L'industrie des télécoms fait entrer les lycéens des zones sensibles dans les grandes écoles
Grâce à un dispositif de tutorat, le Cercle Passeport Télécoms intervient dans les lycées situés en zones urbaines sensibles.
01net.
le 26/06/08 à 10h35
S'engager à embaucher des jeunes issus des ZUS (zones urbaines sensibles) ?" dans le cadre du plan
Espoir Banlieue, est une bonne chose. S'en préoccuper, bien en amont, dès l'école, c'est encore mieux. Certaines
entreprises l'ont compris. Dans le secteur des télécoms, huit d'entre elles (Alcatel Lucent, Ericsson, Motorola, Nokia, Nokia Siemens, Orange, Siemens et SFR) font partie du
Cercle Passeport Télécoms.
L'association ?" qui regroupe des professionnels mais aussi 40 lycées, 20 écoles d'ingénieurs, et 9 écoles de management, associés aux pouvoirs publics ?" aide les jeunes lycéens des quartiers
défavorisés, étudiants en classes préparatoires technologiques post-bac
(ATS,
ECT et
TSI), à accéder à des grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce.
Elle ?"uvre essentiellement à travers des actions de tutorat. ' Bon nombre de jeunes accompagnés par le Cercle Passeport Télécoms, généralement issus des quartiers sensibles, pensent que les grandes écoles
ne sont pas pour eux. Nos tuteurs les aident à surmonter ce réflexe d'autocensure ', explique Benjamin Blavier, délégué général du Cercle Passeport Télécoms.
Concrètement, un cadre ' référent ', issu d'une des huit entreprises des télécoms membres du Cercle, accompagne individuellement un élève tout au long de sa classe préparatoire. ' Il
l'ouvre au monde de l'entreprise, lui fait bénéficier de son réseau pour l'aider à trouver un stage. Il est là aussi pour lui donner confiance et l'aider à construire son projet professionnel ', précise Benjamin Blavier. Des
ateliers sont aussi destinés à aider ces jeunes à organiser le financement de leurs futures études (les différentes aides, les dépenses induites par les coûts d'inscription, etc.).
En fin d'année, pour les élèves de deuxième année de prépa ECT (filière économique et commerciale option technologique) et de STI (sciences et techniques industrielles), des responsables RH de ces entreprises se rendent dans les classes
pour aider les élèves à préparer leur examen oral.
87 % de réussite au concours des grandes écoles
Récemment,
l'Esigelec, école d'ingénieurs généralistes à Rouen, a rejoint le dispositif. Elle envisage de mener des actions dans le lycée Blaise Pascal de la ville, par
exemple. Outre des offres de stages et des présentations sur les métiers auxquels elle prépare, elle s'appuiera aussi sur du tutorat, en impliquant par exemple ses enseignants-chercheurs.
Pour Clément Prevost, directeur des relations écoles/entreprises dans l'établissement, ce type d'action s'inscrit dans la politique de l'école. ' Depuis plusieurs années, l'Esigelec s'attache à favoriser la mixité
sociale. Il y a dix ans, lorsque nous avons créé des formations en alternance qui rémunèrent les apprentis, le nombre de candidats provenant de milieux défavorisés a fortement évolué. Aujourd'hui, il s'élève à 30 % dans cette
filière ', explique l'intéressé.
Pour l'année scolaire 2006-2007, le Cercle a suivi, dans le cadre du tutorat, 273 jeunes qui ont présenté en juin 2007 les concours d'entrée dans une grande école d'ingénieurs ou de commerce. 237 d'entre
eux, soit 87 %, ont réussi le concours d'entrée en grande école, dont 70 dans l'une des 29 écoles partenaires du Cercle. Des résultats plus qu'honorables.