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A l'occasion de la conférence Red Hat Summit à Boston, qui s'est tenue du 18 au 20 juin, Red Hat a lancé un pavé dans la mare de la virtualisation. En effet, le fournisseur a annoncé la sortie d'un hyperviseur autonome et d'une solution d'administration centralisée. Ces deux solutions sont disponibles et gérées par le biais du projet oVirt, lancé par Red Hat en novembre dernier.
L'hyperviseur d'oVirt combine une version allégée de Fedora 9 à la technologie de virtualisation KVM (la première à être intégrée dans le noyau Linux). Il permet d'accueillir des machines virtuelles Linux et Windows et de les faire migrer à chaud. Il ne pèse que 60 Mo. Il peut donc être démarré facilement à partir d'un simple support de stockage flash (carte SD, clé USB), par le biais d'un CD/DVD ou, à distance, par le réseau. Son faible volume permet aussi d'envisager son intégration directe dans les serveurs, à l'instar de l'hyperviseur allégé VMware 3i, qui est automatiquement disponible sur certains modèles de Dell, HP, IBM et Fujitsu-Siemens.
Mais la véritable avancée est le système d'administration d'oVirt. Fondé sur l'interface de programmation Libvirt, il permet de contrôler plusieurs types d'hyperviseurs dans un même parc de serveurs. A ce jour, il accepte évidemment KVM mais aussi Xen, Qemu, OpenVZ, Linux Containers et Solaris LDoms. La console d'administration d'oVirt est centralisée, graphique et accessible par le Web. Elle intègre par ailleurs un système d'authentification fondé sur LDAP et sur Kerberos pour gérer les droits d'accès des administrateurs. Pour ceux qui administrent encore leurs machines virtuelles en lignes de code, ce sera certainement un grand changement.
Chez les intégrateurs spécialisés dans l'open source, cette annonce de Red Hat provoque d'ailleurs l'enthousiasme. “ L'administration centralisée, c'est le chaînon manquant dans les solutions de virtualisation open source. Il existe déjà des solutions d'administration, mais elles sont généralement liées à un certain type d'hyperviseur. L'approche de Red Hat est très intéressante, car elle est indépendante de la technique de virtualisation ”, explique Benoît Donnette, expert en logiciels libres chez Linagora.
Même son de cloche chez l'intégrateur Smile. “ C'est vraiment une bonne nouvelle, car la virtualisation open source pèche au niveau des outils d'administration, un domaine où la plupart des solutions sont encore commerciales. L'administration, c'est par exemple LE point fort chez VMware ”, explique Maxime Besson, ingénieur système chez Smile.
On l'aura compris, avec oVirt, Red Hat rentre de plain-pied dans le marché de la virtualisation avec la volonté manifeste de concurrencer VMware, le leader du secteur. Mais pour voir si cette stratégie sera payante, il faudra encore attendre un peu. Pour l'instant, le projet oVirt n'est disponible qu'en version 0.91 bêta. Il ne s'agit donc pas d'une version prête à être installée sur des serveurs de production. Elle est plutôt destinée aux développeurs, qui pourront la tester et proposer des améliorations.
















