan de reprise d'activité (PRA) en installant un site de réplication de sa base de données à Paris. Or ' malgré le lien à 100 Mbit/s de Waycom Interlan, les deux sites ne parvenaient pas à se synchroniser en temps réel, explique Damien Cazenave, administrateur réseau chez Cdiscount. En cas de pépin à Bordeaux, le temps que le site de Paris reprenne la main, nous ne voulions pas perdre quatre heures de commandes. ' Il arrive aussi qu'une solution d'optimisation de trafic ne soit plus adaptée, suite à la complexité grandissante du réseau. C'est le cas chez EADS Astrium, constructeur européen de satellites. Au début des années 2000, il avait adopté pour une solution de compression fournie par Peribit. Il s'agissait de faire passer le plus de trafic possible sur un lien à 10 Mbit/s entre les sites français et allemand. Les boitiers ont rempli leur rôle, mais ' depuis, le nombre de sites a augmenté - 16 aujourd'hui à travers l'Europe - et, surtout, la visioconférence a été développée pour limiter le nombre de voyages, précise Christian Pégorier, responsable réseau. Or la compression n'est d'aucune utilité pour les trafics temps réel comme la voix ou la visioconférence. De plus, les solutions déjà en place géraient mal les flux maillés. ' Il fallait donc revoir la copie.

Le choix : accélérer, compresser ou gérer les priorités

Parfois, la solution est évidente. Ainsi, Cdiscount voulait réduire la latence afin d'obtenir une synchronisation en temps réel. Il fallait donc ' accélérer ' le trafic. Consulté, l'intégrateur Netstaff lui conseille des boitiers Riverbed. ' Nous avons été stupéfaits par les résultats, note Damien Cazenave. Le temps de transfert était divisé par cinq. ' Pour d'autres, il faut d'abord savoir ce qui se passe sur le réseau. Début 2006, Eurosport recherche une solution d'optimisation et compare les offres. Packeteer lui paraît le meilleur choix. Un boîtier fonctionnant en mode classification de trafic est installé sur le site parisien et un autre dans une agence anglaise connaissant de gros problèmes. ' Non seulement la liaison avec le site britannique s'est désengorgé grâce à la compression, mais l'analyse du trafic a montré des incohérences, révèle Pascal Delorme. Ainsi, des codecs qui ne devaient occuper que 64 Kbit/s de bande passante fonctionnaient en réalité à 2 Mbit/s. ' Aussitôt, Eurosport les musèle.
Chez EADS, avec l'arrivée de la visioconférence, priorité est donnée à la qualité de service. Il faut donc changer de produit. ' Nous avons été séduits par le concept d'Ipanema, déclare Christian Pégorier. On fixe des objectifs de qualité de service aux boitiers et ce sont eux qui établissent les règles et les adaptent en fonction du trafic. En outre, c'est la seule solution qui gère naturellement les flux maillés crées notamment par les flux temps réels. ' Ipanema est donc retenu. De plus, ces équipements font également de la compression pour d'autres applications. ' Argument supplémentaire en faveur de cette solution, la qualité et la richesse des rapports, car le système est fondé sur des modules Infovista. ' Pour Univar, le problème est plus complexe. L'entreprise déploie un projet européen SAP d'abord à Bruxelles, puis, prochaine étape, au Pays-Bas. Or toute la documentation se trouve sur un serveur installé à Paris, accessible par CIFS, protocole très bavard. ' Notre priorité était d'accélérer ce trafic, pour faciliter le déploiement du projet. Et puis, si on pouvait également en faire profiter le trafic HTTP, ce n'était pas plus mal. ' Sollicitée pour résoudre les problèmes d'accélération, l'équipe britannique, chargée du réseau, et qui avait fait installer des boîtiers Packeteer pour voir ce qui se passait sur le réseau, ne réagit pas. L'équipe française, pilote du projet SAP, passe à l'offensive et demande conseil auprès de Fujitsu Services. Celui-ci propose des boîtiers Expand. Des tests sont menés début 2007 entre Paris et Bruxelles. Les résultats sont concluants. De 90 secondes pour ouvrir un fichier Excel, on passe à 10 secondes. Le trafic SAP gagne de 20 à 30 % en vitesse et les flux HTTP autant. ' Ce n'était pas l'objectif principal, mais c'était bon à prendre ', résume Jacques Hallereau.

