Réduire le temps de réponse des applications
L'optimisation de trafic n'est pas une solution miracle. Il faut d'abord inspecter le trafic réseau, identifier le problème, puis fixer des priorités. Le déploiement de la solution technique intervient éventuellement après.
Les besoins : réduire les temps de réponse et la latence
Le choix : accélérer, compresser ou gérer les priorités
La mise en ?"uvre : d'abord sur quelques sites
Les écueils : quelques problèmes de paramétrage
Les 4 entreprises étudiées
Activité : Commerce en ligne.
Siège : Bordeaux (33).
Effectif : 650 personnes.
CA 2007 : 547 M d'euros.
Problème à résoudre : synchroniser le central et le site de secours parisien dans le cadre d'un Plan de reprise d'activité.
Solution déployée : un boîtier Riverbed Steelhead sur chaque site pour accélérer le trafic par cinq. Des boîtiers identiques sont installés sur la plate-forme logistique et au siège social. 45 000 euros pour le boîtier central et 12 000 euros pour les agences.
Activité : n?' 1 européen et n?' 3 mondial de l'industrie spatiale.
Siège : Paris (75).
Effectif : 12 000 personnes (dans 5 pays).
CA 2007 : 3,5 M d'euros.
Problème à résoudre : garantir une qualité de service suffisante pour l'application de visioconférence.
Solution déployée : boîtiers Ipanema fonctionnant en mode qualité de service (la compression est aussi utilisée pour les autres trafics). Chaque site équipé environ revient à environ 2 000 euros et le site central de 10 à 50 k d'euros en fonction du débit.
Activité : chaîne de télévision sportive européenne.
Siège : Issy-les-Moulineaux (92).
Effectif : 850 personnes.
CA 2007 : 273 M d'euros.
Problème à résoudre : réduire les temps de réponse des applications Micrososft et web pour les utilisateurs des agences européennes.
Solution déployée : boîtiers Packeteer en mode découverte de trafic, qualité de service et compression sur le site central et les agences.
Activité : distribution de produits chimiques.
Siège : Fontenay-sous-Bois (94).
Effectif : 525 personnes à fin 2007.
CA 2007 : 324 M d'euros.
Problème à résoudre : accélération du trafic CFIS pour faciliter le déploiement européen d'un projet SAP.
Solution déployée : un boîtier Expand sur le site parisien et un autre sur le site en cours de déploiement. Une fois ce dernier achevé, le boîtier est transféré sur le site suivant. Le coût initial du projet (2 boîtiers + maintenance + services) était autour de 30 K d'euros. Un boîtier supplémentaire ayant été ajouté, le coût cumulé est de 43 K d'euros.
Doser compression, cache et classification du trafic
Le routeur appartient à l'opérateur ; l'entreprise n'a donc pas à le paramétrer ni à prendre en charge sa maintenance et son exploitation. Il marque la limite entre, d'un côté, le réseau de l'opérateur et, de l'autre, celui de l'entreprise. Ce qui permet de partager les responsabilités de chaque partie et clarifie leurs domaines d'intervention.
Les opérateurs n'offrent généralement que 3 ou 4 classes de service, ce qui est souvent insuffisant pour une optimisation fine d'un trafic hétérogène. Surtout lorsque des applications sont développées en interne, avec des contraintes très particulières. De plus, toute modification dans les paramétrages des routeurs doit être effectuée par l'opérateur, ce qui introduit des lenteurs.
Les boîtiers d'optimisation autorisent une granularité très fine du trafic et mettent en ?"uvre plusieurs techniques : qualité de service, compression et accélération de trafic, adapté en fonction du type de flux. Ils offrent ainsi une visibilité complète des flux qui empruntent le réseau, et de leur comportement, qui réserve souvent des surprises à l'administrateur. Celui-ci alors agir peut en conséquence de cause.
Les investissements sont parfois importants, surtout les boitiers possédant la fonction d'accélération de trafic. Leur mise en ?"uvre nécessite souvent un paramétrage fin qui requiert l'aide de l'intégrateur. Tout changement du système d'information (nouvelle application, ouverture d'un site), nécessite généralement une reconfiguration des boîtiers.
