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Le secteur des télécoms reprend des couleurs

Traditionnellement ancré dans l'activité bancaire et les assurances, le Grand Ouest renoue avec son passé télécoms après une longue crise. Les petites structures ont cependant des difficultés à trouver les profils adéquats.

De Brest à Orléans, en passant par les incontournables Rennes et Nantes, le Grand Ouest demeure une terre largement irriguée par les technologies de l'information. Statistiques à l'appui, la région garde toute sa vivacité en matière de recrutement informatique, reflet de la dynamique régionale.
L'étude des offres d'emploi publiées par Regionsjob montre toujours une part importante des technologies de l'information dans l'ensemble de l'activité des régions Ouest et Centre. Au total, ce sont ainsi 22 % des offres qui concernent spécifiquement les fonctions informatiques. Avec une forte prédominance du développement, comme au plan national. Mais si la domination du Grand Ouest subsiste, elle se révèle, cette année, un peu moins nette que les années précédentes. Signe que le marché est globalement très actif partout en France.

Des SSII qui devraient doubler leurs effectifs

Certes, comme partout ailleurs, les plans massifs de recrutement concernent plutôt les grandes SSII qui annoncent leurs prévisions par centaines, voire par milliers de postes. Mais les petites structures, toutes proportions gardées, ne sont pas en reste. Ainsi, certaines comptent faire croître leurs effectifs de 50 %, comme Néosoft ou ACII. Avec, pour seule limite, la disponibilité de la ' ressource humaine '. La tendance, entamée depuis deux ans maintenant, ne fait que s'accentuer. ' En 2007, nous avons connu une croissance de 290 % ', s'enthousiasme Franck Gascard, créateur de la filiale nantaise de Néosoft. Témoin de cette activité qui touche toutes les entreprises technologiques, certains ' inconnus ' ont actuellement des démarches actives de recrutement, avec des volumes importants par rapport à leur taille actuelle. Pas de doute donc, le Grand Ouest confirme sa dynamique, et ce à tous les niveaux du secteur.
L'étude attentive des chiffres fournis par Régionsjob révèle cependant une inflexion majeure. Le secteur de la banque et de l'assurance, jusque-là fortement dominant, notamment en Bretagne, semble marquer le pas. Les télécoms, en revanche, confirment une belle reprise après de longues années de marasme. A Rennes, le marché orienté vers la R&D et les télécoms s'appuie sur des donneurs d'ordre comme France Télécom, Thomson ou Motorola. Des grands comptes dans lesquels l'entrée est complexe pour les petits prestataires en mal de référencement. ' Le marché des télécoms à Rennes reste fragile ', tempère Franck Gascard. Plus confiant dans l'avenir du secteur, Altitude Telecom, opérateur basé à Rouen est également en forte croissance.

La progression des petits prestataires

Pour autant, le secteur bancaire reste sans conteste, avec l'administration, un grand consommateur de projets informatiques. Il reste bien présent dans la région, en particulier à Nantes avec la présence de la Société Générale, la Banque Populaire ou le Crédit Mutuel. De plus, grâce à une meilleure diffusion de l'activité économique entre grandes entreprises et PME, les petits prestataires trouvent eux aussi à Nantes un marché plus accessible et plus solide car implanté depuis de nombreuses années. Autre domaine en croissance, celui de l'informatique industrielle, qui reste une tendance forte de la région, en particulier dans le domaine de l'industrie automobile.
Si les secteurs porteurs évoluent, le dynamisme des acteurs de moindre taille témoigne d'une activité globale très porteuse. En revanche, ces derniers souffrent particulièrement de l'engouement des candidats à l'embauche pour les grands prestataires, gages d'une meilleure sécurité de l'emploi et d'avantages sociaux plus importants. Un raisonnement qui ne correspond pas forcément à la réalité. Ainsi, la SSII NéoSoft attire ses nouvelles recrues en supprimant des contrats de travail la fameuse clause de mobilité, une démarche extrêmement rare dans le métier.
Comme partout ailleurs, l'ingénieur de développement doté de deux ou trois ans d'expérience dans les nouvelles technologies reste le numéro un toutes catégories des profils recherchés. A un détail près : il est désormais introuvable, tant pour les grands que les petits prestataires. Pour les seconds, cette pénurie s'avérant encore plus cruelle que pour les premiers. Former des débutants requiert en effet de disposer d'effectifs et de budgets conséquents. Malgré ces difficultés, les SSII de petite taille n'ont pas d'autre choix. Elles ouvrent donc leurs portes à des profils plus diversifiés, en tout cas pour ce qui concerne les compétences en développement : des universitaires au premier rang mais aussi des diplômés de cursus scientifiques à qui l'on propose une reconversion aux métiers de l'informatique.

L'embarqué et le temps réel, des compétences recherchées

Autre point qui rassemble grandes et petites structures : tous déplorent le manque d'information des étudiants en université, qui ne connaissent pas l'environnement et les métiers du service informatique. Certains petits prestataires investissent donc leurs énergies en ateliers et conférences d'information dans les établissements d'Angers ou de Nantes, par exemple. Un bon moyen pour ces acteurs de se faire connaître et donc de recueillir des candidatures de qualité. ' Nous avons environ une trentaine de partenariats avec les écoles et les universités, raconte Aurélia Kipfer, responsable RH d'Altitude Telecom. Dans ces dernières, nous réalisons surtout une présentation de l'entreprise auprès des étudiants. '
Heureusement, le développement ne fait pas tout. Ingénieurs télécoms, ingénieurs qualité, chefs de projet... les profils les plus variés sont également recherchés en région dans les petites structures. Plus souples, ces dernières n'hésitent pas non plus à recruter des diplômés de niveau bac +2, à condition toutefois qu'ils justifient d'une expérience. Autres types de profils recherchés dans le Grand Ouest : les spécialistes temps réel et systèmes embarqués.
Reste le point délicat des rémunérations. Les structures régionales de petite taille sont-elles capables de suivre les évolutions d'un marché à la hausse ? ' La hausse des salaires est bien réelle, constate Franck Gascard. Mais je ne parlerais pas pour autant de guerre des rémunérations. Nous évitons d'ailleurs la surenchère. Heureusement, le salaire n'est pas le seul critère. Les candidats recherchent avant tout des projets professionnels intéressants et un bon cadre de vie. ' C'est aussi l'un des atouts du Grand Ouest.

2 questions à... : Aurélia Kipfer, responsable ressources humaines d'Altitude Telecom

Cet opérateur global de télécommunications (xDSL, fibre optique, BLR-Wimax, Edge-GPRS...) propose également une activité de services.

Votre spécialité dans les télécoms vous permet-elle de recruter plus facilement ?

' En tant qu'opérateur de télécommunications pour les entreprises, nous ciblons en effet certains types de profils. Mais la filière télécoms dans son ensemble se porte très bien. Cette année, nous recherchons 80 personnes, qui seront essentiellement basées à Rouen. Du coup, ils ne sont pas faciles à trouver. La concurrence reste rude. '

Quelles sont vos ' recettes ' pour dénicher les profils qu'il vous faut ?

' Nous cherchons des ingénieurs généralistes ou spécialisés, des techniciens télécoms et informatique, mais aussi des autodidactes. Depuis fin 2007, nous nous tournons aussi vers des personnes qui n'ont pas un profil purement informatique. Lorsque ces diplômés d'écoles ou duniversité, évoluant dans des domaines scientifiques, nous rejoignent, nous les formons. '

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