La mise en ?"uvre : d'abord sur quelques sites

Chez Univar, le boîtier placé à Bruxelles pourrait être déplacé aux Pays-Bas, deuxième étape du déploiement du projet SAP, puis en Italie, étape suivante. ' La phase cruciale, souligne Jacques Hallereau, se situe lors de l'implantation locale du projet, qui demande pas mal de paramétrages. Une fois l'application sur les rails, l'accélération est moins capitale, car chaque site garde des serveurs en local. '
Chez Eurosport, les bénéfices ont été immédiats dès 2006, ' on en est d'abord resté là, pour respecter les budgets des agences et trouver un financement, rappelle Pascal Delorme. Mais en 2007, trois nouvelles agences européennes sont équipées de boîtiers Packeteer et toutes devraient l'être en 2008. ' La compression est actionnée pour améliorer les débits. Séduit par les résultats de son site bordelais et du site de secours parisien, Cdiscount a, lui, étendu la solution à ses sites allemand et irlandais. ' Les équipements sont coûteux, reconnaît Damien Cazenave, mais si l'on utilisait une fois le PRA, sans rupture dans nos commandes, nous renterions dans nos frais. '
Côté Univar, rien n'est décidé sur la consolidation WAFS (Wide Area File Services) à l'échelle du groupe, qui rendrait obligatoire la présence de boîtiers Expand sur chaque site. Mais, chaque pays étant indépendant, ' si sur les sites de province le partage de fichiers devient évident pour des raisons d'économie et si la demande est suffisante, nous pourrions les équiper ', avance Jacques Hallereau. Chez EADS, ' après une phase de pilote entre les sites de Velizy et de Toulouse, onze équipements Ipanema sont déployés fournissant de la visibilité sur le trafic, de l'optimisation et de la compression ', signale Christian Pégorier.

Les écueils : quelques problèmes de paramétrage

' La solution doit être installée par l'intégrateur, conseille Damien Cazenave. Séduits par l'apparente facilité de la mise en ?"uvre, nous l'avons déployée nous-mêmes, et avons été obligés d'appeler l'intégrateur au secours '. Voilà pour un conseil d'ordre général. Reste que, malgré toutes les précautions, de petites surprises restent inévitables. ' La gestion centralisée de la solution Ipanema, fondée sur les objets applicatifs, facilite les choses, assure Christian Pégorier. Mais nous avons quand même eu un petit problème de routage sur un site, résolu rapidement. ' ' La réplication entre le contrôleur de domaine central et ceux des agences ne marchait pas quand on mettait en marche la compression ', se souvient Pascal Delorme. Le problème est remonté jusque chez Packeteer Etats-Unis et il a été vite résolu. Parfois, le problème est tout bête. Ainsi, chez Univar, les tests ont été menés avec une licence provisoire. Le passage à la licence définitive a nécessité quelques paramétrages supplémentaires. ' Il a aussi fallu intervenir pour accélérer correctement le trafic SAP ', conclut Jacques Hallereau.
(*) Gigue : écart entre le délai de traversée le plus long et le plus court.

Les 4 entreprises étudiées

Activité : Commerce en ligne.
Siège : Bordeaux (33).
Effectif : 650 personnes.
CA 2007 : 547 M d'euros.

Problème à résoudre : synchroniser le central et le site de secours parisien dans le cadre d'un Plan de reprise d'activité.

Solution déployée : un boîtier Riverbed Steelhead sur chaque site pour accélérer le trafic par cinq. Des boîtiers identiques sont installés sur la plate-forme logistique et au siège social. 45 000 euros pour le boîtier central et 12 000 euros pour les agences.