Damien Cazenave (CDiscount) : ' l'évolution du réseau doit être anticipée '
' Les boîtiers d'accélération de trafic sont apparemment faciles à mettre en ?"uvre : on branche et ça marche. C'est parfois un piège. En effet, par la suite, nous avons modifié notre réseau, notamment en introduisant le protocole BGP sur les liens et en installant des pare-feux. Une baisse de performance des boîtiers a été immédiatement constatée. Il a fallu faire appel à l'intégrateur pour reparamétrer les boîtiers Riverbed et les déplacer afin qu'ils ne se retrouvent plus derrière les pare-feux. Nous avons alors retrouvé de bonnes performances. Pour éviter ce genre de problème, il est préférable de faire intervenir l'intégrateur au moment de l'installation. Il sait en effet anticiper ce genre de situation. Aujourd'hui, nous avons repris leur administration et tout se déroule correctement. '
Christian Pégorier (EADS Astrium) : ' rechercher le bon compromis '
' L'optimisation de trafic résulte d'un choix et il faut le faire évoluer avec le temps. A un moment, la compression est la bonne option ; à un autre, c'est plutôt la qualité de service. Ainsi, Peribit était bon en compression et Packetshaper en qualité de service. Nous avons finalement opté pour Ipanema qui fait les deux, de façon automatique, en fonction des objectifs de performance prédéfinis. Ainsi, nous garantissons un flux de 512 Kbit/s à la visioconférence, aujourd'hui l'application prioritaire. La messagerie et le transfert de fichiers occupent 5 à 10 % de la bande passante. SAP et le partage de fichiers se partagent le reste. Mais on peut virtuellement augmenter la bande passante avec la compression. Tout cela se suit grâce aux rapports de trafic. Mais attention à ne pas trop introduire de paramètres. Sinon, ils deviennent illisibles. '
Pascal Delorme (Eurosport) : ' MPLS n'est pas une solution satisfaisante '
' Le fait que notre site central et nos agences soient raccordés sur un réseau MPLS ne résolvait pas nos problèmes de qualité de service. Les classes de service proposées par les opérateurs n'étaient pas assez fines ni assez modulables pour classifier efficacement le trafic. De plus, pour modifier les paramétrages, il faut passer par l'opérateur, ce qui introduit des lenteurs. Enfin, il faut aussi prendre en compte les applications développées en interne et qui ont des contraintes spécifiques. Depuis l'introduction de nos boitiers, nous n'avons plus que deux classes de service : l'une pour la voix, qui sera utilisée lors du passage à la téléphonie sur IP entre les agences ; l'autre pour la donnée, dans laquelle passe tout le trafic, géré par les Packeteer. Ceux-ci organisent le trafic et offrent une granularité bien supérieure à MPLS. '
Jacques Hallereau (Univar) : ' augmenter la bande passante ne résout pas tout '
' Quand la bande passante est augmentée, cela peut améliorer la qualité de service - encore que j'en doute lorsque des applications sont réellement trop gourmandes. Mais cela ne règle pas les problèmes de la latence, le temps de traversée du réseau. Pour certaines applications, ce n'est pas trop grave ; pour d'autres c'est insupportable. Il faut donc accélérer le trafic, c'est-à-dire rendre moins bavard des protocoles qui ont été développé pour le réseau local et qui ont un très mauvais rendement sur le réseau étendu. C'est le cas, notamment, de CFIS, de Microsoft pour les applications Office. Les temps de réponses sont divisés par huit ou neuf grâce à l'accélération. De plus d'autres protocoles peuvent profiter de cette " accélération ". Et même si c'est dans une moindre mesure, c'est toujours intéressant pour l'utilisateur final. '
L'avis de l'intégrateur : Christophe Mesquite, directeur technique de DCI
' La visibilité sur le réseau est primordiale '
' En optimisation de trafic, il n'y a pas de solution miracle. Il faut bien cerner le problème. S'agit-il d'un besoin de qualité de service ? D'accélération de trafic ? De compression pour soulager un réseau saturé ? Une bonne visibilité de ce qui transite sur le réseau est donc nécessaire. Ainsi, si l'application SAP est lente à cause de l'engorgement du réseau, des règles de hiérarchisation de trafic seront plus efficaces que la compression ou accélérer le trafic. '
' Un investissement source d'économie '
' Les boitiers d'optimisation sont encore chers. Mais il faut mettre ce coût en balance avec une augmentation de bande passante, pas toujours efficace de surcroît. La centralisation des serveurs de fichiers constitue aussi une économie qui couvre souvent l'achat de boîtiers daccélération. Cet investissement peut générer des économies. '

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