Les événements complexes au cœur du SOA

Au BAM et au BPM, IBM ajoute la corrélation d'événements complexes (CEP). Tous les trois s'appuient sur l'ESB de Big Blue et forment le triptyque des architectures orientées services.
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Les faits

Big Blue a repeint en bleu la plate-forme de gestion d'événements complexes d'Aptsoft, racheté en janvier. Disponible en juin, Websphere Business Events fonctionnera sur la dernière version de Websphere, v.6.1.

L'analyse

Tibco, BEA, Oracle, Software AG – Webmethods… Tous ces géants du middleware et des SOA couvrent déjà la gestion d'événements complexes. Depuis quatre ans pour les plus anciens ; neuf mois pour les plus récents. Seul IBM manquait à l'appel. En ancrant un moteur de CEP (Complex Event Processing) au sein de son middleware, il s'ouvre au pilotage des SOA par les événements. Car il s'agit bien de cela : les processus et les services d'une architecture SOA gagnent à être déclenchés automatiquement dans certains contextes. Or seule l'analyse d'évènements et leur corrélation – le CEP donc – sont en mesure de déceler ces contextes.

Ces moteurs digèrent une série d'événements sous forme de messages JMS (Java Messaging Service) ou Rendez-vous en provenance d'applications ou de processus. Après analyse, ils retournent sous le même format, un autre événement qui sollicite à son tour des applications ou des processus. “ Idéalement, ces moteurs s'ouvrent au plus grand nombre de protocoles tels que Soap, JDBC, HTTP, SMTP, détaille Hubert Lalanne, architecte SOA et Distinguished Engineer chez IBM. Mieux, lorsqu'ils s'intègrent à l'ESB, ils récupèrent tous les événements transitant sur le bus. ” Cette interaction avec le bus se fait généralement par le biais de flux JMS ou Soap.

Mais si la connectivité entre ESB et CEP est de facto assurée par des standards, la convergence de leur console d'administration n'est pas encore d'actualité chez IBM et BEA. Tibco fait figure d'exception : “ Depuis l'environnement de design de l'ESB, nous pouvons invoquer le CEP en publiant des événements à n'importe quel stade des flux. ”, rapporte Philippe Amiel, consultant solutions chez Tibco.

Une notion du temps réel toute relative

A plus long terme, le CEP soulève d'autres questions. Comme celle du temps réel. En théorie, la corrélation d'événements se fait au fil de l'eau temps réel. “ En pratique, les calculs du moteur prennent plusieurs secondes ”, relativise Hubert Lalanne, qui précise par ailleurs que le véritable temps réel reste conditionné par la pose de bus spécialisés dialoguant avec les bus classiques. Autre piste explorée par IBM pour gagner en performance : associer un JVM spécifique à son moteur, taillé pour le temps réel. Comme BEA l'a fait en juin dernier avec Weblogic Realtime (passé depuis en 2.0).

Enfin, les fournisseurs de middlewares devront, à terme, clarifier la relation entre CEP et BAM (Business Activity Monitoring). Sur le papier, les frontières sont pourtant bien délimitées : le premier digère des événements qui ne sont pas (nécessairement) liés à un processus ou à un dialogue interapplicatif. Le second, en revanche, pose ses sondes tout au long des processus. Reste que tous les deux assurent des corrélations et génèrent des alertes d'ordre métier. Vers la fusion du BAM et du CEP ? C'est une évidence pour Microsoft. IBM, lui, ne l'exclut pas, mais à plus long terme.

Les autres acteurs du CEP

Oracle, avec EDA Suite. Lancé en juin dernier. Repose sur la combinaison d'un ESB, d'un courtier de messages (JMS) et d'un moteur de règles.

BEA, avec Weblogic Event Server. Lancé il y a un an. Son JVM temps réel est désormais en version 2.0 et son modeleur sous Eclipse.

Tibco, avec Business Events. Lancé en 2004. Développé en Java. Censé fonctionner avec un ESB autre que Rendez-vous. Devrait bientôt être enrichi par de la BI et du BAM.

Microsoft, avec BAM Biztalk 2006 R2. L'éditeur s'appuie sur le moteur de corrélation de BAM pour faire du CEP.

Division Apama de Progress, avec Event Processing Platform. Ce CEP a été élaboré au cours des années 90 par l'université de Cambridge. Repose sur .Net.

L'ergonomie avant tout

IBM a racheté Aptsoft pour la grande autonomie conférée aux utilisateurs lors du design de leurs règles de corrélation. Ces règles et ces filtres sont saisis soit en langage naturel, soit par le biais d'un modeleur graphique.

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