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Disponible sur Internet mardi prochain dans la nuit, la version finale de Firefox 3 est attendue avec fébrilité par des millions d’internautes mais intéresse-t-elle les entreprises ? Pas vraiment.
Aucune étude ne donne aujourd’hui avec précision la part de marché de Firefox en entreprise. Selon la société de mesure Xiti, le navigateur est utilisé pour environ 30 % des visites de sites Web en Europe. “ Les différences mesurées entre la semaine et le week-end sont peu élevées, ce qui a tendance à montrer qu’un nombre important de personnes utilisent Firefox au travail mais nous n’avons aucun chiffre fiable ”, explique Tristan Nitot, le directeur Europe de la fondation Mozilla qui développe Firefox.
Pour les professionnels du développement Web, la place de Firefox en entreprise reste marginale. “ Dans les entreprises qui ne verrouillent pas le poste de travail – en général les PME de moins de 500 personnes –, certains salariés l’utilisent mais dans les grandes structures, à de rares exceptions près, c’est Internet Explorer qui est imposé aux salariés ”, explique Jean-Marc Léglise, directeur technique de la SSII SQLI.
Selon lui, ce choix s’explique par la domination de Windows dans les entreprises. Les grands comptes ne veulent pas avoir à administrer et à fournir du support pour deux navigateurs. Or, Windows est systématiquement livré avec Internet Explorer, qui profite des mêmes outils de mise à jour et des mêmes services de support que les autres logiciels Microsoft.
Pour l’instant, Firefox est surtout déployé par les entreprises dans deux cas bien précis. Il est d’abord installé par celles qui font d’une manière générale le choix des logiciels libres et des standards ouverts car c’est le navigateur open source de référence. La gendarmerie nationale utilise déjà Firefox mais aussi OpenOffice (bureautique) et Thunderbird (messagerie) sur des PC équipés de Windows XP (elle a décidé en début d’année de basculer tous ces postes vers Ubuntu 8.04 LTS).
“ Nous avons adopté Firefox en 2003 afin de pouvoir mettre en place un intranet compatible avec les standards du W3C. Nous comptons tester la version finale de Firefox 3 à partir de mardi pendant environ un mois avant de l’installer sur nos 80 000 postes de travail. Pour la déployer, nous utiliserons les fonctions de télédéploiement de notre gestionnaire de parc open source OCS Inventory qui nous permet de mettre à jours nos logiciels quand nous le souhaitons ”, explique Luc Leroy, responsable des logiciels installés à la Gendarmerie au sein de la section veille-qualité-interopérabilité.
Firefox séduit également les développeurs et les intégrateurs de sites Web ainsi que les informaticiens des entreprises qui savent exploiter les extensions du navigateur. “ Nous l’utilisons en priorité par rapport à Internet Explorer, car il dispose d’extensions qui facilitent grandement le développement et le débogage de sites Web ”, explique Karen Chevallier, responsable de l’équipe intégration Web de SQLI. Selon elle, la principale motivation des entreprises qui commandent des intranets compatibles avec Firefox est précisément que leurs informaticiens puissent utiliser Firefox en interne.
Les professionnels déjà conquis par Firefox attendent Firefox 3 avec impatience car les versions quasi-définitives déjà diffusées sont très prometteuses. “ Firefox 3 est plus stable. Les alertes de sécurité sont plus explicites. Il a surtout de meilleures performances. Le moteur de rendu est sept fois plus rapide que celui d’Internet Explorer et quatre fois plus rapide que celui de Firefox 2 ”, s’enthousiasme Karen Chevallier.
Pour autant, ces qualités intrinsèques du navigateur ne devraient pas convaincre la majorité des entreprises d’abandonner Internet Explorer. “ Le respect des standards et les performances sont importants mais Internet Explorer 8 – actuellement en bêta et attendu pour la fin de l’année – devrait remédier à ces faiblesses et les entreprises ne changent pas de logiciels en si peu de temps ”, estime Jean-Marc Léglise.

















