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Si vous avez cliqué sur le bouton “ Traduire ” sur Yahoo!, Free, Altavista ou, jusqu’à l’année dernière, Google, vous avez utilisé sans le savoir la technologie de traduction automatique de Systran, un éditeur qui a fait ses premiers pas en pleine guerre froide pour aider la CIA et le FBI à traduire des documents russes. Et qui s'apprête à modifier radicalement ses technologies pour ses clients professionnels.
Aujourd’hui, la société travaille surtout avec les grands acteurs d’Internet et avec des sociétés multinationales. S’il s’agit dans les deux cas de traduction, les objectifs et les attentes sont bien différents.
“ Environ 60 millions de pages Internet sont traduites tous les jours. Le but est de comprendre une page en temps réel et à coût zéro ”, explique Dimitris Sabatakakis, le PDG de Systran. La fiabilité parfaite de la traduction est impossible à atteindre, car le texte manque de contexte. L'objectif est d'abord ici de proposer des outils simples et gratuits. Une traduction grosso modo fait l’affaire.
“ Pour les grands comptes, les traductions doivent être publiées. Les attentes en termes de qualité sont tout à fait différentes, car c’est un outil de productivité ”, poursuit Dimitris Sabatakakis.
Ainsi Cisco a-t-il utilisé les outils de Systran pour traduire ses bases de connaissances en japonais, en chinois et en coréen. “ La traduction a permis aux utilisateurs asiatiques de moins appeler le support technique ”, rapporte le dirigeant de Systran.
Parmi ses clients, l'Union européenne, EDF, PSA Peugeot Citroën ou encore EADS. Ces utilisateurs doivent “ entraîner ” le logiciel à traduire dans leur domaine très précis en se fondant sur des textes existants. Pour les utilisateurs individuels et les PME, Systran dispose aussi de plusieurs produits, dont Business Translator ou Premium Translator.
Jusqu’à maintenant, Systran utilisait uniquement une méthode connue sous le nom de traduction par règles. Cette approche consiste à analyser chaque phrase en fonction des règles de la langue. Malheureusement, les nombreuses ambiguïtés et les exceptions rendent le résultat imparfait.
A l'opposé, Google a récemment lancé son propre outil de traduction, qui s’appuie uniquement sur la méthode statistique. Il s’agit de collecter des textes traduits sur Internet. Grâce à des calculs complexes, le logiciel de Google propose la traduction qui lui semble la plus probable.
Dans la version 7 des produits de Systran, dont la sortie est prévue pour 2009, les deux approches seront combinées. “ En ajoutant la couche statistique, on est plus sûr d’avoir une traduction correcte et fluide, assure Jean Senellart, directeur recherche et développement chez Systran. Il y aura un saut qualitatif pour nos clients corporate. Mais il n’y aura pas de révolution sur le Web. ”
Sauf si l'on prend en compte l'avis des internautes, par exemple grâce à des fenêtres pop-up leur demandant de choisir entre plusieurs traductions possibles pour améliorer l’outil. Systran s’intéresse aussi à cette traduction collaborative, version Web 2.0.
















