BMC se renforce dans le déploiement automatique de serveurs
L'éditeur procède à sa troisième acquisition en moins d'un an dans le domaine de l'automatisation du centre de données. Avec la suite de Bladelogic, il comble quelques lacunes de son offre actuelle.
01net.
le 03/04/08 à 00h00
Les faits
Quelques mois après le rachat d'Opsware par HP, BMC a annoncé son intention d'acquérir un spécialiste du provisioning de serveurs, Bladelogic, pour un montant de 800 millions de dollars en cash.
L'analyse
Les technologies de déploiement automatique de serveurs sont décidément très convoitées. Après Opsware racheté par HP l'été dernier, c'est au tour de Bladelogic de passer dans le giron de BMC, autre ténor de l'administration de systèmes. Bladelogic et Opsware font tous les deux partie d'une génération de sociétés auxquelles l'industrie informatique promettait un avenir radieux au temps du lancement des concepts de ' utility computing ' (ou informatique à la demande). Plusieurs d'entre elles ont en fait fini dans l'escarcelle d'un grand. Ainsi, Jareva a été racheté par Veritas (Symantec), Terraspring par Sun Microsystems et Think Dynamics par IBM.
Si les grands noms de l'administration s'intéressent aujourd'hui à ce genre de technologie, c'est parce que le besoin d'automatisation et de coordination des tâches n'a jamais été aussi prégnant. Les directions informatiques sont obligées de gérer un nombre croissant de serveurs à iso budget. A fortiori depuis l'arrivée des technologies de virtualisation qui devraient également complexifier la gestion des configurations dans les années à venir. Surtout, l'émergence de technologies fédératrices de CMDB ou encore des logiciels d'automatisation des processus de production (ou Run Book Automation, RBA) contribue à raviver l'intérêt pour cette catégorie.
Cette dynamique, Bladelogic en profite, affichant des ratios de croissance séduisants. Au cours de l'exercice 2007 (clos au 30 septembre), ses revenus ont atteint 62,7 millions de dollars, soit une augmentation de 105 % par rapport à 2006. Mais l'éditeur n'est pas encore rentable : il affiche une perte nette de 174 000 dollars en 2007, en progression toutefois par rapport à celle de 8,2 millions enregistrée l'année précédente.
Installation de serveurs gérée désormais de bout en bout
Pour combler son retard vis-à-vis des géants du secteur de l'administration, BMC s'est lancé avec entrain depuis l'année dernière dans le rachat de technologies d'automatisation du centre de données. La société a mis la main successivement sur Realops (RBA) et Emprisa Networks (gestion des configurations réseaux). Technologies qui sont venues compléter la solution BMC Configuration Management (ex-Marimba) au sein de la gamme service automation. Le tout étant fédéré par la CMDB BMC Atrium.
Il restait néanmoins quelques lacunes à combler. ' Tout ce qui concerne la conformité manquait à notre offre ', reconnaît Christophe Richard, responsable des consultants BSM (Business Service Management) chez BMC. La force de la solution de Bladelogic est en effet de gérer la mise en conformité (module Compliance Manager) et le déploiement automatique au sein d'un même ensemble. Autre lacune : l'installation de systèmes d'exploitation. ' Pour pouvoir gérer l'installation de serveurs de bout en bout, du système d'exploitation à l'applicatif, il nous fallait renforcer notre offre de gestion des configurations de serveurs. Configuration Management est, lui, plus pertinent sur le poste de travail '. Au-delà, la suite de Bladelogic, Operation Manager, permet de gérer le déploiement des applications depuis les phases de développement en passant par les tests, jusqu'à la mise en production.
Le défi pour BMC est désormais d'intégrer l'ensemble de sa gamme. Cela dit, l'éditeur peut d'ores et déjà compter sur les connecteurs développés par Bladelogic pour relier sa suite Operation Manager à ses outils : notamment Remedy ARS (service desk), Atrium (CMDB) et la suite Realops.
L'avis du consultant : François Cellerier (Devoteam) : ' il manquait la brique de mise en conformité du centre de données '
' Tout comme HP, qui a racheté Opsware, BMC avait des trous dans sa raquette. L'éditeur avait déjà acquis le logiciel de Run Book Automation de Realops, pour l'exécution de travaux synchronisés au niveau du centre de données, mais il lui manquait la partie ' compliance ' (mise en conformité ?" NDLR). Un trou désormais comblé grâce au rachat de Bladelogic. Sa solution apporte une plate-forme intégrée pour mieux automatiser l'ensemble des actions au sein du centre de données : collecter des informations par la découverte automatique, s'assurer que les règles sont bien appliquées, et si besoin appliquer un changement ou remettre aux normes un serveur. Sur la partie déploiement automatique, il y a un chevauchement entre les deux offres du catalogue BMC. Mais la solution BMC Configuration Management (ex-Marimba) était plutôt dédiée au déploiement de patchs systèmes ou applicatifs, alors que la suite Operation Manager provenant de Bladelogic est une vraie solution de provisioning, allant du système d'exploitation à lapplicatif. '