Entreprises : faut-il se méfier des réseaux sociaux ?
Facebook, Viadeo, LinkedIn... les réseaux sociaux envahissent la sphère professionnelle. Certaines études estiment que de telles pratiques coûtent cher à l'employeur. Pas si sûr...
01net.
le 06/06/08 à 16h55
Plusieurs études ont tenté de démontrer que l'utilisation de Facebook avait un impact direct sur la productivité des entreprises. Au Royaume-Uni, les employés qui surfent quotidiennement sur le réseau social le plus populaire du moment
feraient perdre plus de 260 millions de dollars chaque jour à leurs employeurs,
selon le cabinet Peninsula. De telles estimations ont le mérite d'ouvrir le débat : les collaborateurs qui
fréquentent régulièrement des sites communautaires tels que Facebook mais aussi Viadeo ou LinkedIn ?" réservés à des professionnels ?" y consacrent-ils trop de temps ? Ont-ils tendance à se disperser dans leur travail ?
Rien n'est moins sûr. D'ailleurs la grande majorité des entreprises ne se sont pas penchées sur la question car les débordements restent anecdotiques.
' Les salariés "accros" aux réseaux sociaux, comme certains peuvent l'être aux e-mails, sont l'exception, affirme Véronique Staat, la directrice des ressources humaines de Deloitte France
qui évalue à 800 le nombre de salariés de l'entreprise inscrits sur Facebook ! Pour prendre l'air, je vais prendre un café avec un collègue. Bon nombre de mes collaborateurs ?" qui sont dans le c?"ur de cible de
Facebook (assez diplômés, âgés de moins de 30 ans, etc.) ?" préfèrent aller discuter une vingtaine de minutes sur ce réseau. Chacun sa formule ! '.
Les réseaux sociaux sont aussi des outils de travail
De son côté,
Bertrand Duperrin,
consultant chez Blukiwi software, estime qu'il est ' très réducteur ' de considérer que le temps passé sur ces sites n'a aucun lien avec le travail. Bien au contraire.
' Il est vrai que les
collaborateurs qui utilisent les réseaux sociaux ne ramènent pas un chiffre d'affaires important à l'entreprise grâce à ces outils, reconnaît-il.
Mais certaines pratiques, peuvent être très bénéfiques. En entretenant leur réseau
20 minutes par jour, les salariés gardent le contact avec des gens qui sont peut-être des futures recrues ou des clients potentiels '.
Alors faut-il encadrer ces pratiques ou inventer, à l'image des
' vendredis sans e-mails ', des vendredis sans réseaux sociaux ? Véronique Staat, DRH de Deloitte France est catégorique :
' Nous devons rester vigilants mais je ne pense pas qu'il soit utile de fixer des règles pour l'utilisation des réseaux sociaux ou des e-mails, précise-t-elle.
En revanche, nous évaluons le travail de nos
collaborateurs en fonction de leurs objectifs et il arrive, qu'en entretien annuel, nous interpelions quelqu'un sur sa mauvaise gestion des e-mails '.
Enfin, les temps morts dans l'entreprise sont aussi des temps de récupération, rappelle Denis Bérard, chargé de mission au département CTO (changements technologiques et organisationnels) à l'
Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail). Mieux : ils sont parfois extrêmement productifs.
' En laissant ses ingénieurs accorder 20 % de leur temps à des recherches personnelles, Google a inventé un type de management qui favorise la créativité des collaborateurs et par là,
l'innovation ', analyse-t-il.