La montée en puissance du modèle Saas
Les offres de services applicatifs en ligne à la demande permettent d'adapter leur coût à leur usage réel, de réduire le temps de déploiement et de bénéficier de fréquentes mises à jour automatisées. GRC et ressources humaines sont les mieux couvertes. Les PGI hébergés commencent à émerger.
01 Informatique
le 25/06/2008 à 07h00
ASP, applications hébergées à la demande, Software as a Service (Saas)… Peu importe le nom retenu, ce type d'applications est aujourd'hui au centre de la réflexion stratégique pour une part croissante d'utilisateurs. D'après le cabinet IDC, plus de 10 % des entreprises françaises envisagent d'investir, d'ici à un an, dans des applications de type PGI ou GRC en mode Software as a Service. Cette proportion devrait atteindre 20 % dans moins de deux ans. Côté éditeurs et SSII intervenant sur le marché français, la moitié des responsables interrogés par Marketor estime que ce modèle de distribution supplantera, à terme, les applications traditionnelles. Toutefois, les spécialistes du marché ne s'accordent pas encore sur une même définition de l'offre naissante. Selon Henry-Michel Rozenblum, délégué général de l'ASP Forum, comme pour Markess International, applications en ligne à la demande, ASP et Saas ne se distinguent pas fondamentalement. Selon le cabinet d'études, il s'agit d'applications en ligne accessibles par un navigateur web, le plus souvent mutualisées, hébergées et maintenues hors de l'entreprise chez un prestataire et ses partenaires. La société loue un droit d'usage– pas d'acquisition de licences logicielles ni de redevance associée – et paie en fonction de l'utilisation des applications et des volumes consommés.
De l'architecture client-serveur au “ multitenant ”
De son côté, IDC France introduit une nuance entre deux types d'applications en mode Saas, la gestion d'applications hébergées et le Software on Demand. Les premières sont des applications dédiées distribuées sous forme de licences traditionnelles, tandis que le mode à la demande implique un abonnement à un service accessible sur le web reposant sur le concept de partage d'applications.
Forrester Research avance une définition stricte du Saas “ conçu “ multitenant ” (multilocataire – NDLR) à chaque couche de la solution : base de données, serveur, application ”. Chaque utilisateur partage le même code, les personnalisations étant réalisées à travers des outils de configuration sophistiqués puis stockées dans une couche de métadonnées. L'abonnement comprend de fréquentes mises à jour (deux à quatre majeures par an), un service de maintenance et un certain niveau de support. Toujours selon ce cabinet américain, l'ASP se réfère plus à des applications développées selon une architecture client-serveur et “ single tenant ” mais exploitées comme des services à la demande via un client web : des mises à jour sont disponibles tous les douze à dix-huit mois et s'appliquent quand le client le décide. Pour Gartner, le Software as a Service comprend l'Application Infrastructure as a Service, avec notamment l'Application Platform as a Service (Apaas) et l'Integration as a Service. Ces familles appartiennent au domaine du “ cloud computing ”, tout comme les plates-formes web ou les infrastructures à la demande… Bref, il est toujours important de bien comprendre la définition retenue par son interlocuteur avant de poursuivre la discussion !
Le Saas évite des investissements en infrastructures et en licences logicielles pour passer à un budget unique de fonctionnement avec une meilleure prévisibilité et variabilité des coûts. Il réduit aussi les besoins en infrastructures et en ressources humaines, tout en diminuant le temps de déploiement, y compris dans le contexte d'une entreprise étendue. L'adoption du Saas a toutefois décollé plus rapidement dans certains domaines d'applications tels que la gestion des ressources humaines et la gestion de la relation client (GRC), ou plus récemment, les PGI. En effet, pour chaque métier, les critères d'adoption sont différents ; et l'offre disponible en France, plus ou moins mature.
Un marché tiré par les applications métier
En 2008, le marché français des applications en ligne à la demande devrait progresser de 20 % et atteindre 1,48 milliard d'euros. Il est principalement tiré par les applications métier comme la GRC, les RH, les achats ou la finance-comptabilité.