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L'éditeur américain lance SAS 9.2. Les évolutions de sa plate-forme concernent les outils analytiques (nouveaux accès pour les méthodes bayésiennes), décisionnels (frontaux web 2.0) et d'intégration. En outre, il a livré les premiers fruits de son accord technologique avec Teradata.
Racheter, digérer, puis intégrer… Peu d'acteurs du décisionnel ont échappé à ce triptyque pour bâtir leur plate-forme décisionnelle. Parmi eux, SAS. A l'inverse de BO, Cognos ou Hyperion, l'éditeur américain, non coté en Bourse, a forgé sa plate-forme en interne à l'exception de rares modules acquis ici et là (comme celui de Teragram, spécialiste de textmining). Ni pressurisé par les conquêtes de parts de marché ni englué dans les problématiques d'intégration technique, SAS reste pourtant soumis depuis des années au même défi : toucher un maximum d'utilisateurs fonctionnels et d'informaticiens. Autrement dit : dépasser son public traditionnel formé d'analystes et de statisticiens.
Concrètement, SAS s'évertue à ce que l'usage de ses outils analytiques ou décisionnels soit de moins en moins conditionné par la maîtrise de son langage propriétaire. Cette tendance à l'ouverture, amorcée il y a trois ans avec SAS 9, permet notamment aux opérationnels de construire et diffuser leurs rapports. Elle se poursuit avec SAS 9.2 qui présente de nouvelles fonctions d'intégration.
“ Notre plate-forme permettait déjà de présenter des processus analytiques sous forme de services. Mais ces derniers n'étaient réutilisables qu'au sein de la plate-forme SAS ”, explique Gaurav Verma, responsable marketing. Ces mêmes processus – comme une transformation de données suivie d'une régression et visualisation – sont désormais exposables à travers Soap. Le fichier de définitions WSDL est, lui, généré automatiquement. “ Avec cette nouvelle exposition, nous ciblons un public tout à fait étranger à SAS. Des utilisateurs d'Office par exemple ”, poursuit Gaurav Verma.
Cibler de nouveaux utilisateurs est aussi l'une des vocations de l'accord technologique scellé il y a six mois entre SAS et Teradata, et dont le premier fruit est disponible : SAS Scoring Accelerator. Ce module permet d'exécuter des modèles de scoring de SAS directement dans Teradata. “ De nombreuses tâches effectuées par notre langage n'ont pas d'équivalent en SQL. Le travail d'intégration que nous menons avec Teradata consiste donc à faire de ces tâches des extensions de SQL. Elles apparaîtront sous forme de “ user defined function ” et masqueront notre langage ”, précise Keith Collins, directeur technique de Teradata. SAS espère ainsi réduire au maximum la frontière qui sépare les administrateurs des bases de données de SAS. “ Il est vrai que ces spécialistes SQL acceptent mal l'idée qu'il faille migrer les données de l'infocentre vers notre base pour réaliser les traitements analytiques. A terme, avec Teradata, ce procédé ne sera plus nécessaire. ”
Après le scoring, SAS entend exposer, sous forme de fonctions SQL, ses services d'alimentation et de transformation de données. Puis, en dernier, il fondra dans Teradata ses principaux outils de datamining (régression, prévision, optimisation de données…). Pour l'heure, il ne sait pas encore si tous se prêteront à l'exercice.
Masquer la complexité de son langage ou faciliter l'intégration avec ses outils analytiques constitue de réelles avancées. Mais elles restent finalement minimes par rapport à l'autre stratégie déployée par SAS pour séduire son nouveau public : les solutions analytiques. Ces applications associent ETL, décisionnel ou datamining. Elles s'adressent directement aux opérationnels en s'alignant sur des problématiques soit métier (gestion des campagnes marketing), soit sectorielles (optimisation des prix dans la distribution). “ Notre valeur est là. Plutôt que de rivaliser de front avec les spécialistes du décisionnel, nous préférons mettre en avant nos applications de gestion des campagnes, de gestion des revenus ou encore d'analyse de la profitabilité ”, poursuit Keith Collins.
Ce virage vers les applications analytiques date de trois ans chez SAS. Selon Jim Davis, responsable marketing, elles pèsent 25 % des revenus (15 % pour les applications horizontales, 10 % pour les solutions métier), le reste provenant en majorité des souscriptions aux outils historiques à destination des statisticiens.
Bons résultats, positionnement plutôt unique, taille critique, indépendance… SAS a toutes les cartes en main. Mais nombre d'entreprises excluent encore ses solutions des projets décisionnels au prétexte qu'il ne s'adresse qu'aux statisticiens. “ C'est la statistique qui nous a fait connaître. Beaucoup nous y associent exclusivement, reconnaît Jim Davis. Ce qui a fait notre succès est aujourd'hui notre principal problème. ”
SAS en compte une quarantaine, packagées soit par métier, soit par secteur. Les plus anciennes concernent le monde pharmaceutique, les plus récentes l'optimisation des prix dans les hôtels ou la grande distribution. La gestion des campagnes marketing est la plus vendue.
L'éditeur vient de racheter Teragram, spécialiste de textmining. Ses outils d'analyse serviront à extraire des métadonnées des textes, passées ensuite au crible des outils analytiques.
Dans sa prochaine version, la plate-forme de SAS pourra être éclatée sur différents serveurs, peu importe leur nature (PC, mainframe, Unix, etc.) et l'architecture en place.
Quel est le poids des applications analytiques dans vos projets ?
“ Aujourd'hui, les trois quarts des appels d'offres décisionnels auxquels nous répondons comportent une très forte composante métier (risque opérationnel) ou fonctionnelle (ressources humaines). Nous y répondons une fois sur deux avec une solution SAS. Ces solutions “ quasi prêtes à l'emploi ” favorisent la mise en œuvre de projets plus réduits tant en délai qu'en charge de développement. ”
Celles de SAS ont-elles acquis leur maturité ?
“ Oui, vraiment depuis deux ans. Longtemps l'offre GRC de SAS n'était, par exemple, qu'une méthodologie. Ces solutions sont aujourd'hui en mesure de rivaliser avec les acteurs de niches tels qu'Unica, pour la GRC, et Hyperion, pour la planification budgétaire. ”
Faut-il encore être un expert de SAS pour exploiter sa plate-forme ?
“ De moins en moins. SAS a franchi un pas avec sa plate-forme SAS 9. L'utilisation du “ fameux ” code SAS n'est plus obligatoire avec l'ETL, la couche sémantique et les outils de reporting. Il est néanmoins nécessaire pour des scénarios complexes d'accès aux données. A noter que, pour des besoins équivalents, les plates-formes de BO ou Cognos exigeraient, elles aussi, du code. Mais du SQL. ”
















