Les éditeurs peinent à suivre le rythme des développeurs
Si des environnements de développement efficaces existent pour Ajax, Flex et Silverlight, ce n'est pas encore le cas des outils d'exploitation. Les plates-formes d'administration et de supervision d'architecture commencent à peine à tenir compte de l'arrivée des applications web riches.
01net.
le 13/03/08 à 00h00
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Les éditeurs veulent convaincre les développeurs de sélectionner leurs technologies afin que les applications web riches (RIA) deviennent des applications d'entreprise. Mais il faut pouvoir disposer de tous les outils nécessaires pour tester et valider afin d'administrer des applications stratégiques. Beaucoup reste à faire dans ce domaine où les disparités sont fortes entre les différentes solutions techniques. ' Le marché n'est pas encore assez mûr pour fournir des solutions qui vont au-delà des solutions de développement ', reconnaît Bruno de Combiens, directeur marketing de Borland.
Les premiers acteurs à réagir à l'apparition des technologies RIA ont été les éditeurs de solutions de test de charge. L'apparition d'enrichissements Ajax ou de modules Flash sur les grands sites de commerce électronique, sites où la performance conditionne le chiffre d'affaires, a poussé les éditeurs à répondre rapidement aux besoins de ces clients.
Priorité numéro 1 : le test
Compatibles HTTP, toutes les solutions de test de charge web peuvent générer de la charge pour des applications Ajax mais avec quelques contraintes. ' Non seulement les requêtes HTTP sont bien plus complexes à comprendre, explique Stéphane Jammet, directeur commercial de l'éditeur Neotys, mais les appels réseaux sont beaucoup plus nombreux sur des applications Ajax et, qui plus est, sont décorrelés de la notion de page. De fait, il y a beaucoup de paramètres dynamiques à identifier dans les flux et on ne peut pas rejouer une session HTTP telle quelle. ' Le clan Ajax doit composer avec la faible lisibilité des flux HTTP générés, de la diversité des frameworks Ajax mais aussi avec la complexité du langage Javascript. François Goldgewicht, consultant chez Valtech Technology, souligne les limites d'Ajax sur ce point : ' En termes d'outillage, Ajax a des progrès à faire. Pour l'analyse de qualité du code, le manque de modularité de Javascript rend difficile l'apparition et l'exploitation de tels outils. Mais il existe des outils de debogage. Nous utilisons beaucoup Firebug, un plug in de Firefox, mais il y a aussi Venkman de Mozilla et d'autres outils commencent à apparaître tel Sprajax un outil de détection des failles de sécurité dans le code Javascript '.
Les éditeurs de solutions de test ont dû se pencher très tôt sur AMF (Action Message Format), le protocole réseau mis en ?"uvre par Flex, car celui-ci est binaire donc illisible avec les outils traditionnels du web. Il était impératif que les éditeurs décodent le flux pour qu'il devienne exploitable par leurs outils. HP, Borland ou Radview supportent AMF. Le dernier de ces acteurs est le premier à annoncer la compatibilité avec AMF2.0. Neotys, lui, travaille sur le support d'AMF, en choisissant de traduire le code binaire en XML.
Visual Studio donne l'avantage à Silverlight
Cédric Delnibbio, responsable du pôle RIA de Winwise : ' Pour les tests de charge, nous exploitons Visual Studio 2008 Team Test et ses injecteurs de charge. On dispose d'ores et déjà de tous les outils nécessaires pour tester des RIA Microsoft. ' Silverlight bénéficie à plein de l'environnement de modélisation, de développement et de test de Microsoft. Un environnement complet dont ne dispose pas encore Adobe. Ce dernier fourni cependant des frameworks dédiés au test : Flex-unit pour tous les tests unitaires et Flex Stressing pour les tests de performance. En outre, il peut s'appuyer sur des partenaires puissants : IBM/Rational et HP/Mercury qui supportent AMF. Cette politique d'ouverture qui va connaître une brusque accélération : ' L'année 2008 va être celle où tout va se standardiser grâce à l'ouverture de notre plate-forme en open source ', s'enthousiasme Michaël Chaize, consultant chez Adobe : ' Nous avons ouvert notre serveur, c'est le projet BlazeDS, le protocole AMF sera placé en open source comme nos autres technologies W. '
2 questions à... : Alain Gouret, directeur du développement chez IP Label
Ce service propose des outils de mesure de performance en ligne. Il s'adresse aux sites d'e-commerce voulant mesurer leurs temps de réponse mais aussi aux entreprises qui souhaitent surveiller les performances de leur portail et applications internes.
Quel est l'enjeu du test de performance sur ces nouvelles applications RIA ?
' Sur les applications web, déporter les traitements au niveau du poste client peut soulager de manière significative la charge sur les serveurs. Ainsi de grands sites pourraient diminuer d'un tiers le nombre de leurs serveurs. Par contre, il peut apparaître de grandes variations de performances du fait d'appels à des applications externes. Cela nécessite de tester les applications sur des parcours types. '
Existe-t-il un même besoin de test sur les applications dentreprise ?
' Ce besoin existe également en intranet, notamment sur les applications décisionnelles qui ont désormais recours aux technologies RIA. Ce sont des applications qui génèrent beaucoup de graphique en temps réel. De plus elles sont destinées aux dirigeants et sensibles pour le fonctionnement des entreprises. La performance est impérative pour de telles applications. '