Activité : n?' 1 européen et n?' 3 mondial de l'industrie spatiale.
Siège : Paris (75).
Effectif : 12 000 personnes (dans 5 pays).
CA 2007 : 3,5 M d'euros.

Problème à résoudre : garantir une qualité de service suffisante pour l'application de visioconférence.

Solution déployée : boîtiers Ipanema fonctionnant en mode qualité de service (la compression est aussi utilisée pour les autres trafics). Chaque site équipé environ revient à environ 2 000 euros et le site central de 10 à 50 k d'euros en fonction du débit.

Activité : chaîne de télévision sportive européenne.
Siège : Issy-les-Moulineaux (92).
Effectif : 850 personnes.
CA 2007 : 273 M d'euros.

Problème à résoudre : réduire les temps de réponse des applications Micrososft et web pour les utilisateurs des agences européennes.

Solution déployée : boîtiers Packeteer en mode découverte de trafic, qualité de service et compression sur le site central et les agences.

Activité : distribution de produits chimiques.
Siège : Fontenay-sous-Bois (94).
Effectif : 525 personnes à fin 2007.
CA 2007 : 324 M d'euros.

Problème à résoudre : accélération du trafic CFIS pour faciliter le déploiement européen d'un projet SAP.

Solution déployée : un boîtier Expand sur le site parisien et un autre sur le site en cours de déploiement. Une fois ce dernier achevé, le boîtier est transféré sur le site suivant. Le coût initial du projet (2 boîtiers + maintenance + services) était autour de 30 K d'euros. Un boîtier supplémentaire ayant été ajouté, le coût cumulé est de 43 K d'euros.

Doser compression, cache et classification du trafic

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Le routeur appartient à l'opérateur ; l'entreprise n'a donc pas à le paramétrer ni à prendre en charge sa maintenance et son exploitation. Il marque la limite entre, d'un côté, le réseau de l'opérateur et, de l'autre, celui de l'entreprise. Ce qui permet de partager les responsabilités de chaque partie et clarifie leurs domaines d'intervention.

Les opérateurs n'offrent généralement que 3 ou 4 classes de service, ce qui est souvent insuffisant pour une optimisation fine d'un trafic hétérogène. Surtout lorsque des applications sont développées en interne, avec des contraintes très particulières. De plus, toute modification dans les paramétrages des routeurs doit être effectuée par l'opérateur, ce qui introduit des lenteurs.

Les boîtiers d'optimisation autorisent une granularité très fine du trafic et mettent en ?"uvre plusieurs techniques : qualité de service, compression et accélération de trafic, adapté en fonction du type de flux. Ils offrent ainsi une visibilité complète des flux qui empruntent le réseau, et de leur comportement, qui réserve souvent des surprises à l'administrateur. Celui-ci alors agir peut en conséquence de cause.

Les investissements sont parfois importants, surtout les boitiers possédant la fonction d'accélération de trafic. Leur mise en ?"uvre nécessite souvent un paramétrage fin qui requiert l'aide de l'intégrateur. Tout changement du système d'information (nouvelle application, ouverture d'un site), nécessite généralement une reconfiguration des boîtiers.

Damien Cazenave (CDiscount) : ' l'évolution du réseau doit être anticipée '

' Les boîtiers d'accélération de trafic sont apparemment faciles à mettre en ?"uvre : on branche et ça marche. C'est parfois un piège. En effet, par la suite, nous avons modifié notre réseau, notamment en introduisant le protocole BGP sur les liens et en installant des pare-feux. Une baisse de performance des boîtiers a été immédiatement constatée. Il a fallu faire appel à l'intégrateur pour reparamétrer les boîtiers Riverbed et les déplacer afin qu'ils ne se retrouvent plus derrière les pare-feux. Nous avons alors retrouvé de bonnes performances. Pour éviter ce genre de problème, il est préférable de faire intervenir l'intégrateur au moment de l'installation. Il sait en effet anticiper ce genre de situation. Aujourd'hui, nous avons repris leur administration et tout se déroule correctement. '

