











Depuis maintenant quatre ans chez Radio France internationale (RFI), le moteur d'orchestration de Microsoft devient la pierre angulaire des processus majeurs de l'organisation. Cette trentaine de mécanismes concernent aussi bien les fonctions de support, comme la comptabilité et les ressources humaines, que les métiers (programmation, diffusion, publication d'émission ou de sons). Mais la radio française aux 42 millions d'auditeurs n'est pas seulement un précurseur en matière de gestion des processus (BPM). Elle s'est également ouverte aux architectures orientées services (SOA) : la plupart de ses applications ont été découpées en autant de fonctions exposées sous forme de services web, eux aussi organisés par Biztalk.
Cette architecture d'entreprise tire ses origines de deux projets. Le premier concerne la refonte, en mars 2004, du CMS, une gestion de contenu destinée à la rédaction internet de RFI (exploitée par 250 utilisateurs à travers 20 rédactions et autant de langues). Toutes ses fonctions de création, suppression, publication ou visualisation de contenu ont été redéveloppées en interne sous forme de services exposés via une interface Soap. “ Nous tenions à ce découpage pour que la rédaction internet puisse exploiter les services web à travers un client riche, se rappelle Olivier Bourrassé, responsable du pôle nouveau vecteur et multimédia de RFI. Nous nous doutions que ces services allaient être par la suite réutilisables dans d'autres contextes, mais sans savoir encore lesquels. ”
Parallèlement au CMS, Olivier Bourrassé et ses équipes s'attellent à un autre projet, lié, cette fois, à l'informatique de gestion. Il vise à supprimer la redondance des saisies entre les systèmes de comptabilité, de gestion des biens, de RH et de trésorerie. Ces derniers manipulent, en effet, des entités en commun. Le projet s'articule autour d'un EAI, Biztalk 2002, choisi pour propager la cohérence des données à travers ces différentes applications. Le moteur d'intégration de Microsoft est déployé en décembre 2003. Il gère des services web, en l'occurrence les fonctions issues des différentes applications qui sont accessibles par une interface web.
“ Avec les deux précédents projets, nous nous étions fait la main sur l'orchestration de processus et le monde des services web. Notre approche SOA pouvait prendre forme sereinement ”, précise Olivier Bourrassé. La maturité était donc au rendez-vous pour appliquer ce BPM au cœur des métiers de RFI. D'autant que, en 2005, la direction générale cherchait à mieux valoriser les activités du portail de la radio. Enfin “ la version 2004 de Biztalk qui allait être lancée devait nous garantir beaucoup plus de souplesse dans les développements ”, poursuit le responsable. Parmi ses avancées : la nouvelle logique d'abonnement à des traitements. Jusque-là, modifier un traitement forçait à revoir tout le design du flux. Ce n'est plus le cas.
Depuis début 2007, le moteur de BPM couvre ainsi les processus de création des fichiers sonores (les émissions de radio) et leur diffusion dans la CMS : il récupère les horaires d'émission de l'application de gestion de la programmation et les transmet sous forme de paramétrage à l'automate d'encodage. Ce dernier découpe alors les flux sonores en fonction des émissions. Les fichiers générés sont, dans un deuxième temps, enrichis en métadonnées. Pour cela, Biztalk sollicite un service du CMS afin de récupérer la description de l'édition (thématiques, invités…) saisie par les journalistes avant la diffusion. Il en appelle un second pour transférer ces sons enrichis dans un espace du CMS, à partir duquel ils sont ou non mis en ligne. A noter également qu'avec Biztalk, RFI va jusqu'à pousser ses contenus sur son site web ainsi que sur la plateforme B to B destinée à ses partenaires. Ils sont ainsi un peu moins de 200 à reprendre ses articles et émissions de radio.
Avec le BPM, les phénomènes de doublons sont définitivement évacués. Désormais, les données sont piochées à la source pour être ensuite diffusées. Auparavant, lorsque la publication des sons dans la CMS était assurée par un prestataire, les grilles d'horaires ainsi que la description des émissions étaient ressaisies manuellement. Par ailleurs, l'architecture actuelle justifie et valorise pleinement l'approche orientée service qui a prévalu au moment du développement du CMS.
Les limites constatées de Biztalk 2004 relèvent essentiellement de deux ordres. A commencer par la trop forte dépendance entre séquences BPM. “ Lorsque nous mettons à jour une sous-orchestration, l'envoi de fichier par exemple, toutes les orchestrations qui l'exploitent doivent être désinstallées, puis réinstallées. Cela alourdissait la procédure de déploiement ”, regrette Olivier Bourrassé. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles RFI est en cours de migration vers la dernière version de Biztalk (2006 R2), laquelle lève partiellement cet écueil grâce à son framework ESB.
Autre difficulté : l'interface humaine de l'orchestration. Jusque-là, l'ensemble des processus métier couverts par Biztalk ne nécessitent aucune intervention humaine. Mais la donne pourrait changer puisque RFI mise, prochainement, sur un système d'enrichissement manuel de métadonnées. Seulement, les fonctions de worflow de Biztalk 2004 sont encore très limitées. C'est pourquoi la radio a bâti des prototypes sur l'offre de K2, un partenaire historique de Microsoft spécialisé dans l'organisation de tâches humaines.
Activité : radio.
Siège : Paris.
Effectif : 1 000 collaborateurs dont 400 journalistes et un réseau de 350 correspondants dans le monde.
Budget 2006 : 130 M d'euros.
Automatiser la création et la publication des archives sonores sur le site internet de la radio.
Biztalk 2004, la solution de BPM et d'EAI de Microsoft.
Trop forte dépendance des séquences d'orchestration entre elles.
Faiblesse humaine du workflow.
Prix des licences non communiqué.
Moins de 400 jours/homme pour le projet de déploiement de Biztalk 2002.
En moyenne 20 jours/homme par flux pour le déploiement de Biztalk 2004 (une trentaine de flux en tout).
De sept. à nov. 2003 : découpage de l'information de gestion en services.
Déc. 2003 : déploiement de Biztalk 2002 pour l'informatique de gestion.
Mars 2004 : mise en production de la gestion de contenu interne découpée en services web.
Début 2005 : migration vers Biztalk 2004 pour l'informatique de gestion.
Début 2007 : déploiement de Biztalk 2004 pour la gestion des flux radio.
À venir : migration vers Biztalk 2006 R2 avec le framework ESB.
“ Lors de la conception des flux sous Biztalk, le plus gros du travail était de modéliser des processus métier. Nous avons identifié et défini les objets métier concernés (facture, commande…), puis les services métier permettant de traiter ces objets. Ensuite seulement, nous avons orchestré ces services grâce à Biztalk. Résultat, si nous voulons remplacer notre gestion de contenu interne ou notre système d'encodage par d'autres solutions, il n'y aurait pas d'impact sur la gestion de processus. La couverture fonctionnelle serait préservée. Il faudrait juste identifier des services techniques plus ou moins équivalents, puis adapter leurs interfaces. En théorie, même Biztalk pourrait être remplacé sans bouleverser notre architecture. Et ce grâce aux exports facilités avec des normes comme BPEL. Mais il existe encore peu de retours sur ce type de migration. ”
Biztalk assure l'intégralité de la gestion des flux : depuis les outils de production audio jusqu'au stockage dans la gestion de contenu des fichiers sonores et leur publication sur internet. Tous ces échanges reposent sur Soap. RFI exploite par ailleurs le BPM pour assurer la cohésion entre l'application qui centralise les horaires de programmation et celle qui diffuse les émissions par satellite.