Christian Pégorier (EADS Astrium) : ' rechercher le bon compromis '

' L'optimisation de trafic résulte d'un choix et il faut le faire évoluer avec le temps. A un moment, la compression est la bonne option ; à un autre, c'est plutôt la qualité de service. Ainsi, Peribit était bon en compression et Packetshaper en qualité de service. Nous avons finalement opté pour Ipanema qui fait les deux, de façon automatique, en fonction des objectifs de performance prédéfinis. Ainsi, nous garantissons un flux de 512 Kbit/s à la visioconférence, aujourd'hui l'application prioritaire. La messagerie et le transfert de fichiers occupent 5 à 10 % de la bande passante. SAP et le partage de fichiers se partagent le reste. Mais on peut virtuellement augmenter la bande passante avec la compression. Tout cela se suit grâce aux rapports de trafic. Mais attention à ne pas trop introduire de paramètres. Sinon, ils deviennent illisibles. '

Pascal Delorme (Eurosport) : ' MPLS n'est pas une solution satisfaisante '

' Le fait que notre site central et nos agences soient raccordés sur un réseau MPLS ne résolvait pas nos problèmes de qualité de service. Les classes de service proposées par les opérateurs n'étaient pas assez fines ni assez modulables pour classifier efficacement le trafic. De plus, pour modifier les paramétrages, il faut passer par l'opérateur, ce qui introduit des lenteurs. Enfin, il faut aussi prendre en compte les applications développées en interne et qui ont des contraintes spécifiques. Depuis l'introduction de nos boitiers, nous n'avons plus que deux classes de service : l'une pour la voix, qui sera utilisée lors du passage à la téléphonie sur IP entre les agences ; l'autre pour la donnée, dans laquelle passe tout le trafic, géré par les Packeteer. Ceux-ci organisent le trafic et offrent une granularité bien supérieure à MPLS. '

Jacques Hallereau (Univar) : ' augmenter la bande passante ne résout pas tout '

' Quand la bande passante est augmentée, cela peut améliorer la qualité de service - encore que j'en doute lorsque des applications sont réellement trop gourmandes. Mais cela ne règle pas les problèmes de la latence, le temps de traversée du réseau. Pour certaines applications, ce n'est pas trop grave ; pour d'autres c'est insupportable. Il faut donc accélérer le trafic, c'est-à-dire rendre moins bavard des protocoles qui ont été développé pour le réseau local et qui ont un très mauvais rendement sur le réseau étendu. C'est le cas, notamment, de CFIS, de Microsoft pour les applications Office. Les temps de réponses sont divisés par huit ou neuf grâce à l'accélération. De plus d'autres protocoles peuvent profiter de cette " accélération ". Et même si c'est dans une moindre mesure, c'est toujours intéressant pour l'utilisateur final. '

L'avis de l'intégrateur : Christophe Mesquite, directeur technique de DCI

' La visibilité sur le réseau est primordiale '

' En optimisation de trafic, il n'y a pas de solution miracle. Il faut bien cerner le problème. S'agit-il d'un besoin de qualité de service ? D'accélération de trafic ? De compression pour soulager un réseau saturé ? Une bonne visibilité de ce qui transite sur le réseau est donc nécessaire. Ainsi, si l'application SAP est lente à cause de l'engorgement du réseau, des règles de hiérarchisation de trafic seront plus efficaces que la compression ou accélérer le trafic. '

' Un investissement source d'économie '

' Les boitiers d'optimisation sont encore chers. Mais il faut mettre ce coût en balance avec une augmentation de bande passante, pas toujours efficace de surcroît. La centralisation des serveurs de fichiers constitue aussi une économie qui couvre souvent l'achat de boîtiers daccélération. Cet investissement peut générer des économies. '

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